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Burkina/Cinéma : Le film « TA Kami les braises » dépeint les conflits d’héritage et les injustices administratives

Publié le dimanche 19 avril 2026 à 13h46min

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Burkina/Cinéma : Le film « TA Kami les braises » dépeint les conflits d’héritage et les injustices administratives

Le Ciné Burkina, en collaboration avec Kanazoé services, a procédé à la projection du long métrage « TA Kami les braises » du réalisateur Kollo Daniel Sanou, dans l’après-midi de ce samedi 18 avril 2026. Entre drame et comédie, cette séance de projection a connu la présence des élèves du Prytanée militaire de Kadiogo, celle de certains acteurs ayant joué dans le film ainsi que des acteurs culturels dont Zougnazagmda et Kisito Koinbré.

Sorti en 2023, ce long métrage de plus d’une heure met en exergue les réalités sociales, notamment les conflits d’héritage, les difficultés qui minent la vie des familles des combattants (veuves et orphelins) et les injustices administratives.

Après le décès de son époux Sogo Sanon dit Tasuma le feu, ancien tirailleur ayant combattu dans les rangs de l’armée française en Indochine et en Algérie, Kièdalo, deuxième épouse du défunt, tente par tous les moyens d’obtenir la pension de réversion. Elle sera confrontée à Dafra, la première épouse de Sogo Sanon, par ailleurs épouse légitime. Cette dernière s’oppose à toute démarche permettant à sa coépouse d’obtenir la pension.

Aperçu de quelques images du film.

Mais, malgré cette rivalité incessante entre les deux épouses, Kièdalo bénéficiera de l’aide inattendue de son beau-fils Dossila Sanon, deuxième fils du défunt, rapatrié d’Europe. Celui-ci réussira à convaincre sa mère. Ensemble, ils feront face aux injustices administratives.

Après trois années d’attente, la famille n’a toujours pas eu gain de cause. C’est ainsi que Dossila demande l’aide de son frère aîné vivant à Abidjan, qui était méconnu de la famille. C’est grâce à lui que la famille Sanon parvient à avoir l’accord du consulat de France. Cependant, cette victoire restera incomplète. Car, même accordée, la pension ne sera pas touchée dans l’immédiat comme l’espérait la famille. À cause des lourdeurs administratives, la famille devrait attendre encore six mois avant d’entrer en possession de ce qui lui revenait. Cette situation a causé le décès de Dafra, qui était alitée faute de moyens pour couvrir ses soins médicaux.

« Un film éducatif qui suscite une prise de conscience »

Ce chef-d’œuvre a été apprécié par les cinéphiles, en l’occurrence les élèves militaires. « Ce film a été éducatif et suscite une prise de conscience. J’aimerais encore découvrir des films semblables, car ce sont des films qui instruisent, qui ne vont pas dans tous les sens mais plutôt centrés sur un thème précis », confie Aguarim Gnamine, représentant des élèves.

Aguarim Gnamine, représentant des élèves, confie que ce long métrage est éducatif.

Selon Zalissa Kanazoé, responsable du Ciné Burkina, l’objectif de cette projection au profit des élèves du Prytanée militaire de Kadiogo s’inscrit dans l’optique de les éduquer, les sensibiliser et les responsabiliser, tout en leur montrant les sacrifices du métier et les injustices possibles.

Zalissa Kanazoé s’exprimant sur l’objet de cette projection cinématographique.

« TA Kami les braises » fait suite au long métrage « Tasuma le feu », étalon de bronze au Fespaco 2005. Yaya Garikoé, lieutenant à la retraite et président national de l’Association unique des anciens combattants, anciens militaires, veuves, orphelins et victimes de guerre (AUACAMVOVG), a fait comprendre que ce film est le portrait craché de ce que vivent les anciens combattants burkinabè ayant combattu aux côtés du colon français vis-à-vis de leur pension après la seconde guerre mondiale.

« Sincèrement, c’est un film qui est très bien vu, parce que les anciens combattants, au niveau de la prairie de France, rencontrent quelques difficultés. Et c’est dû à des comportements que nous ne comprenons pas, parce que ce n’est pas logique. On se dit que lorsque deux personnes, qu’elles soient blanches ou noires, sont sur le même front, quand la guerre cesse, s’il y a des bénéfices à distribuer, en principe chacun doit avoir sa portion. Malheureusement, depuis un certain temps, on a constaté que les Africains, particulièrement les Burkinabè, vivent beaucoup de difficultés pour entrer en possession de leurs dû », a expliqué le président de l’association.

Yaya Garikoé formule le vœu que les jeunes militaires puissent bénéficier des avantages du métier de combattant, une fois à la retraite.

À l’entendre, même si ces jeunes militaires n’ont pas vécu cette cristallisation des pensions, il formule le vœu qu’ils sachent prendre leurs responsabilités à leur tour, afin de jouir pleinement de leur rétribution.

À noter que le chanteur Zougnazagmda était le parrain de cette séance de projection cinématographique.

Muriel Dominique Ouédraogo
Lefaso.net

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