Grand banditisme : 5 ans d’emprisonnement dont 2 ferme pour un jeune de 20 ans
Après la première victime, la deuxième, elle aussi, détaillera les faits la concernant en ces termes : "Ils m’ont demandé la route qui mène à Pissy. Je leur ai expliqué le chemin. L’autre à moto a fait semblant de s’avancer. Celui à l’arrière est descendu, m’a menacé avec une machette avant de me dire de lui filer mon téléphone qui coûte 60.000 francs CFA."
Le procédé utilisé pour la troisième victime ne s’éloigne pas de celui du deuxième. "Quand il m’ont arrêté, celui à l’arrière qui est ici présent m’a dit de lui remettre mon téléphone. Je l’ai supplié de prendre l’argent et laisser mon téléphone. L’autre sur la moto a dit de me machetter. Je leur ai donc remis le téléphone et ils sont partis. Le portable coûte 110.000 francs CFA", a révélé la victime.
Onze ans d’emprisonnement dont sept ferme et quatre de sûreté
Les faits de grand banditisme supposent un vol avec usage d’arme. Tout en montrant que l’infraction est caractérisée en ces éléments matériel, moral et légal, le ministère public a requis une peine d’emprisonnement de onze ans dont sept ferme, 4 ans de sûreté, et une amende de 5 millions francs CFA ferme. Il a aussi requis la confiscation du scellé versé au dossier : la machette.
Les victimes ont, de leurs côtés, juste réclamé les biens qui leur ont été volés. Rien de plus. L’accusé lui, a, dans ses derniers mots, imploré le pardon du Tribunal. "Je suis sincèrement désolé. Je ne vais plus jamais recommencer. Je vais rembourser tout ce qui a été volé. Je demande pardon aux personnes concernées. J’ai fauté. Je ne vais plus jamais recommencer. Je vais désormais travailler pour subvenir à mes besoins ", a-t-il promis.
"Le Tribunal a décidé de vous donner une seconde chance"
Après avoir écouté chaque partie, le Tribunal a condamné l’accusé à 5 ans d’emprisonnement dont 2 ferme, et une amende ferme de 1 million francs CFA ; a reçu les constitutions de partie civile des victimes, en condamnant l’accusé à verser à chacun, à titres de dommages et intérêts, le montant qu’il a souhaité, équivalent à ce qui lui a été retiré lors de l’opération ; a ordonné la confiscation de la machette et fixé la contrainte judiciaire à 6 mois.
"Gifler les gens et les menacer avec une machette, ce n’est pas une vie... Vous êtes jeune. Quand on vous regarde, vous êtes en pleine forme. On sait aussi que vous ne manquez de rien au point de vous adonner à de telles pratiques. Vous encourriez onze ans d’emprisonnement, mais le Tribunal a décidé de vous donner une seconde chance. La vie est dure ! Beaucoup de jeunes souffrent, mais ils restent intègres. On ne veut plus vous revoir ici", a lancé le président du Tribunal.
Erwan Compaoré
Lefaso.net

