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Région du Yaadga : 10 jeunes incubateurs en pisciculture, accompagnés grâce au projet PESA par l’ONG CORDAID

Publié le vendredi 17 avril 2026 à 21h14min

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Région du Yaadga : 10 jeunes incubateurs en pisciculture, accompagnés grâce au projet PESA par l’ONG CORDAID

Ce jeudi 16 avril 2026, s’est tenu à Ouahigouya, au sein de la Maison d’arrêt et de correction de Ouahigouya, le lancement des activités de l’initiative "Incubation des 10 jeunes hommes et femmes de la région du Yaadga en pisciculture", une action soutenue par le projet PESA. À l’occasion, des équipements leur ont été remis pour un début de leur activité entrepreneuriale. Cette initiative est de l’ONG CORDAID qui la mène en partenariat avec la Fédération nationale des groupements Naam (FNGPN). Le projet est financé par le Royaume des Pays-Bas à travers son ambassade au Burkina Faso, pour la période 2020-2026.

"La forte croissance démographique combinée à la rareté des opportunités d’emploi expose une grande partie de la jeunesse à la précarité économique. Aussi, les femmes, bien qu’elles soient actrices essentielles du développement local, sont également confrontées à des difficultés d’accès aux ressources productives, aux opportunités économiques." Tel est le constat fait par le conseil régional du Yaadga qui, par la voix de sa secrétaire générale, Landrine Zoundi, a, en sus, décliné les motivations d’un projet axé sur la pisciculture.

"Dans la région de Yaadga, le projet couvre quatre provinces, à savoir : le Yaadga, le Yatenga, le Zondoma, le Passoré et le Loroum", Landrine Zoundi

"D’abord, il y a l’existence de potentialités en ressources en eau. Et même si cette ressource est insuffisamment valorisée, nous pensons qu’avec ce projet, on pourra la valoriser. Ensuite, il y a une demande croissante en produits halieutiques. Ces demandes offrent des débouchés économiques pour les incubés. Enfin, cette activité pourra générer des revenus relativement rapides tout en contribuant à l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle", a détaillé Mme Zoundi, ajoutant que le choix des 10 jeunes ne s’est pas fait de façon fortuite.

"A ce jour 314 promoteurs sont accompagnés. Parmi eux, 256 sont actifs dans le grossissement du poisson via les bacs hors sol, les cages flottantes. Karim Zoné

Selon Karim Zoné, représentant du directeur pays de l’ONG Cordaid, partenaire financier, la présente initiative s’inscrit en étroite ligne de leurs priorités. "Cette sollicitation conforte la pertinence de notre projet en parfaite adéquation avec les priorités nationales, en l’occurrence l’offensive agro-pastorale et halieutique. Malgré un potentiel halieutique avéré, le Burkina Faso continue d’importer des volumes importants de poisson alors que la production nationale demeure insuffisante pour couvrir la demande", a-t-il regretté.

"Le projet intervient prioritairement dans les régions de Koulsé, de Goulmou, de Guiriko et de Yaadga avec pour cible principale les jeunes hommes et les femmes"

Pour lui, cette initiative n’est pas seulement une activité économique. C’est, au-delà, un investissement dans le capital humain, dans la jeunesse et dans le leadership féminin. "Elle va se traduire par la formation et l’équipement des 10 jeunes et femmes de la région de Yaadga en techniques modernes et pisciculture ; le renforcement de leurs capacités techniques en entrepreneuriat piscicole ; la facilitation de leur installation qui sera renforcée par un suivi coaching. À terme, l’initiative va contribuer à l’augmentation de la production halieutique locale et à la réduction des importations de poissons sans oublier l’auto-emploi des jeunes, pense-t-il.

"On espère que dans quelques années, nos jeunes pourront embaucher d’autres jeunes et les former", Thomas Yampa

Du côté des bénéficiaires, la conviction que ce projet leur est bénéfique est certaine. "Pour faire la pisciculture, il faut aimer la pisciculture. C’est de base, une passion. Quant aux bénéfices que l’on peut en tirer, ils sont multiples car c’est une activité qui est rentable. En plus, pour un agriculteur, c’est une deuxième source de revenus car l’eau qu’on utilise pour élever les poissons ne sera pas jetée, mais réutilisée dans l’agriculture. On économise donc en eau et on rentabilise deux fois plus", se convainc Gildas Salo, porte-parole des bénéficiaires, parmi lesquels on compte des pensionnaires de la Maison d’arrêt et de correction de Ouahigouya.

Rappelons que la cérémonie de lancement a été présidée par le gouverneur de la région du Yaadga, Thomas Yampa. "C’est une idée qui a été soutenue, défendue et encouragée par la délégation spéciale qui est l’organe délibérant actuellement au sein du conseil régional. Je voudrais dire mes félicitations aux bénéficiaires et leur ajouter que nous avons vraiment espoir que ce petit pas, présage de grandes enjambées", a-t-il lancé avant de remercier le partenaire technique et le conseil régional qui accompagnent la jeunesse et surtout les femmes, à créer des activités génératrices de revenus, entrant dans le cadre de la spécialité de la région.

Erwan Compaoré
Lefaso.net

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