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Burkina/Réformes Licence-Master : Un moratoire d’un an pour mieux préparer la communauté universitaire à la mise en œuvre d’une disposition majeure

Publié le mardi 5 mai 2026 à 23h04min

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Burkina/Réformes Licence-Master : Un moratoire d’un an pour mieux préparer la communauté universitaire à la mise en œuvre d’une disposition majeure

Le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (MESRI) a animé, ce mardi 5 mai 2026 à Ouagadougou, une conférence de presse consacrée à l’application de deux articles de deux arrêtés adoptés le 19 août 2025, portant respectivement sur le régime général des études du diplôme de licence et du diplôme de master dans les Institutions publiques d’enseignement supérieur et de recherche (IESR), ainsi que dans les Institutions privées (IPES). À travers cette rencontre, les autorités entendent surtout clarifier les termes de la lettre circulaire nᵒ 2026-0085/MESRI/SG/DGESup du 14 avril 2026 relative au moratoire sur certaines dispositions de ces textes.

La conférence de presse s’est articulée autour de trois axes, à savoir : la compréhension des articles 36 et 37 des régimes des études, l’analyse des premiers résultats de leur application et la décision du moratoire prise par le gouvernement.

Il a d’abord été rappelé que les deux arrêtés sont entrés en vigueur le 1ᵉʳ octobre 2025, date marquant la rentrée universitaire 2025-2026, à l’exception des dispositions relatives à l’introduction de nouveaux enseignements dans les curricula. Ces derniers concernent notamment le civisme et le patriotisme, l’informatique, l’anglais, les langues nationales, le sport et les arts. Leur mise en œuvre a été différée afin de permettre une refonte globale des programmes en cours devant être appliquée dès la rentrée de l’année académique 2026-2027.

Le ministère prévoit de proposer, dès la prochaine rentrée universitaire, de nouvelles filières dans les universités publiques, telles que la haute couture, la climatisation et la maintenance de véhicules, …

Selon le MESRI, ces réformes s’inscrivent dans une dynamique d’amélioration de la qualité des formations et de fluidification des parcours universitaires. Elles introduisent ainsi plusieurs innovations, dont l’harmonisation de la moyenne de passage à 10/20 dans tous les parcours, la correction des rapports de stage en licence professionnelle, l’instauration d’une session unique annuelle de rattrapage et la possibilité de compensation des notes entre éléments constitutifs d’une même unité d’enseignement, entre les moyennes des unités d’un même semestre, ainsi qu’entre les moyennes des semestres d’une même année académique.

Dans cette logique de régulation, les arrêtés prévoient également une mesure stricte visant à maîtriser les effectifs réels d’étudiants. Il s’agit de l’exclusion systématique de tout apprenant, dès la première délibération, qui obtient la note de zéro sur vingt (00/20) dans plus de 40 % des éléments constitutifs d’un semestre de Licence ou dans plus de 30 % de ceux d’un semestre de Master.

L’application de cette disposition a donné lieu à des résultats que le ministère qualifie de révélateurs. Sur un total de 36 652 apprenants inscrits et ayant fait l’objet de délibérations sur la plateforme CampusFaso au titre du premier semestre de l’année académique 2025-2026 dans les IESR, 3 794 étudiants, soit 10,35 %, ont obtenu la note de 00/20 dans l’ensemble des éléments constitutifs du semestre, traduisant une absence totale de participation aux évaluations ou une incapacité à obtenir une note supérieure à zéro.

Par ailleurs, 6 149 étudiants, soit 16,78 %, ont enregistré des zéros dans une proportion dépassant les seuils fixés par les arrêtés.
Le cas de l’Unité de formation et de recherche en sciences économiques et de gestion de l’université Joseph Ki-Zerbo illustre l’ampleur du phénomène. Sur 1 386 étudiants inscrits au semestre 1 469, soit 33,83 %, ont obtenu 00/20 dans 100 % des éléments constitutifs, tandis que 608, soit 43,86 %, ont enregistré 00/20 dans plus de 40 % des matières.

Des journalistes présents lors de la conférence de presse

De manière globale, l’analyse de ces données, que le ministère indique ne pas être significativement différentes de celle des années antérieures, fait ressortir que 10 % à 33 % des étudiants obtiennent 0/20 dans la totalité des éléments constitutifs d’un semestre, tandis que 15 % à 40 % enregistrent des zéros dans une proportion importante des matières. Le MESRI en déduit qu’au moins 10 % des inscrits ne sont pas animés d’une volonté réelle de suivre leur parcours, ne participent pas effectivement aux activités pédagogiques ou ne disposent pas d’un niveau minimal de compréhension des enseignements.

Ces constats soulèvent, selon le ministère, une problématique majeure liée à la planification et à l’exécution des activités pédagogiques, à la normalisation des années académiques ainsi qu’à la rationalisation de l’utilisation des ressources, dans un contexte où les effectifs ne reflètent pas toujours la réalité des étudiants effectivement engagés.

Un répit pour les étudiants concernés

Si les dispositions des arrêtés sont jugées pertinentes dans leur principe, le ministère reconnaît toutefois que leurs effets ont surpris les acteurs du système éducatif, qui n’y étaient pas suffisamment préparés. C’est dans ce contexte que le gouvernement a décidé d’accorder, à titre exceptionnel, un moratoire d’une année académique sur l’application des articles 36 et 37.

Ce moratoire implique que les étudiants initialement concernés par une exclusion au titre de l’année académique 2025-2026 pourront être réinscrits et poursuivre leur parcours au titre de cette année académique. L’application effective de ces dispositions est ainsi reportée à l’année académique 2026-2027, le temps de permettre aux différents acteurs, notamment les apprenants, de mieux s’adapter aux exigences introduites par la réforme.

Dr Honorat Roger Charles Nébié (au milieu) a expliqué que le gouvernement souhaite améliorer la formation des étudiants à travers ces réformes

« Dans le souci de permettre à tous les acteurs, notamment les apprenants, de se préparer aux exigences de ces nouvelles dispositions, il leur est exceptionnellement accordé un moratoire sur l’application de l’article 36 de l’arrêté nᵒ 2025-244 et de l’article 37 de l’arrêté nᵒ 2025-245, reportée à l’année académique 2026-2027. Par conséquent, les étudiants initialement concernés par l’exclusion résultant de l’application de ces dispositions au titre de l’année académique 2025-2026 sont autorisés à se réinscrire afin de poursuivre leur parcours au titre de l’année 2025-2026 », a déclaré le directeur de cabinet du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Dr Honorat Roger Charles Nébié. Il a invité les étudiants et l’ensemble des acteurs de l’enseignement supérieur à s’approprier et à respecter les nouvelles règles qui vont permettre d’améliorer de manière notable la qualité de la formation dans les universités et instituts supérieurs du Burkina Faso.

Samirah Bationo
Oumou Dalilha Lawako Ky (stagiaire)
Dominique Ouédraogo (vidéo)

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