Burkina / Éducation : Au lycée Wend Puiré de Saaba, la semaine de la reconnaissance de l’enseignant a été lancée
La cour du lycée départemental Wend Puiré de Saaba a servi de cadre, le mardi 5 mai 2026, au lancement officiel de la deuxième édition de la Semaine nationale de la reconnaissance de l’élève et de l’étudiant(e) envers l’enseignant (SRE). Portée conjointement par les trois ministères en charge de l’éducation, cette initiative entend replacer l’enseignant au cœur du système éducatif, tout en invitant les apprenants à exprimer leur gratitude envers celles et ceux qui façonnent leur parcours.
L’objectif de cette semaine est de réhabiliter des valeurs souvent mises à mal, notamment le respect, la considération et la gratitude envers le corps enseignant. Représentant le Premier ministre, patron de la cérémonie, le ministre d’État, ministre de la Défense, le général de division Célestin Simporé, a livré le message officiel. Dans une adresse marquée par le contexte national, le Premier ministre a rappelé les épreuves traversées par le système éducatif ces dernières années.
« Notre pays a traversé une période particulièrement éprouvante. En dépit de l’adversité, nos enseignants se sont révélés de véritables héros du quotidien », a-t-il déclaré. Le message a mis en lumière la résilience du corps enseignant, notamment dans les zones à défi sécuritaire, où, malgré les risques, des classes improvisées ont permis d’assurer la continuité pédagogique. « Dans des conditions souvent difficiles, parfois au péril de leur vie, ils ont continué à porter le flambeau du savoir », a-t-il poursuivi, traduisant ainsi la reconnaissance de la nation envers ces acteurs de première ligne.
Au-delà de l’hommage, la semaine de la reconnaissance se veut un espace d’expression, où les apprenants sont invités à témoigner leur gratitude avec sincérité et créativité.
Le ministre de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique, Moumouni Zoungrana, qui s’est exprimé au nom des trois ministères, a inscrit cette initiative dans une dynamique de transmission des valeurs. À travers une évocation nostalgique de ses souvenirs d’école, il a rappelé l’image marquante de l’enseignant dans l’imaginaire collectif.
« L’école est cette matrice qui forge l’homme du futur », a-t-il affirmé, insistant sur le rôle déterminant des enseignants dans la formation intellectuelle et morale. Pour lui, cette semaine répond à un impératif d’inculquer aux jeunes générations la culture de la reconnaissance et de l’humilité. « Nous voulons que nos enfants comprennent que lorsque quelqu’un fait du bien, il faut s’arrêter un tant soit peu pour dire merci », a-t-il expliqué. Dans un contexte où les repères sociaux évoluent, il estime nécessaire de réaffirmer ces valeurs fondatrices.
Une mobilisation collective autour de l’école
En amont de la cérémonie, le président de la délégation spéciale de la commune de Saaba, Athanase Adolphe Thiombiano, a souhaité la bienvenue aux participants. Il a salué la tenue de cette initiative dans sa commune et formulé des vœux de succès pour l’ensemble des activités programmées.
Au nom des parrains, Roland Achille Sow, le président de la délégation spéciale de la Chambre de commerce, co-parrain de cette édition, a livré un message dense, empreint de reconnaissance et d’engagement. « La cause des enseignants est une cause collective », a-t-il affirmé d’entrée, soulignant la nécessité d’une solidarité nationale autour de la valorisation du métier. S’appuyant sur le thème de cette édition, « Mon enseignant, fruit de ma formation et de ma valeur », il a insisté sur la place centrale de l’enseignant dans la construction de l’individu. « Vous n’êtes pas seulement des transmetteurs de savoir, vous êtes des bâtisseurs de conscience. Malgré les contraintes, vous continuez de transmettre le savoir, de maintenir l’espoir et de faire vivre l’école », a reconnu le co-parrain.
Au cours de la cérémonie, une dizaine d’enseignants ont été distingués à travers la remise d’attestations de reconnaissance. Une séquence chargée d’émotion, qui a permis de donner un visage concret à cette initiative. Parmi ces récipiendaires, certains ont enseigné les ministres et autorités présents.
Adissa Traoré, récipiendaire, est une enseignante en fin de carrière. Elle n’a pas caché sa surprise. « Je suis très heureuse et je ne m’attendais pas vraiment à cela », a-t-elle confié. Après 30 années passées dans l’enseignement, cette distinction apparaît comme une reconnaissance tardive, mais précieuse. « Je vois que le travail paye », ajoute-t-elle, visiblement émue de recevoir cette reconnaissance à trois mois de son départ à la retraite. Même sentiment du côté de Joseph André Ouédraogo, enseignant et ancien ministre. « C’est un sentiment d’extrême joie », a-t-il exprimé, avant de rendre hommage à l’ensemble de la communauté éducative. Fort d’un parcours entamé en 1985 à Kongoussi, il a rappelé les exigences du métier.
« C’est un sacerdoce et nous ne sommes pas matériellement riches, mais nous sommes riches de nos idées et de nos valeurs », a-t-il souligné. À travers son témoignage, il a lancé un message aux jeunes enseignants, les invitant à s’engager pleinement pour l’avenir du système éducatif.
Au-delà des discours et des distinctions, cette semaine de la reconnaissance s’inscrit comme un rappel du rôle irremplaçable de l’enseignant dans la société. Pendant plusieurs jours, les activités prévues viendront prolonger cet élan de reconnaissance.
Farida Thiombiano
Lefaso.net

