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Burkina / Pastoralisme : Le projet Ngourdam Pro-ARIDES lancé pour renforcer la résilience des éleveurs

Publié le mercredi 6 mai 2026 à 10h53min

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Burkina / Pastoralisme : Le projet Ngourdam Pro-ARIDES lancé pour renforcer la résilience des éleveurs

Le projet Ngourdam Pro-ARIDES (2025-2029) a été officiellement lancé le mardi 5 mai 2026 à Bindé, dans la région du Nazinon. Mis en œuvre par l’Organisation néerlandaise de développement (SNV) avec l’appui financier de la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC), il vise à renforcer la sécurité alimentaire et la résilience des ménages agro-pastoraux.

Le projet Ngourdam Pro-ARIDES a été officiellement lancé en présence des autorités administratives, coutumières, des partenaires techniques et financiers ainsi que des populations bénéficiaires. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique nationale de renforcement du secteur agropastoral, considéré comme un pilier essentiel de l’économie burkinabè et un levier stratégique de résilience pour les ménages ruraux.

Doté d’un budget de plus de 4,1 millions d’euros, soit environ 2,7 milliards de francs CFA, et prévu pour une durée de 45 mois, de décembre 2025 à août 2029, le projet couvre vingt communes réparties dans les régions du Djôrô, du Nando, du Nazinon et des Tannounyan. Il cible environ 35 000 ménages, soit plus de 60 000 bénéficiaires directs, avec un accent particulier sur les femmes, les jeunes et les personnes déplacées internes, dans un contexte marqué par la vulnérabilité accrue des populations rurales.

Les participants découvrent le fonctionnement d’un biodigesteur lors de la visite de terrain

Le lancement du projet Ngourdam Pro-ARIDES intervient dans un contexte où le secteur de l’élevage à dominance pastorale, bien que stratégique pour l’économie nationale, fait face à de nombreux défis. Contribuant de manière significative au produit intérieur brut et à la sécurité alimentaire, notamment à travers la production laitière, ce secteur est aujourd’hui fragilisé par la réduction des espaces pastoraux, la dégradation des ressources naturelles, les effets du changement climatique, les difficultés liées à la mobilité du bétail et la recrudescence des conflits entre agriculteurs et éleveurs.

Présidant la cérémonie, la gouverneure de la région du Nazinon, Massadalo Yvette Nacoulma/Sanou, a salué la pertinence du projet qui, selon elle, s’inscrit pleinement dans les priorités nationales de développement rural. « Le projet Ngourdam Pro-ARIDES apportera une réponse structurée et innovante aux défis des éleveurs pasteurs et agro-pasteurs en contribuant à améliorer l’accès aux ressources pastorales, à créer des opportunités économiques durables et à renforcer la résilience des communautés vulnérables », a-t-elle déclaré. Elle a également insisté sur l’importance de l’appropriation du projet par les acteurs locaux, soulignant que « le succès de cette initiative dépendra de l’engagement de tous, notamment des collectivités territoriales et des communautés bénéficiaires ».

Massadalo Yvette Nacoulma/Sanou, gouverneure du Nazinon, a salué une initiative majeure pour le développement du pastoralisme

Mis en œuvre par l’Organisation néerlandaise de développement (SNV), avec l’appui financier de la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC), Ngourdam Pro-ARIDES s’inscrit dans la continuité du projet MODHEM + DDC, exécuté entre 2021 et 2025. Ce précédent programme avait permis d’importantes avancées, notamment la réalisation de plus de 200 kilomètres de pistes à bétail, l’aménagement de vastes espaces pastoraux, la sécurisation foncière de certaines zones et la mise en place d’infrastructures essentielles telles que des marchés à bétail, des parcs de vaccination et des postes vétérinaires.

Pour les responsables du projet, il s’agit désormais de consolider et d’amplifier ces acquis. Représentant la Directrice Pays de SNV, Samuel Bacye a rappelé la portée stratégique de cette nouvelle phase. « Plus qu’un projet, Ngourdam Pro-ARIDES est une initiative structurante qui accompagne la vision du gouvernement du Burkina Faso en matière de développement rural », a-t-il affirmé, tout en exprimant la reconnaissance de son institution envers les autorités nationales et la coopération suisse pour leur engagement constant. Il a par ailleurs souligné le caractère inclusif de l’intervention, précisant que « le projet sera déployé dans une approche sensible au genre et porteuse d’opportunités pour les femmes, les jeunes et les groupes vulnérables ».

