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Production de maïs : Le ministère de l’Agriculture et la BRAKINA misent sur une variété à faible teneur en aflatoxines

Publié le vendredi 8 mai 2026 à 22h30min

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Production de maïs : Le ministère de l’Agriculture et la BRAKINA misent sur une variété à faible teneur en aflatoxines

Le projet est née d’un partenariat entre la Direction générale des productions végétales (DGPV) et la BRAKINA

Réunis à Ouagadougou ce 8 mai 2026, les acteurs de la filière maïs ont dressé le bilan de l’opération pilote d’appui à la production de maïs de qualité àa faible teneur en aflatoxines conduite par le ministère de l’Agriculture et la BRAKINA. Après une campagne jugée encourageante sur 600 hectares, les partenaires ambitionnent désormais d’étendre l’initiative à 1 500 hectares pour la campagne 2026-2027.

Pendant plusieurs heures, des responsables du ministère en charge de l’agriculture, des représentants de la BRAKINA, des partenaires techniques ainsi que des producteurs ont passé en revue les acquis, les difficultés et les perspectives d’un projet qui entend améliorer durablement la qualité sanitaire du maïs produit au Burkina Faso. Initiée depuis la précédente campagne agricole, cette opération pilote est née d’un partenariat entre la Direction générale des productions végétales (DGPV) et la BRAKINA.

L’objectif affiché est d’accroître la productivité du maïs et de réduire significativement les niveaux d’aflatoxines dans les productions locales. Les aflatoxines sont des substances toxiques produites par des champignons microscopiques qui se développent sur les céréales mal conservées et qui représentent un risque pour la santé des consommateurs.

Représentant le ministre de l’agriculture, Françoise Naon Zoungrana, chargée de mission, a rappelé dans son discours d’ouverture l’importance stratégique du maïs dans le système agricole et alimentaire du Burkina Faso. « Le maïs occupe une place stratégique dans notre système agricole et alimentaire. Deuxième céréale du pays après le sorgho, il contribue fortement à la sécurité alimentaire, à l’approvisionnement des unités de transformation et à la génération de revenus pour les producteurs », a-t-elle indiqué. Elle a cependant souligné que la filière reste confrontée à de nombreux défis, notamment la dégradation des sols, les aléas climatiques, les attaques de ravageurs et les contaminations par les aflatoxines. Face à ces contraintes, le partenariat entre la DGPV et la BRAKINA apparaît, selon elle, comme une réponse adaptée pour améliorer la qualité sanitaire du maïs burkinabè. « Cette initiative vise à améliorer à la fois la productivité et la qualité sanitaire du maïs produit au Burkina Faso », a-t-elle déclaré, saluant l’engagement « citoyen et patriotique » de la BRAKINA en faveur du développement durable de la filière maïs.

Le directeur des relations extérieures chargé de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), du juridique et de la fiscalité de la BRAKINA, Oumarou Sanoh a salué l’engagement des producteurs sur le terrain.

Des résultats encourageants sur le terrain

Au cours des présentations techniques, les responsables du projet ont détaillé les actions menées pendant la campagne 2025-2026. Grâce à l’appui financier de la BRAKINA, une superficie totale de 600 hectares a été emblavée dans plusieurs régions du pays. Les producteurs bénéficiaires ont reçu des semences améliorées, des engrais, des produits phytosanitaires, du biofongicide Aflasafe ainsi que des bâches destinées au séchage du maïs. Selon les données présentées au cours de l’atelier, 11,2 tonnes de semences ont été distribuées aux producteurs, notamment les variétés Semax 5, Bondofa et Komsaya, reconnues pour leurs rendements élevés. Les bénéficiaires ont également reçu des appuis en engrais NPK et urée ainsi qu’en insecticides et produits de traitement de semences.

En plus des intrants, l’opération a mis un accent particulier sur le renforcement des capacités. Vingt-huit agents d’appui-conseil ont été formés sur les bonnes pratiques de production du maïs, la gestion des maladies et nuisibles ainsi que les techniques de prévention des aflatoxines. Plus de 150 producteurs ont également bénéficié de formations sur les opérations de récolte et de post-récolte Le suivi du projet a mobilisé plusieurs structures déconcentrées du ministère en charge de l’agriculture. Dix-huit agents ont été déployés dans 29 villages répartis dans 17 communes afin d’assurer l’accompagnement technique des producteurs tout au long de la campagne. Les résultats obtenus ont été jugés satisfaisants par les responsables du projet. La production globale enregistrée sur les 600 hectares est estimée à environ 2 836 tonnes, avec un rendement moyen de 4,7 tonnes à l’hectare, largement supérieur à la moyenne nationale estimée à 1,614 tonne à l’hectare.

