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Nakambé/Education : « L’abandon scolaire des filles est un fléau qui menace l’avenir des apprenants dans la région », s’inquiète le secrétaire général de la région, Tasséré Nacoulma

Publié le mardi 28 avril 2026 à 23h30min

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Nakambé/Education : « L’abandon scolaire des filles est un fléau qui menace l’avenir des apprenants dans la région », s’inquiète le secrétaire général de la région, Tasséré Nacoulma

Les régions des Bankui et du Nakambé accueillent, du 18 au 30 avril 2026, la campagne de communication sur la scolarisation et le maintien des filles à l’école, appelée « Kom-pugli kaoreng yõodo » (l’importance de la scolarisation des jeunes filles, en langue nationale mooré). L’initiative, qui s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet d’autonomisation des femmes et dividende démographique en Afrique subsaharienne (SWEDD+), lancée dans la région des Bankui, a amorcé l’étape de la région du Nakambé, le 26 avril 2026. Dans le déroulé, l’équipe du projet a échangé avec des responsables locaux des départements ministériels impliqués dans le projet, notamment la direction régionale de la santé du Nakambé ; la direction régionale de l’enseignement secondaire, de la formation professionnelle et technique ainsi que le gouvernorat de la région.

Les échanges entre l’équipe du projet et les personnes-ressources de l’administration publique, des responsables et acteurs du système éducatif, ont permis de cerner, globalement, le contour du phénomène d’abandon scolaire des filles et, partant, de mettre en exergue le besoin d’y remédier. Une cartographie, d’où découle l’importance de cette campagne de communication sur la scolarisation et le maintien des filles à l’école.

Le proviseur du lycée départemental de Dialgaye, Gilbert Koudougou, loue l’importance de l’initiative et souhaite qu’elle s’étende et se renforce à tous les niveaux pour le plein épanouissement de la société burkinabè.

En effet, il en ressort que les obstacles au maintien des filles à l’école sont nombreux et variés. Et ces obstacles sont énumérés également par les élèves eux-mêmes, lors des conférences publiques et séances de causeries-débats que l’équipe du projet tient avec les apprenants et les acteurs du système éducatif de la région. Ce sont les phénomènes de mariages forcés, de grossesses précoces, de manque de moyens financiers des parents qui, de ce fait, préfèrent envoyer les garçons à l’école que les filles, les mauvaises compagnies, etc. Un autre facteur, et pas des moindres, soulevé par les acteurs, est la question de l’orpaillage. Ce phénomène ne touche pas seulement les garçons, il touche également les filles. Toutes ces réalités sont à la base de la sortie précoce des filles du cursus scolaire.

Les échanges entre l’équipe du projet et les autorités administratives et acteurs du système éducatif ont permis de prendre le pool de la situation avant le terrain.

Selon le directeur régional de l’enseignement secondaire, de la formation professionnelle et technique, Nachor Sorgho, cette problématique est majeure, en ce sens que les chiffres au niveau régional en disent long. A titre illustratif, pour l’année scolaire 2025-2026, la région du Nakambé compte 34 918 garçons (soit 43, 53%) et 45, 310 filles (soit 56, 47%). Le constat, qui montre une proportion élevée des filles par rapport aux garçons, établit donc que la scolarisation des filles est une réalité.

Cependant, le problème se situe au niveau du maintien de ces filles dans le cursus, relève le responsable régional, Nachor Sorgho, ajoutant que la déperdition s’accroît au fil des classes, de sorte que la tendance s’inverse carrément à partir du second cycle.

Les représentantes des filles du lycée départemental de Dialgaye ont, au cours des échanges avec l’équipe du projet, SWEDD+, livré un message (doléances) en faveur de la scolarisation des filles et de leur maintien à l’école.

Un diagnostic corroboré par les propos du secrétaire général de la région, Tasséré Nacoulma. Selon l’autorité, la région du Nakambé étant également une zone à fort défi sécuritaire, avec les déplacements de populations, elle est confrontée à un besoin de prises en compte des élèves déplacés dans les localités d’accueil, par notamment des mécanismes qui brassent divers aspects.

C’est pourquoi il estime que l’importance du projet d’autonomisation des femmes et dividende démographique en Afrique subsaharienne (SWEDD+) pour la région n’est pas à démontrer. « Les filles sont tenaces, mais elles rencontrent de nombreux obstacles. (…). L’abandon est un fléau qui menace l’avenir des apprenants dans la région », relève l’autorité, qui souhaite donc que des solutions soient, ensemble, trouvées pour l’épanouissement non seulement de la jeune fille, mais aussi de la société toute entière.

C’est en mesurant l’impact que pourrait avoir cette campagne pour sa région que le secrétaire général plaide pour son élargissement à des communes, et son accentuation, singulièrement des provinces du Koulpélogo et du Kourittenga.

Le secrétaire général de la région du Nakambé, Tasséré Nacoulma.

Du reste, le secrétaire général a, au nom du gouverneur de la région, rassuré les responsables du projet de l’engagement de la circonscription administrative à accompagner l’initiative.

Pour mémoire, le projet d’autonomisation des femmes et dividende démographique en Afrique subsaharienne plus (SWEDD+), soutenu par la Banque mondiale et le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), est mis en œuvre dans l’ensemble des régions du Burkina Faso.

Le volet relatif à la campagne de communication sur la scolarisation et le maintien des filles à l’école est l’une des composantes du SWEDD+, mise en œuvre dans les régions des Bankui et du Nakambé. La campagne s’incarne par la mise en œuvre de diverses actions, dont des causeries-débats éducatives, des conférences publiques, des séances de plaidoyer, des théâtres-foras, des émissions radiophoniques, des services gratuits en santé de la reproduction. L’initiale vise, au moins 8 000 leaders communautaires et au minimum, deux millions de personnes dans les deux régions d’intervention.

O.L.
Lefaso.net

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