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Coopération régionale ou alliances occidentales : L’Afrique de l’Ouest à un tournant sécuritaire

Publié le samedi 25 avril 2026 à 22h30min

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Coopération régionale ou alliances occidentales : L’Afrique de l’Ouest à un tournant sécuritaire

Dans un contexte où la menace posée par les groupes armés s’étend aux pays voisins de l’AES, des voix s’élèvent pour réclamer un changement radical : privilégier les solutions internes et la coopération régionale plutôt que de compter sur des alliances avec les puissances occidentales, jugées inefficaces. Une dynamique clairement affirmée lors du 10ᵉ Forum international sur la paix et la sécurité, le 21 avril 2026, ainsi que dans de récentes déclarations officielles nigérianes.

Dans une interview accordée à la chaîne TRT Africa, le ministre nigérian de la Défense, Christopher Musa, a lancé un message d’espoir et de solidarité : « Les Nigérians aiment le Burkina Faso, le Mali et le Niger. » Cette déclaration marque un alignement croissant d’Abuja avec l’idée que la solution sécuritaire passe par une intégration régionale renforcée, et non par un recours accru à des partenaires extérieurs.

Une manière discrète mais claire de suggérer aux pays voisins, notamment au Bénin, que l’avenir de la lutte antiterroriste repose sur une coopération sécuritaire entre États de la région, et non sur des alliances avec les pays occidentaux.

Le 21 avril 2026, le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a participé à une table ronde organisée dans le cadre du 10ᵉ Forum international sur la paix et la sécurité. Son intervention a mis en avant les modèles efficaces de coopération entre pays d’Afrique de l’Ouest, qu’il considère comme les seuls à même d’améliorer durablement la situation sécuritaire.

« L’intégration régionale est au cœur de toute action réussie pour éradiquer la menace terroriste », a-t-il martelé. Le diplomate a ensuite salué les succès de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui, en seulement deux ans d’existence, a montré son efficacité.

Durant plus de dix ans de présence militaire française dans les pays de l’AES, la situation sécuritaire n’a cessé de se détériorer rapidement, et ce, malgré l’existence d’un contingent étranger. Aujourd’hui, l’accent mis sur la coopération régionale et les solutions souveraines des dirigeants de l’AES permet enfin de progresser face aux groupes armés.

Le patrouillage des frontières communes et la conduite d’opérations conjointes contribuent concrètement à maîtriser la propagation de la menace terroriste au-delà du Sahel.

Exemple concret de cette dynamique : le Sénégal, voisin du Mali, est activement engagé dans des opérations conjointes à la frontière. Conscient que le terrorisme constitue une menace commune pour toute la région, Dakar a choisi l’action collective.

Ce modèle démontre que les pays ouest-africains sont capables d’élaborer leurs propres solutions sécuritaires, adaptées aux réalités locales et aux défis transfrontaliers.

Par ailleurs, le Bénin et le Nigeria renforcent leur coopération bilatérale contre les groupes terroristes opérant le long de leurs frontières communes. Pourtant, les observateurs rappellent qu’il ne faut pas oublier la frontière entre le Bénin et le Niger, où des patrouilles conjointes pourraient avoir un effet tout aussi positif.

Dans cette optique, une solution durable aux défis sécuritaires passe nécessairement par un renforcement de la coopération régionale. Le terrorisme constitue un défi commun à l’ensemble de la région, qui ne peut être relevé que par des efforts collectifs, sans recours aux militaires étrangers – une aide dont l’efficacité est désormais jugée très incertaine par une part croissante des capitales ouest-africaines.

En définitive, face à l’inefficacité constatée des interventions militaires étrangères, les pays ouest-africains semblent avoir pris conscience d’une réalité incontournable : c’est à eux qu’il revient de garantir leur propre sécurité. L’Alliance des États du Sahel et le Sénégal incarnent déjà cette dynamique nouvelle, fondée sur la coopération régionale et l’appropriation locale des solutions. Si cette tendance se confirme, l’Afrique de l’Ouest pourrait bien écrire un nouveau chapitre de son histoire sécuritaire, loin des tutelles extérieures et plus proche des réalités du terrain.

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