Analyse sociolinguistique du lexique particulier en français des internautes sur le réseau social facebook
Résumé :
Ce document de vulgarisation est tiré d’un article scientifique publié en avril 2025 dans la revue RE-LECTURE D’AFRIQUE, Vol 1 n° 3 Avril 2025, pp. 155-173 par Sayouba OUEDRAOGO, Zomenassir Armand BATIONO, Saïdou LENGLENGUE dont le titre est : « Analyse des procédés de création lexicale du discours des internautes sur le réseau social facebook »
Sur le réseau social Facebook, certains internautes ont souvent recours à un vocabulaire particulier. Pour mieux analyser ce lexique et comprendre les caractéristiques linguistiques de ce type de discours, la présente recherche vise à en faire une analyse du lexique. C’est une étude qui s’inscrit dans le cadre global de la sociolinguistique. Plus précisément de la sociolinguistique de l’appropriation et s’inspire de l’analyse du contenu. Pour mieux cerner la question, une enquête de terrain auprès de vingt (20) internautes à travers un questionnaire a été réalisée.
Les résultats de l’étude ont montré que les acteurs ont recours à divers procédés de création lexicale tels que la troncation, le logogramme, la siglaison et la verlanisation dans leur communication virtuelle. L’analyse a également mis en exergue des facteurs d’ordre cryptique, identitaire et de connivence, d’économie qui justifieraient l’usage de cette forme de langage sur le réseau social facebook.
Mots-clés : création lexicale, internautes, discours, argot, réseau social.
Introduction
Sur le réseau social Facebook, les internautes font usage d’un lexique argotique qui s’écarte le plus souvent des normes de l’orthographe française. L’on note un recours systématique de plusieurs procédés de création lexicale dans les échanges virtuels. Ce qui suscite des interrogations au sein des spécialistes en science du langage. Quels sont les procédés de création lexicale utilisés par les internautes dans leur communication sur le réseau social Facebook ? Quelles peuvent être les motivations sociolinguistiques liées à ces pratiques de langue ? La réponse à ces interrogations appelle les hypothèses suivantes :
– le langage utilisé sur le réseau social Facebook, de nature argotique utilise divers procédés de création lexicale ;
– sur le plan sociolinguistique, des motivations d’ordre communicationnel, cryptique, identitaire, de connivence et de simplification justifient le recours à l’argot.
L’objectif de la présente étude est d’une part de réinterroger ce type de langage jugé non-standard afin de décrire les caractéristiques et les procédés de création lexicale en s’appuyant sur un corpus de termes abrégés et d’autre part d’analyser les motivations sociolinguistiques liées à l’usage de l’argot par les auteurs de ce langage sur le réseau social Facebook.
02. Approches théoriques et méthodologiques
Pour la présente recherche axée sur la sociolinguistique, nous nous sommes inspirés spécifiquement de la sociolinguistique de l’appropriation. Au sens général, la sociolinguistique porte sur les rapports entre la langue et la société. Elle a des liens avec d’autres sciences sociales. De l’avis (A. Napon, 1999 : 96), l’approche sur l’appropriation prend en considération (02) éléments fondamentaux : l’identification du procédé et la connaissance du sens de la forme créée à partir du procédé.
Pour mesurer le degré d’appropriation du procédé, l’auteur prend en compte les critères suivants : la capacité de l’enquêté à identifier ledit procédé et à donner le sens exact du mot dans lequel le procédé est utilisé. Chaque lexie est testée par chaque élève. Avant de conclure qu’un procédé fait l’objet d’une certaine appropriation, il faut qu’il soit identifié et connu par au moins la moitié des participants à l’enquête. A travers donc cette approche, nous cherchons à comprendre et à analyser la manière dont se fait l’appropriation de la langue française sur les plans linguistique et métalinguistique.
Cette approche est complétée par l’analyse du discours, et plus particulièrement l’analyse du contenu en ce sens que la sociolinguistique traite des discours. L’analyse de contenu tente de définir les règles qui commandent la succession des signifiés d’un texte. Elle peut être décrite en termes qualitatifs ou en termes statistiques. La théorie ‘’analyse du discours’’ a été définie selon les écoles. En linguistique, ‘’l’analyse du discours’’ se fonde sur des opérations de réduction de phrases et sur certains concepts de la grammaire transformationnelle.
