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Conflits dans le monde : Le Pape « souligne avec gratitude, le rôle des femmes, souvent premières victimes des préjugés et des violences, mais artisans infatigables de paix »

Publié le jeudi 16 avril 2026 à 22h05min

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Conflits dans le monde : Le Pape « souligne avec gratitude, le rôle des femmes, souvent premières victimes des préjugés et des violences, mais artisans infatigables de paix »

Le Pape, pendant son discours, avec en arrière-plan, le président Paul Biya et son épouse. (Crédit-photo : Actu Cameroun)

Le Pape Léon XIV a entamé, le lundi 13 avril 2026, une tournée africaine avec pour itinéraire, l’Algérie, le Cameroun, l’Angola et la Guinée équatoriale. Au troisième jour de cette visite marquée par l’étape du Cameroun, le Pape a livré un discours, mercredi, 15 avril, dans lequel il a, une fois de plus, interpellé chaque citoyen, en particulier les autorités, sur des sujets cruciaux. Dans son message, le souverain pontife a reconnu « avec gratitude », le rôle des femmes, parfois premières victimes des préjugés et des violences, mais « artisans infatigables » de paix.

C’est au Palais de l’Unité à Yaoundé, aux côtés du président camerounais, Paul Biya, qui a lui également tenu une allocution, que l’illustre hôte a livré son discours, porteur d’interpellations des autorités nationales, africaines, voire à l’échelle mondiale, sur les questions fondamentales de gouvernance, de paix, de dialogue… et de respect des valeurs humaines.

« Aujourd’hui, comme beaucoup d’autres nations, votre pays traverse des épreuves compliquées. Les tensions et les violences qui ont frappé certaines régions du nord-ouest, du sud-ouest et de l’extrême nord ont causé de profondes souffrances : des vies perdues, des familles déplacées, des enfants privés d’école, des jeunes qui ne voient pas d’avenir. Derrière les statistiques, il y a des visages, des histoires, des espérances brisées. Face à des situations aussi dramatiques j’ai, au début de cette année, invité l’humanité à rejeter la logique de la violence et de la guerre, pour embrasser une paix fondée sur l’amour et la justice. Une paix ‘’désarmée’’, c’est-à-dire qui n’est pas fondée sur la peur, la menace ou les armements ; et ‘’désarmante’’, car capable de résoudre les conflits, d’ouvrir les cœurs et de susciter la confiance, l’empathie et l’espérance. La paix ne peut être réduite à un slogan : elle doit s’incarner dans un style, personnel et institutionnel, qui rejette toute forme de violence. C’est pourquoi, je le répète avec force : ‘’Le monde a soif de paix. […]. Assez de guerres, avec leur douloureux cortège de morts, de destructions, d’exilés’’. Ce cri veut être un appel à la volonté de contribuer à une paix authentique, en la faisant passer avant tout intérêt partisan », a décrit le Pape Léon XIV, ajoutant que « la paix, en effet, ne se décrète pas : elle s’accueille et se vit ».

Il rappelle également que la paix est un don de Dieu qui se développe à travers un travail patient et collectif. La paix est aussi de la responsabilité de tous, en premier lieu celle des autorités civiles, et gouverner, c’est aimer son pays, mais aussi les pays voisins, a-t-il relevé.

« Le commandement “aime ton prochain comme toi-même” s’applique également aux relations internationales ! Gouverner, c’est écouter réellement les citoyens, estimer leur intelligence et leur capacité à contribuer à l’élaboration de solutions durables aux problèmes. Le Pape François a souligné la nécessité de dépasser ‘’cette conception des politiques sociales comme une politique envers les pauvres, mais jamais avec les pauvres, jamais pour les pauvres, et encore moins inscrite dans un projet qui rassemble les peuples’’ », interpelle le Pape, pour qui, dans ce changement d’approche, la société civile doit être considérée comme une force vitale pour la cohésion nationale.

« L’autorité publique est appelée à être un pont, et jamais un facteur de division »

« Associations, organisations de femmes et de jeunes, syndicats, ONG humanitaires, chefs traditionnels et religieux : tous jouent un rôle irremplaçable dans la construction de la paix sociale. Ce sont eux les premiers à intervenir lorsque des tensions surgissent ; ce sont eux qui accompagnent les personnes déplacées, soutiennent les victimes, ouvrent des espaces de dialogue et encouragent la médiation locale. Leur proximité avec le terrain permet de comprendre les causes profondes des conflits et d’entrevoir des réponses adaptées. La société civile contribue en outre à former les consciences, à promouvoir la culture du dialogue et le respect des différences. C’est donc en son sein que se prépare un avenir moins exposé à l’incertitude », administre le souverain pontife.

Puis il fait, sous fond d’invite à un devoir de reconnaissances à leur égard, une mention particulière :« Je tiens à souligner avec gratitude le rôle des femmes. Malheureusement, elles sont souvent les premières victimes des préjugés et des violences ; elles restent cependant des artisans infatigables de paix. Leur engagement dans l’éducation, la médiation et la reconstruction du tissu social est sans égal et constitue un frein à la corruption et aux abus de pouvoir. C’est aussi pour cette raison que leur voix doit être pleinement reconnue dans les processus décisionnels ».

L’intervention du Pape Léon XIV a également mis l’accent sur la transparence dans la gestion des ressources publiques et le respect de l’État de droit qui sont, dit-il, essentiels pour rétablir la confiance. « Il est temps d’oser faire un examen de conscience et un saut qualitatif courageux. Que les institutions justes et crédibles deviennent des piliers de la stabilité. L’autorité publique est appelée à être un pont, et jamais un facteur de division, même là où l’insécurité semble régner. La sécurité est une priorité, mais elle doit toujours s’exercer dans le respect des droits de l’homme, en unissant rigueur et grandeur d’âme, avec une attention particulière pour les plus vulnérables. Une paix authentique naît lorsque chacun se sent protégé, écouté et respecté, lorsque la loi est un rempart sûr contre l’arbitraire des plus riches et des plus forts », invite-t-il dans ce mémorable discours qui, au-delà du Cameroun, interpelle à plus d’un titre, l’ensemble des Etats du continent africain.


O.L

Lefaso.net

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