Samuel Bacye a insisté sur le caractère structurant du projet pour les communautés rurales

De son côté, le représentant de la coopération suisse, Salifou Saré, a insisté sur l’importance stratégique de l’investissement dans le secteur de l’élevage. « Investir dans l’élevage n’est pas un choix, mais une obligation stratégique. Quand l’élevage se porte bien, les ménages agro-pastoraux résistent mieux aux crises », a-t-il indiqué, mettant en évidence le rôle central de ce secteur dans la stabilité économique et sociale des zones rurales.

Le projet Ngourdam Pro-ARIDES repose sur une approche intégrée articulée autour de trois axes majeurs. Il vise d’abord à sécuriser les espaces pastoraux et à valoriser les productions animales afin d’améliorer les revenus des éleveurs. Il ambitionne ensuite de renforcer l’adaptation des communautés aux effets du changement climatique à travers la promotion de pratiques agroécologiques et l’amélioration de la fertilité des sols. Enfin, il entend contribuer à la prévention et à la gestion des conflits entre agriculteurs et éleveurs, dans un contexte où la pression sur les ressources naturelles s’intensifie.

Salifou Saré a réaffirmé l’engagement de la Suisse en faveur du développement rural

Concrètement, le projet prévoit la réalisation d’infrastructures pastorales structurantes, notamment des adductions d’eau potable simplifiées, des marchés à bétail, des parcs de vaccination, des postes vétérinaires, des pistes à bétail, ainsi que des biodigesteurs. Ces équipements visent à améliorer l’accès aux ressources, à renforcer la mobilité du bétail, à sécuriser les productions animales et à améliorer les conditions de vie des ménages.

Le coordonnateur du projet, Kassoum Ouédraogo, a détaillé les objectifs opérationnels de cette initiative. « Il s’agit de faciliter l’accès aux infrastructures pastorales indispensables à la mobilité du bétail, mais aussi de renforcer les chaînes de valeur, notamment dans les filières lait et viande », a-t-il expliqué. Il a également mis en avant l’intérêt des biodigesteurs, qui constituent une innovation majeure dans l’approche du projet. « Le compost issu des biodigesteurs est extrêmement riche et contribue à améliorer les rendements agricoles. Cela renforce directement la résilience des communautés », a-t-il précisé.

Le coordonnateur du projet, Kassoum Ouédraogo, a détaillé les objectifs opérationnels de l’initiative

Au niveau local, les autorités communales ont exprimé leur satisfaction quant au choix porté sur leurs localités. La présidente de la délégation spéciale de Bindé, Aminata Congo, a salué une initiative qui arrive à point nommé dans un contexte marqué par des défis climatiques et sécuritaires. « Un projet ne réussit que par l’implication de ceux qu’il vise. J’invite les bénéficiaires à se mobiliser et à s’approprier les outils qui leur seront proposés pour bâtir une commune plus résiliente et prospère », a-t-elle déclaré.

Aminata Congo, PDS de Bindé, a appelé à l’appropriation du projet par les communautés bénéficiaires

Les témoignages des acteurs de terrain ont également mis en lumière les réalités complexes liées à la mise en œuvre des infrastructures pastorales. Le président de la délégation spéciale de Gao, Moumouni Ouédraogo, est revenu sur les difficultés rencontrées dans la réalisation des pistes à bétail, notamment en raison des contraintes sécuritaires et des enjeux fonciers. Il a expliqué que des efforts importants de concertation ont été nécessaires pour surmonter ces obstacles. « Nous avons dû engager des discussions avec les communautés, gérer des questions de limites territoriales et même adapter le tracé pour éviter des zones sensibles. Mais grâce au dialogue, nous avons pu avancer et réaliser les infrastructures », a-t-il témoigné.

La cérémonie de lancement s’est poursuivie par une présentation détaillée du projet, suivie d’échanges avec les participants, avant de se conclure par une visite de terrain chez un bénéficiaire de biodigesteur dans le village de Kaibo-Sud. Cette immersion a permis aux autorités et partenaires de constater concrètement les retombées de ce type d’infrastructure sur les conditions de vie des ménages, notamment en matière d’accès à l’énergie domestique et d’amélioration de la fertilité des sols à travers le biogaz et le compost.

À travers Ngourdam Pro-ARIDES, les autorités burkinabè et leurs partenaires entendent faire du pastoralisme un véritable moteur de développement local, capable de renforcer la résilience des communautés face aux crises climatiques et sécuritaires. En misant sur une approche intégrée combinant infrastructures, innovation, gouvernance et inclusion sociale, le projet ambitionne de transformer durablement les systèmes agropastoraux et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour les populations rurales.

Anita Mireille Zongo
Lefaso.net

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