Du point de vue de (D. Maingueneau, 2005), « il s’agit de l’analyse de l’articulation du texte et du lieu social dans lequel il est produit ». Malgré la diversité d’approches de l’analyse du discours, nous retenons celle qui intègre le contexte et l’activité du locuteur. Pour certains auteurs, l’analyse du discours insiste sur la présence implicite ou polémique d’une autre voix dans le discours. D’autres en revanche la situe dans un domaine très vaste comme la lexicologie, la sémantique, la syntaxe et la pragmatique.
Nous avons choisi l’analyse du contenu du discours en vue de saisir la quintessence de l’information véhiculée par le discours numérique à travers le contenu latent et le contenu manifeste. De ce fait, à travers cette approche nous cherchons à décrypter les caractéristiques linguistiques et métalinguistiques de ce type de discours.
Quant à la méthodologie de collecte et de traitement des données, nous avons exploité un corpus de quatre-vingt (80) lexies recueillis lors des foras dans les discussions de groupes sur le réseau social Facebook et avons procédé à une analyse qualitative des données à partir de vingt (20) questionnaires soumis à des participants afin de recueillir leurs avis sur les motivations liées au recours à ce lexique dans les échanges virtuels. Nous avons employé le code ‘’Part’’ pour désigner les enquêtés. Nous les avons numérotés de 1 à 20.
1. Présentation du corpus et caractéristiques du langage des internautes
1.1. Présentation du corpus
Un corpus de quatre-vingt (80) termes est recueilli et présenté comme suit :
01. Bonhomme : jeune garçon
02. Sous : argent
03. Gosse : un enfant
04. RAS : Rien à signaler
05. wanda, kif : aimer
06. tiss : sortir
07. Herbe, la beu, pao : la drogue
08. Flingue : un pistolet
09. Medoc un médicament
10. Z : une maison
11. ie. : c’est-à-dire
12. Bro, de brother : frère
13. Bae (bb) : mon amour
14. Filer : donner
15. Sciencer : voir, réfléchir
16. Goumin : déception amoureuse
17. Lire l’heure : regretter
18. Meuf : copine
19. Fuck les problèmes : oublier les problèmes
20. Un bar : 1000f
21. Une brique : 1 million
22. Un pain : un copain
23. Un togo : 100F
24. Crika : 10 000f
25. Quante : 50f)
26. Kaipo : garçon
27. Feuille, gombo : argent
28. 7-1-6-61 : c’est un citoyen
29. 7x6 : cette fois-ci
30. 06 ! aussi
31. P8100 : puissant
32. B1 : bien
33. R1 : rien
34. 100té : santé
35. QW29 : quoi de neuf
36. 1274 : un de ces quatres
37. 22an : dedans
38. 2p8 : dépuis
39. Mr6 : merci
40. C7CMTIS6 ? : c’est comment ici ?
41. Wp : oui
42. Je m 100 : je me sens
43. Pcq : parce que
44. Prkw : pourquoi ?
45. 1020 : divin
46. 30 KIL : tranquille
47. 6tm : système
48. Svt : souvent
49. 2-6-0 : des ciseaux
50. Exer6 : exercice
51. Klm : calme
52. +sieurs : plusieurs
53. I6=lma : ici également
54. Xlt : salut
55. LMQPOZ : Elle aime qui peut oser
56. Bcp : beaucoup
57. Kw29 ? : quoi de neuf
58. MDR : mort de rire
59. 06to : aussitôt
60. 10DT : discute
61. JTD : je te dis
62. 12Z1NE : douzaine
63. 262 : décider
64. Le 20 du 1000 : le vin du mil
65. 100T : santé
66. 10mw : dis-moi
67. OKLM : au calme
68. 103 : sans toi
69. Kdo : cadeau
70. Jyp : je t’en prie
71. Ktre : connaître
72. Qlq1 : quelqu’un
73. KO : chaos
74. 200 : descend
75. MVT : mouvement
76. Famille : mifa
77. 6psbl : si possible
78. Bn8t : bonne nuit
79. LOL « Laughing Out Loud ».
80. Zarbi pour dire ‘’bizarre’’
1.2. Caractéristiques du langage des internautes
Le langage des internautes relève du registre familier. Son principe de base est la simplicité, voire la simplification. Le familier, par ignorance ou de façon consciente, ne s’embrasse guère de soin et de courtoisie dans le langage. C’est pourquoi, (I. Nacro, 1984 : 12) parle de basilecte en ces termes :
« une variété qui est généralement apprise sur le tas c’est-à-dire de façon informelle. Il représente la variété basse appliquée au français d’Afrique. Le basilecte est parfois appelé ‘’petit français’’ ou ‘’petit nègre ‘’ ou ‘’encore faux français’’. Ce type de français est l’apanage des personnes qui ne sont pas inscrites à l’école ou qui ont subi une déscolarisation précoce.
