LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : “Il vaut mieux être incapa le de faire quelque chose plutôt que d’en être capa le et de ne pas le faire” Proverbe Sénégalais

Journées des sciences de la santé de Bobo-Dioulasso : Le concept « One Health » au cœur des réflexions pour relever les défis sanitaires

Publié le mercredi 6 mai 2026 à 10h47min

PARTAGER :                          
Journées des sciences de la santé de Bobo-Dioulasso : Le concept « One Health » au cœur des réflexions pour relever les défis sanitaires

La 23ᵉ édition des Journées des sciences de la santé de Bobo-Dioulasso (JSSB) a ouvert officiellement ses portes dans l’après-midi du lundi 4 mai 2026 au Centre Muraz, dans la cité de Sya. Prévue du 4 au 7 mai 2026, cette rencontre scientifique d’envergure nationale et internationale réunit chercheurs, praticiens et décideurs autour d’un objectif commun, à savoir améliorer les pratiques et les politiques de santé à travers le partage des connaissances et des expériences.

Portées par l’Association pour les sciences de la santé du Burkina Faso (ASSB), les Journées des sciences de la santé de Bobo-Dioulasso (JSSB) s’imposent aujourd’hui comme un cadre incontournable de dialogue scientifique au Burkina Faso et dans la sous-région ouest-africaine. Depuis leur création en 1992, ces journées n’ont cessé d’évoluer, passant de rencontres annuelles à des rendez-vous biennaux depuis 2002, avec une participation sans cesse croissante.

Une vue des participants à la cérémonie d’ouverture des travaux des JSSB

Un forum scientifique au service de la santé publique

Les Journées des sciences de la santé de Bobo-Dioulasso constituent un espace unique d’échanges entre les différents acteurs du secteur sanitaire. Cliniciens, chercheurs, paramédicaux, gestionnaires et planificateurs s’y retrouvent pour confronter leurs expériences et partager les résultats de leurs travaux. Dans son discours, le professeur Issaka Sombié, secrétaire général de l’ASSB, a rappelé l’importance de ce cadre. « Les JSSB sont devenues une institution, un forum du donner et du recevoir entre les acteurs de la santé », a-t-il souligné.
Il a également mis en lumière le caractère inclusif de ces journées, qui offrent à tous les professionnels, du simple infirmier chef de poste aux spécialistes, la possibilité de dialoguer sur un pied d’égalité. Une particularité qui fait des JSSB un rendez-vous scientifique singulier dans la sous-région.

Une évolution marquée et une reconnaissance internationale

Au fil des années, les JSSB ont connu une croissance significative. D’une soixantaine de communications à leurs débuts, elles enregistrent aujourd’hui plus de 300 contributions scientifiques par édition. Pour cette 23ᵉ édition, ce sont environ 390 résumés qui ont été reçus, répartis en 24 sessions de communications orales et flashs, ainsi qu’en trois sessions de posters. Créée en 2008 pour structurer davantage l’organisation de ces journées, l’ASSB a contribué à leur professionnalisation et à leur rayonnement. Grâce au soutien de partenaires nationaux et internationaux, les JSSB attirent désormais des participants venus de toute l’Afrique de l’Ouest et du Centre, ainsi que d’Europe et d’Amérique, notamment du Canada.

L’octroi de bourses de participation, particulièrement en faveur des jeunes chercheurs, constitue également un levier important pour encourager la relève scientifique. Cette année, 45 bourses ont été attribuées avec l’appui de partenaires tels que Jhpiego et l’Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS) et les maladies infectieuses émergentes.

Le concept « One Health » au centre des débats

Placée sous le thème « One Health et maladies émergentes, défis sanitaires pour un développement », cette 23ᵉ édition met en lumière une approche intégrée de la santé, prenant en compte les interactions entre la santé humaine, animale et environnementale. Selon le Pr Sombié, ce choix répond à une réalité de plus en plus préoccupante : la montée des maladies émergentes, souvent d’origine zoonotique. Dengue, chikungunya ou encore rage illustrent ces défis auxquels les systèmes de santé sont confrontés. « Les maladies émergentes sont des infections qui apparaissent pour la première fois ou dont l’incidence augmente rapidement. Leur gestion dépasse le seul cadre de la santé humaine », a-t-il expliqué.

Les facteurs à l’origine de ces maladies sont multiples : changements climatiques, urbanisation, mutations biologiques, pratiques sociales et économiques, ou encore mondialisation des échanges. Face à cette complexité, l’approche « One Health » prône une collaboration étroite entre les différents secteurs concernés.

Le professeur Issaka Sombié, secrétaire général de l’ASSB, rappelant l’importance de ce cadre

Des attentes fortes en matière de recommandations

Présidant la cérémonie d’ouverture, le directeur général de l’Institut national de santé publique, le Dr Seydou Baro, a insisté sur la nécessité de faire des JSSB un véritable cadre de propositions. « Nous attendons que ces journées ne soient pas seulement une tribune de présentation de résultats, mais aussi un espace de formulation de recommandations concrètes pour améliorer les politiques publiques », a-t-il déclaré.

Même son de cloche du côté des organisateurs, qui ambitionnent de renforcer l’impact des travaux scientifiques sur les décisions politiques. Les conférences inaugurales, les symposiums et les sessions de formation, notamment les « petits déjeuners avec le professeur », visent à stimuler la réflexion et à produire des solutions adaptées aux réalités du terrain.

Le directeur général de l’Institut national de santé publique, le Dr Seydou Baro, a insisté sur la nécessité de faire des JSSB un véritable cadre de propositions

La participation du secteur de la santé animale témoigne de la pertinence du thème choisi. Le Dr Mady Sawadogo, directeur de la santé animale, a salué une initiative « hautement appréciée » par les autorités de son département. Il a souligné l’importance de la collaboration entre les différents secteurs pour faire face aux risques sanitaires, notamment les maladies zoonotiques, la résistance aux antimicrobiens et la sécurité sanitaire des aliments. « Le secteur de la santé animale est à l’avant-garde sur plusieurs de ces questions. Il est donc essentiel que nous participions à ces échanges et que nous contribuions à la mise en œuvre des recommandations », a-t-il affirmé.

Dr Mady Sawadogo, directeur de la santé animale, a salué une initiative « hautement appréciée » par les autorités de son département

Un enjeu majeur pour le développement

Au-delà des échanges scientifiques, les JSSB se positionnent comme un levier stratégique pour le développement du système de santé burkinabè. En favorisant le dialogue entre recherche et action, elles contribuent à l’élaboration de politiques publiques plus efficaces et adaptées. Le concept « One Health », au cœur de cette édition, incarne cette volonté de décloisonner les approches et de promouvoir une gestion intégrée des problématiques sanitaires.

Comme l’a illustré le professeur Sombié à travers l’exemple de la rage, seule une collaboration entre les secteurs de la santé humaine et animale permet d’obtenir des résultats durables. Les participants sont ainsi appelés à jouer un rôle actif tout au long des travaux, en contribuant aux débats et en formulant des propositions concrètes.

Romuald Dofini
Lefaso.net

PARTAGER :                              

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par les responsables.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 LeFaso TV
 Articles de la même rubrique