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Diplomatie : L’ambassadeur russe fait le point de la coopération entre son pays et le Burkina

Publié le jeudi 16 avril 2026 à 23h06min

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Diplomatie : L’ambassadeur russe fait le point de la coopération entre son pays et le Burkina

L’ambassadeur de la Fédération de Russie au Burkina Faso, Igor Martynov, a échangé, le mercredi 15 avril 2026 dans l’enceinte de la représentation diplomatique sise à Ouaga 2000, avec des médias. Occasion pour passer au scanner la coopération bilatérale Russie-Burkina Faso, et celle multilatérale Russie-Afrique.

En contre-pied de cette opinion qui s’interroge sur les résultats concrets de la coopération entre la Russie et le Burkina Faso, l’ambassadeur remémore que les accords conclus lors des rencontres entre le président de la Fédération de Russie, Vladmir Poutine, et le président du Faso, Ibrahim Traoré, en 2023 à Saint-Pétersbourg et en 2025 à Moscou, poursuivent leur mise en œuvre.

Mieux, a-t-il souligné, ils se renforcent au quotidien à travers notamment les départements sectoriels. Selon le diplomate, après une trentaine d’années de léthargie, la revitalisation implique la mise en place d’un dispositif, c’est-à-dire des bases juridiques et institutionnelles. Cette étape est, dit-il, ce que représente une fondation pour un immeuble. « Par exemple, les entreprises russes ne peuvent s’installer au Burkina Faso sans un accord sur les investissements », a avancé l’ambassadeur Igor Martynov, rappelant que pas plus tard qu’en février 2026, la Russie et le Burkina ont signé des documents bilatéraux.

Il s’agit de l’accord sur les fondements des relations entre les deux pays ; l’accord portant création de la Commission inter-gouvernementale russo-burkinabè de coopération commerciale, économique, scientifique et technique ; du mémorandum de coopération dans les domaines de la science, des activités scientifiques et techniques et de l’innovation et du mémorandum de coopération dans le domaine de l’enseignement supérieur. La première réunion de la Commission inter-gouvernementale est attendue pour cette année ; elle devra approuver les projets et les axes d’interaction couvrant un large éventail de coopération.

« L’année 2025 a été riche en événements importants : la visite du président Faso, Ibrahim Traoré, à Moscou pour la célébration du 80ᵉ anniversaire de la victoire dans la Grande Guerre patriotique ; la visite de travail de la délégation russe conduite par le ministre de l’Énergie de la Fédération de Russie, S.E. Tsivilev, à Ouagadougou pour discuter des questions de coopération bilatérale. En juillet 2025, la partie russe a remis à la partie burkinabè une aide alimentaire humanitaire d’un volume de 709,5 tonnes de pois jaunes pour un montant de 2,5 millions de dollars US, livrée dans le cadre de la contribution supplémentaire de la Russie au Fonds du Programme alimentaire mondial de l’ONU. Une vidéo-conférence s’est tenue entre les représentants russes et burkinabè des départements sectoriels concernés et des milieux d’affaires sur les projets de coopération bilatérale, ainsi qu’entre les ministres de l’Éducation de la Fédération de Russie et de la Confédération des États du Sahel (AES), sous la présidence du ministre de l’Énergie de Russie, S. E. Tsivilev. Notre mission diplomatique a organisé des réceptions solennelles à l’occasion de la célébration du Jour de la Victoire et de la Journée de la Russie. En l’honneur du 80ᵉ anniversaire de la victoire dans la Grande Guerre patriotique, nous avons mené l’action ‘’Jardin de la Mémoire’’ (plus de 1 000 arbres ont été plantés et offerts). Un événement marquant de la vie culturelle de Ouagadougou a été la prestation du quintette de la Philharmonie d’État de Novossibirsk », a présenté l’ambassadeur russe.

La Fédération de Russie entretient, poursuit-il, une coopération étroite avec les structures compétentes du Burkina concernant la formation des unités spéciales et des unités de l’armée aux techniques du combat moderne. « La coopération militaro-technique se poursuit. Les partenaires burkinabè sont intéressés par l’élargissement de la coopération bilatérale militaire et militaro-technique. Lors des négociations de mai 2025 à Moscou avec le ministre de la défense de la Fédération de Russie, A. R. Belooussov, le chef du département militaire burkinabè, Célestin Simporé, a exprimé sa satisfaction quant à l’interaction russo-burkinabè dans le domaine militaro-technique. Dans le cadre du plan de réforme globale du secteur énergétique du Burkina, la partie russe a proposé à la partie burkinabè un certain nombre de projets substantiels, y compris la construction d’une centrale nucléaire. Le développement sur cette voie progresse conformément à la "feuille de route" approuvée », a déroulé le diplomate, qui ajoute que dans le volet de l’énergie, il y a un projet de construction de deux centrales thermiques.

