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Sommet États-Unis-Chine : La paix avec l’Iran peut-elle venir de Pékin ?

Publié le mercredi 13 mai 2026 à 23h19min

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Sommet États-Unis-Chine : La paix avec l’Iran peut-elle venir de Pékin ?

Donald Trump est arrivé à Pékin mercredi 13 mai, pour un sommet avec Xi Jinping. (Photo Evan Vucci/Reuters)

Donald Trump, le président américain, est arrivé en Chine pour une visite d’État du 14 au 15 mai 2026. Ce voyage était initialement prévu pour fin mars, mais pour cause de guerre avec l’Iran, le président américain l’avait repoussé de six semaines. La guerre avec l’Iran n’est pas terminée, il y a un cessez-le-feu qui n’a pas encore permis d’avoir des négociations pour la paix. De quoi les deux superpuissances mondiales – États-Unis et Chine – vont-elles discuter ? Quel est le rapport de force entre ces deux pays dans la compétition qu’ils se livrent ?

La Chine, qui est affectée par le blocus iranien du détroit d’Ormuz et celui américain des ports iraniens, aidera-t-elle pour autant les États-Unis à se tirer du guêpier dans lequel ils se sont foutus avec cette guerre contre l’Iran qui les a discrédités aux yeux du monde entier ? La Chine fera-t-elle ce cadeau alors que c’est elle qui récolte les fruits diplomatiques de cette furie épique qui fait des États-Unis un agent principal du chaos mondial, en détruisant le multilatéralisme, l’économie mondiale, le droit international et l’Organisation des Nations unies ?

Même si c’est pour répondre à l’invitation de la Chine, lors du voyage de Xi Jin Ping à Mar-a-Lago, ce voyage n’est pas seulement une réponse courtoise et diplomatique des États-Unis. Donald Trump est arrivé en courtisan et a vanté son hôte devant la presse américaine avant de prendre son avion. Il a appelé le président chinois « son ami », quelqu’un avec qui il s’entend bien et avec qui son pays se fait beaucoup d’argent. Ce qui est vrai pour la dernière partie. La Chine détient en effet pour plus de 800 milliards de bons du Trésor américain en dollars, même après en avoir vendu beaucoup et entamé une politique pour favoriser l’utilisation du yuan dans les relations commerciales internationales. Ce voyage intervient après la guerre des tarifs douaniers que Donald Trump a engagée avec tous ses partenaires et particulièrement avec la Chine qui devrait payer des droits de douane de 140 %.

Mais cette guerre-là aussi, les États-Unis l’ont perdue en ramenant les tarifs douaniers à 30 % car la Chine a déployé l’arme des terres rares dont elle a réduit drastiquement l’exportation, répondant à un refus des Américains d’exporter les puces de dernière génération pour freiner le développement de l’intelligence artificielle en Chine. La Chine, toujours dans le cadre de cette guerre, a commencé à acheter le soja brésilien alors que les États-Unis en sont le premier producteur. Ce voyage vise à obtenir des Chinois qu’ils rachètent le soja américain, entre autres sujets de discussion, comme l’augmentation de la quantité de terres rares que le pays de l’Oncle Sam peut acheter.

Les États-Unis de Trump sont comme le coureur qui mène la course en tête et se retourne pour voir les poursuivants et constate avec amertume qu’un des concurrents a une allure folle et qu’il va le dépasser et gagner la course. Pour les États-Unis, la Chine est le deuxième qui va passer en tête et tout ce qu’ils font, c’est pour retarder l’échéance. C’est pourquoi Trump se déplace avec des entrepreneurs et des magnats de la technologie tels qu’Elon Musk et Tim Cook, le patron de NVidia, et des hommes de la finance pour essayer de convaincre les Chinois de venir investir aux États-Unis. Les discussions porteront sur les grands enjeux de la technologie comme l’intelligence artificielle, les puces de dernière génération, les semi-conducteurs.

La Chine, de son côté, va ramener le sujet de la vente d’armes à Taïwan et de son statut en tant que province chinoise. Le monde entier espère que ce voyage permettra que la Chine pèse de tout son poids pour au moins rétablir la situation avant le conflit de circulation navale dans le détroit d’Ormuz. C’est ce que Trump est allé chercher à Pékin. Les États-Unis obtiendront ainsi un moyen d’arrêter le conflit en n’ayant pas la responsabilité historique d’avoir déclenché la perte de la liberté de circulation navale. Les experts estiment que l’Iran a entre ses mains une bombe atomique en ayant le contrôle du détroit d’Ormuz. La Chine a intérêt que les choses reviennent à la normale mais elle ne va pas s’engager pour les États-Unis. Puisqu’elle a soutenu l’Iran en lui livrant les informations sur les bases américaines dans les pays du Golfe, ce qui lui a permis de bombarder celles-ci.

L’Iran n’acceptera à aucune condition de laisser tomber le contrôle du détroit d’Ormuz qui a mis fin aux bombardements qu’il subissait, c’est son arme de dissuasion. Ce voyage de Trump sera une diversion pour ses partisans, il est peu probable qu’il puisse ramener la paix. Il pourra vendre des Boeing peut-être et du soja, mais rien qui puisse combler le déficit de la balance commerciale entre son pays et la Chine. Dans deux jours, il faudra revenir à l’évidence que la paix s’obtient difficilement par la guerre, et que se passer du droit international conduit à plus de désordre mondial.

Sana Guy
Lefaso.net

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