Toutefois, le discours recueilli n’est pas forcément l’apanage de personnes d’un faible niveau en français. L’on note également des personnes ayant un niveau universitaire. Ainsi, le corpus présente les caractéristiques qui constituent en fait des fautes, en tout selon les puristes.
En effet, l’on note l’usage massif d’un vocabulaire particulier, de nature plaisante, cocasse, voire grivoise ou argotique. En plus, soulignons la présence de mots vagues ou passe-partout tels que on, truc, chose, machin, l’usage des abréviations par troncation ou contraction formant le langage argotique. Pour (J. Dubois et al., 2001 : 48-49) écrit :
« L’argot est un dialecte social réduit au lexique, de caractère parasite (dans la mesure où il ne fait que doubler, avec des valeurs affectives différentes, un vocabulaire existant), employé dans une couche déterminée de la société qui se veut en opposition avec les autres ; il a pour but de n’être compris que des initiés ou de marquer l’appartenance à un certain groupe. »
Après examen des discours du corpus, nous avons opté pour le terme ‘’argot’’ pour désigner la variété de langage utilisée sur Facebook ce français est non conforme au français standard. La conséquence, selon (O. Soré, 2015) est que le langage argotique « comme un obstacle à la performance linguistique des élèves en français oral » à travers une étude menée dans la ville de Ouagadougou. Notons toutefois que le langage argotique n’est pas statique. C’est donc un phénomène dynamique.
Exemples :
wanda, kif : aimer
tiss : sortir
Herbe, la beu, pao : la drogue
Flingue : un pistolet
Medoc un médicament
Z : une maison
Meet : rencontrer
Bro, de brother : frère
Bae (bb) : mon amour
Filer : donner
Sciencer : voir, réfléchir
Goumin : déception amoureuse
Lire l’heure : regretter
Meuf : copine
Fuck les problèmes : oublier les problèmes
Un bar : 1000f
Une brique : 1 million
Un pain : un copain
Un togo : 100F
Crika : 10 000f
Quante : 50f)
Kaipo : garçon
Feuille, gombo : argent
De plus, l’on note une utilisation du verlan parmi les termes argotiques. C’est pourquoi (G. Manessy, 1994) évoque des phénomènes de calques et d’emprunts à la langue locale. Cette situation amène l’auteur à relever le phénomène de normes endogènes par rapport au français de référence.
2. Discours et procédés de création lexicale
Nous avons relevé quelques procédés de création lexicale qui sont : la troncation, le logogramme, la siglaison et la verlanisation.
2.1. Usage de la troncation
La troncation est un procédé qui consiste à réduire les éléments d’un mot ou d’une expression. À ce propos, (A. Keita, 1998 : 156) précise :
« Qu’elle peut se faire en début de mot tout comme à l’intérieur et à la fin du mot. Lorsqu’elle se passe en début de mot, elle est appelée troncature gauche ou troncature antérieure ou encore aphérèse. Lorsqu’elle a lieu à l’intérieur du mot c’est-à-dire ni en final ni à l’initial, elle porte le nom de troncation médiane ou syncope. La disparition d’un élément étymologique en fin de mot est appelée troncature droite ou troncature postérieure ou apocope ».
Ainsi, nous présentons à titre illustratif un échantillon de quelques mots abrégés par troncation : il s’agit notamment de la syncope et de l’analogie sonore.
La syncope
Selon (J. Dubois et al., 2001 : 464), le terme syncope désigne « un phénomène très fréquent de disparition d’un ou plusieurs phonèmes à l’intérieur d’un mot. ». Nous allons éclairer davantage ce propos par quelques formes créées par ce procédé :
Bcp : beaucoup
MVT : mouvement
Pcq : parce que
Prkw : pourquoi ?
Analogie sonore
Elle vise à créer de nouveaux mots par imitation aux sons des mots qui existent déjà dans la langue. L’analogie sonore se réalise le plus souvent avec des consonnes ou des voyelles et s’appuie sur la phonétique de la langue. Exemples :
Resto (Restaurant) : “O” pour ‘’au’’.