Prosper Zemba, directeur général des Productions végétales au ministère de l’Agriculture a rappelé que le maïs est utilisé aussi bien pour l’alimentation humaine et animale que pour la production de boissons. D’où la nécessité, selon lui, d’améliorer non seulement les superficies cultivées et la qualité.

Pour Prosper Zemba, directeur général des Productions végétales au ministère de l’Agriculture, ces résultats démontrent le potentiel de la filière maïs au Burkina Faso. « En 2025, nous sommes à environ 2,6 millions de tonnes de maïs produites grâce aux efforts des producteurs et à l’appui du ministère dans le cadre de l’offensive agropastorale », a-t-il expliqué. Il a rappelé que le maïs est utilisé aussi bien pour l’alimentation humaine et animale que pour la production de boissons. D’où la nécessité, selon lui, d’améliorer non seulement les superficies cultivées, mais également les rendements et la qualité du maïs produit.

Une qualité sanitaire conforme aux normes

L’un des principaux objectifs du projet était de réduire les taux d’aflatoxines dans les productions de maïs. Des analyses réalisées sur plusieurs échantillons issus des différentes zones de production ont montré des résultats globalement satisfaisants. Selon Prosper Zemba, la majorité des échantillons analysés présentent des taux d’aflatoxines inférieurs à 4 ppb, seuil correspondant aux normes internes et internationales. « Nous avons travaillé sur 600 hectares pour une production d’environ 2 800 tonnes de maïs de qualité avec des taux d’aflatoxines inférieurs à 4 ppb », a-t-il précisé. Il a toutefois reconnu que produire un maïs totalement exempt d’aflatoxines reste difficile. « Dire qu’on va produire du maïs sans aflatoxines peut paraître utopique, parce qu’il s’agit de toxines produites par des micro-organismes. Mais l’essentiel est de respecter les normes internationales afin de protéger la santé des consommateurs », a-t-il expliqué. Les analyses ont cependant révélé quelques cas de dépassement des normes dans certaines localités, entraînant le rejet de certaines cargaisons. Ces situations ont permis aux participants de relever les insuffisances persistantes dans les pratiques de récolte, de séchage et de stockage.

Parmi les difficultés rencontrées au cours de la campagne figurent également le retard dans la mise à disposition des intrants, les attaques de chenilles légionnaires, les poches de sécheresse dans certaines zones ainsi que l’insuffisance de bâches pour le séchage du maïs récolté.

Les producteurs ont aussi évoqué les difficultés liées au stockage des récoltes et aux retards de paiement après l’enlèvement du maïs par AgroServ Industrie SA.

Une extension du projet à 1 500 hectares

Malgré ces contraintes, les partenaires affichent leur volonté de poursuivre et d’élargir l’initiative. Directeur des relations extérieures chargé de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), du juridique et de la fiscalité de la BRAKINA, Oumarou Sanoh a salué l’engagement des producteurs sur le terrain. « Nous avons parcouru les cinq régions du projet et les douze provinces concernées. Ce que nous avons vu est extraordinaire parce que les producteurs se sont véritablement approprié le projet », a-t-il affirmé.

De nombreux producteurs agricoles du projet ont participé à l’atelier

Selon lui, les résultats observés encouragent les partenaires à passer à une phase d’expansion dès la campagne 2026-2027. « Ce qui est sûr, c’est que nous allons plus que doubler la superficie. Nous allons passer à 1 500 hectares et le projet va continuer », a annoncé Oumarou Sanoh.

Pour cette nouvelle campagne, les objectifs prévisionnels tablent sur une production de 7 500 tonnes de maïs avec un rendement moyen attendu de 5 tonnes à l’hectare et des taux d’aflatoxines inférieurs à 4 ppb. Les partenaires prévoient également de renforcer les appuis aux producteurs à travers la distribution de 300 tonnes d’engrais NPK, 225 tonnes d’urée, 15 tonnes d’Aflasafe ainsi que des semences améliorées. Plus de 400 producteurs et 56 agents de suivi devraient être formés sur les bonnes pratiques agricoles et la gestion des aflatoxines.

Au terme des échanges, les participants ont formulé plusieurs recommandations, notamment la mise à disposition précoce des intrants, le renforcement des équipements post-récolte, l’accélération de l’enlèvement des stocks après récolte ainsi que le paiement rapide des producteurs.

Farida Thiombiano
Lefaso.net

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