Pour ce qui est du nucléaire, il a indiqué que six étudiants burkinabè sont actuellement en formation en Russie. Il apprend également l’arrivée au Burkina, dans les jours à venir, d’une équipe de techniciens, pour la prospection de l’environnement et l’identification du site d’implantation. Selon le conférencier, la construction d’une centrale nucléaire est un processus très exigeant, qui demande la satisfaction de plusieurs et diverses conditions.

Sur tout autre volet, la représentation diplomatique a présenté les efforts considérables qu’elle déploie pour promouvoir l’enseignement russe au Burkina. Elle a dans cette vision, en novembre 2025, lancé le Centre de langue russe au sein de l’ONG « Maison Russe », rattaché à l’université pédagogique d’État des sciences humaines de l’Oural du Sud (IouUrGGPU). Cette structure ambitionne de devenir le premier établissement d’enseignement du pays proposant des programmes gratuits d’apprentissage des bases de la langue russe et de préparation des jeunes burkinabè à l’admission dans les universités russes. Des cours gratuits de langue russe sont également dispensés à la « Maison Russe ».

Aussi, le gouvernement russe a, dans le cadre du quota éducatif, augmenté le nombre de places pour les étudiants burkinabè à 67. « Dans nos contacts avec les partenaires burkinabè, nous soulignons à plusieurs reprises que les programmes d’études dans les universités russes sont modernes et pertinents. La partie russe étudie la question de l’organisation de classes d’ingénierie dans les écoles burkinabè, les spécialités techniques étant les plus demandées pour l’économie du Burkina Faso », informe l’ambassadeur.

C’est dans cette volonté de renforcer l’axe Moscou-Ouagadougou que le diplomate Igor Martynov a également informé que les travaux sont en cours pour l’ouverture rapide d’une section consulaire à l’ambassade de Russie à Ouagadougou. Réagissant à des questions sur ce point précis, l’ambassadeur a expliqué que la mise en place d’un consulat, pour l’octroi sur place de visas, nécessite la mise en place d’un dispositif technique et de bien d’autres conditions.

De l’avis de l’ambassadeur, l’ouverture du consulat permettra de raffermir davantage les liens, notamment commerciaux, car, dit-il, le Burkina a beaucoup à exporter vers la Russie. Il cite au passage la tomate, les fruits, le coton, le beurre de karité, la viande de bœuf, la bière, les produits de l’artisanat, etc.
Les échanges du diplomate avec les journalistes ont, au-delà du bilatéral, porté sur le multilatéral, Russie-Afrique .

À ce jour, on compte 45 ambassades russes sur le continent, et quatre autres ouvriront incessamment. « La Russie n’a jamais été une puissance coloniale. Des liens anciens et étroits nous unissent aux Africains. Aujourd’hui, les pays du continent aspirent à surmonter définitivement les séquelles de la dépendance coloniale et à renforcer leur souveraineté nationale, principalement dans les sphères économique et financière », a déclaré l’ambassadeur Igor Martynov, réaffirmant le soutien de son pays au Burkina Faso dans son combat pour la souveraineté totale.

Dans le domaine économique, il est ressorti que le volume total des échanges commerciaux en 2025 a dépassé 27 milliards de dollars. Ce qui représente une progression notable par rapport à la décennie passée, note-t-il. « Les Africains eux-mêmes comptent sur une augmentation des livraisons de produits industriels russes, mais non moins sur leur localisation et la création de productions conjointes et de capacités de transformation sur leur propre territoire. Pour promouvoir les marchandises, les services et les technologies nationaux sur les marchés africains, il semble utile de créer des missions commerciales conjointes, d’organiser des événements de congrès et d’expositions, ainsi que d’établir des hubs logistiques et de marchandises dans des pays pivots, et de participer à des projets de développement des infrastructures industrielles et de transport-logistique », exalte-t-il.m

La coopération dans le domaine de l’éducation et de la formation professionnelle (énergie, construction, ingénierie, agriculture, médecine) acquiert une importance stratégique, confie l’ambassadeur, qui révèle également qu’à ce jour, ce sont 35 000 citoyens de pays africains qui étudient en Russie. « Nous sommes prêts à augmenter le nombre de bourses accordées. Nous considérons comme extrêmement important de maintenir des contacts avec les diplômés de nos établissements d’enseignement supérieur une fois leurs études en Russie terminées ».

O.L.
Lefaso.net

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