Kikonk (Quiconque) ‘’c’’ pour ‘’q’’ ou ‘’k’’ ;
KWk (quoique) : ‘’k’’ pour ‘’qu’’ ;
2.2. Utilisation massive de logogrammes
Le logogramme est un procédé de création lexicale qui consiste à substituer une ou plusieurs syllabes par un signe différent ou symbole d’une voyelle ou d’une consonne ayant une prononciation similaire au mot initial. Les symboles sont définis comme « Tous les éléments de l’alphabet nécessaires à la notation des abstractions (…) ou encore tout signe figuratif représentant un concept. ». (J. Dubois et al., 2001 : 460). Nous avons recueilli un nombre important de logogramme qui sont :
7-1-6-61 : c’est un citoyen
7x6 : cette fois-ci
06 ! aussi
P8100 : puissant
B1 : bien
R1 : rien
100té : santé
QW29 : quoi de neuf
1274 : un de ces quatres
22an : dedans
2p8 : dépuis
Mr6 : merci
C7CMTIS6 ? : c’est comment ici ?
Je m 100 : je me sens
1020 : divin
30 KIL : tranquille
6tm : système
2-6-0 : des ciseaux
Exer6 : exercice
+sieurs : plusieurs
I6=lma : ici également
Xlt : salut
LMQPOZ : Elle aime qui peut oser
Kw29 ? : quoi de neuf
06to : aussitôt
10DT : discute
12Z1NE : douzaine
262 : décider
Le 20 du 1000 : le vin du mil
100T : santé
10mw : dis-moi
103 : sans toi
Qlq1 : quelqu’un
200 : descend
2.3. Recours à la siglaison
De l’avis de (M. Pires, 2007 : 294), le jeu des sigles consiste en « un remplacement partiel ou total de la forme pleine consacrée par une forme altérée, souvent burlesque, partageant les mêmes initiales ». Quelques exemples sont retenus dans ce sens :
LOL « Laughing Out Loud ».
RAS : Rien à signaler
ie. : c’est-à-dire
2.4. Quelques usages de la verlanisation
La vernalisation est un procédé qui consiste à inverser l’ordre des syllabes. La notion ‘’verlan’’ provient même de cette formation des mots appelés verlans et consiste à l’inversion c’est-à- dire mettre ‘’à l’envers’’. Les mots retenus par vernalisation sont :
Love pour dire ‘’vélo’’
Zarbi pour dire ‘’bizarre’’
‘’mifa’’ pour dire ‘’famille’’
3. Regard sociolinguistique
De l’analyse du contenu et des résultats du questionnaire, trois (03) facteurs expliquent l’usage de l’argot par les utilisateurs du réseau social facebook. Ce sont : les facteur cryptique, identitaire et de connivence ainsi que d’économie.
3.1. Facteur cryptique
Le facteur cryptique considère ce lexique comme un code propre à un groupe social donné, surtout la frange jeune de la population. Ce langage codé permet le rapprochement entre membres d’un groupe social donné. Ainsi, cette fonction crée un rapprochement et une solidarité entre les membres du groupe. C’est donc une sorte de langue refuge qui n’est pas à la portée de tous les lecteurs. Le facteur cryptique sous-entend que la langue ne peut être décodée que par les initiés. Il se réfère donc à la notion de ‘’code’’ qui se dit ce qui est caché. En témoigne l’usage massif de logogramme dont le déchiffrement n’est pas toujours aisé pour les profanes. Exemples : QW29 : quoi de neuf : 1274 : un de ces quatres ; 22an : dedans.
Pour illustrer, nous avons obtenu les propos ci-après :
Verbatim :
Part (3) : Nous échangeons entre nous par le biais de ce langage. C’est pour que les autres personnes non initiées ne puissent pas le décoder.
Part (1) : Ce lexique relève du milieu jeune. Il faut être branché pour comprendre.
Part (15) : L’objectif, c’est faciliter la communication entre membres du groupe.
3.2. Facteur identitaire et de connivence
A travers le facteur identitaire, les membres du même groupe social ou du clan arrive à s’identifier. On note donc une certaine appartenance sociale par le biais du langage commun utilisé. Les foras de discussions sont généralement animés par des locuteurs d’une variété de langue propre au groupe social. L’utilisation des termes argotiques répond donc à un souci de modifier la norme de l’orthographe française et de l’adapter au contexte socioculturel des locuteurs. Ces formes non-standard sont donc des marquages identitaires d’une frange de la population notamment.
