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Burkina/ Grand banditisme : "Quand on arrête quelqu’un, on le gifle, on le menace avec la machette, on prend ce qu’il a et on s’enfuit", un accusé à la barre

Publié le vendredi 17 avril 2026 à 11h56min

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Burkina/ Grand banditisme :

Acte de grand banditisme. C’est pour ces faits que Lazard (nom d’emprunt) a comparu devant la chambre criminelle du Tribunal de grande instance (TGI) Ouaga 2, mais en l’absence de son co-accusé, qui s’est évaporé dans la nature. Avec ce dernier, décrit l’accusé âgé de 20 ans, ils dépouillaient leurs victimes de tout ce qu’elles avaient, après les avoir intimidées avec une machette.

"On se remorque à deux, le nommé Abdou (nom d’emprunt) et moi. On se balade dans la ville. Lorsqu’on rencontre une personne, on l’arrête. On la menace à l’aide d’une machette, tout en lui disant de nous donner tout ce qu’elle a sur elle" a décrit l’accusé quant à leur mode opératoire. Les faits qui l’emmènent devant le Tribunal ont été commis dans des quartiers comme Bonheurville et dans les encablures de Pissy.

"Que se passe-t-il lorsque vous arrêtez quelqu’un, et qu’elle refuse de vous donner ce qu’elle a ?", a renvoyé le président du Tribunal. "La plupart de nos victimes n’ont pas résisté... On opérait toujours de la même manière. Quand on arrête quelqu’un, on le gifle, on le menace avec la machette, on prend ce qu’il a et on s’enfuit", a détaillé l’accusé.

Un récit des faits qui ne sera visiblement pas du goût du président du Tribunal, qui estime que pour son jeune âge, 20 ans, il a déjà développé des réflexes assez pernicieux. "Pendant que les gens dorment, vous, votre travail, c’est gifler ceux qui sont dehors, et les voler avec une machette. Selon vous, qu’est ce qu’on doit vous faire ?", a questionné le Tribunal à l’accusé, d’un ton véhément.

L’accusé restera muet comme une carpe pendant un moment, avant de juger qu’il mérite une leçon, mais regrette amèrement ses actes. "On va donc écouter le procureur se prononcer sur ce qu’il pense de votre cas. On le suivra dans ses réquisitions vous concernant. Vous êtes jeune. On ne peut pas accepter que vous vous comportiez de la sorte", a-t-il regretté.

L’accusé soutient avoir été influencé par son co-accusé qui a pris la poudre d’escampette, et soutient avoir rencontré des difficultés, lui qui travaille dans une quincaillerie. En réponse, s’insurgera le président du Tribunal : "Il y a combien de jeunes qui sont comme vous dans ce pays-là. Si chacun devait se comporter comme vous, en giflant les gens en les menaçant avec des machettes tard dans la nuit, est ce qu’on allait vivre tranquillement", s’est exclamé le président.

" Au lieu d’aller travailler, vous passez votre temps à menacer les honnêtes citoyens qui ont travaillé pour avoir ce qu’ils ont. On vous attrape et vous venez dire que vous êtes désolé. Quand vous gifliez les gens là, vous étiez désolé ? Quand vous les menaciez avec la machette, vous étiez désolé ? On va écouter le procureur. Ce qu’il va dire, c’est ce qu’on va vous faire", a lancé le président du Tribunal.

Plus de détails à venir
Erwan Compaoré
Lefaso.net

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