Les propos suivants confirment cette fonction :
Verbatim :
Part (10) : A travers ce langage, je me sens en famille.
Part (20) : Le soucis n’est pas la bonne maîtrise du français soutenu.
Part (17) : Ce langage révèle notre identité.
3.3. Facteur d’économie
Le facteur d’économie suppose la simplification de la langue française par la suppression d’éléments dans le mot ou par la création des mots abrégés. Ces procédés de création lexicale visent donc à faciliter la communication tout en contournant le français académique considéré comme difficile par les locuteurs. L’on note donc une certaine liberté dans l’usage du français. Toutefois, le recours à ce type de langage peut d’une part, cacher une incompétence linguistique de la part des locuteurs qui préfèrent ces codes comme langue refuge et d’autre part, conduire à une absence de maîtrise du vocabulaire usuel de la langue française. A ce sujet, voici les opinions de quelques participants :
Verbatim :
Part (4) : Ces lexiques nous permettent de gagner en temps
Part (17) : On économise en utilisant les abréviations. La communication devient fluide.
Part (8) : Grâce à la simplification, nous parlons peu pour faire passer les messages
Conclusion
Au terme de l’analyse du contenu du discours des internautes, nous pouvons dire que les acteurs ont recours à divers procédés de création lexicale tels que la troncation, le logogramme, la siglaison et la verlanisation dans leur communication virtuelle. Ce lexique, riche et varié nous a permis de nous rendre compte de la création d’une nouvelle norme. Ce langage intègre toutes formes lexicales inspirées de leur univers socioculturel et sociolinguistique à travers des procédés de création lexicale. En outre, les résultats des enquêtes font ressortir l’émergence de ce lexique et une dynamique de la langue française. De même, l’analyse a montré que des facteurs d’ordre cryptique, identitaire et de connivence, d’économie justifieraient l’usage de cette forme de langage sur le réseau social facebook.
Sayouba OUEDRAOGO
Université Lédéa Bernard OUEDRAOGO (Burkina Faso)
sayoubaouedraogo82@yahoo.com
Zomenassir Armand BATIONO
Institut des sciences des sociétés (INSS) / CNRST (Burkina Faso)
zomenassir@yahoo.fr
Saïdou LENGLENGUE
Université Virtuelle du Burkina Faso (Burkina Faso)
lenglenguesaidou@gmail.com
Références bibliographiques
Calvet, Louis-Jean, (1994 b), L’argot, Paris, Presses universitaires de France, collection ‘’Que sais-je ?’’n° 5, 127p.
Dubois, J. et al., (2001), Dictionnaire de linguistique, Paris, Larousse, 514p.
Keita, A. (2005), « Siglaison et création lexicale. Cas en français parlé au Burkina Faso (FPB) », in Cahiers du CERLESHS, n°22, Presses universitaires de Ouagadougou, pp. 45-69.
Keita, A. (1998), « Fantaisie lexicale et néologie : le cas de J. J. Presse écrite en français au Burkina Faso », in Le français en Afrique n°12, Paris, Didier-Erudition, pp.153-166.
Maingueneau, D. (1995), Les analyses du discours en France, in Langages 117, Paris, Larousse, 125p.
Nacro, I., (1984), Plurilinguisme et éducation en Afrique : approche sociolinguistique de la situation en Haute-Volta, Thèse de doctorat de 3è cycle, Unité d’enseignement et de recherche de linguistique générale et appliquée, sciences humaines, Sorbonne, René-Descartes, Université de Paris V, 279 p.
Napon, Abou (1999), « Quelques faits d’appropriation du français à l’école secondaire à Ouagadougou », in Le Français en Afrique, n° 13, Paris, Didier Erudition, pp. 93-103.
OUEDRAOGO S. et al. (2025), « Analyse des procédés de création lexicale du discours des internautes sur le réseau social facebook » revue RE-LECTURE D’AFRIQUE, Vol 1 n° 3 Avril 2025, pp. 155-173
Pires, M. (2007), « Le détournement de sigle : le cas de CPE », in Langage et Société, 121/122, pp. 289-303.
Soré, O., (2015), Le langage argotique comme obstacle à la performance linguistique des élèves en français oral : cas de la ville de Ouagadougou, Mémoire de master, Département de linguistique, Unité de formation et de recherche en Lettres, Arts et Communication, Université Ouaga 1 Professeur Joseph KI-ZERBO, 118p.

