Burkina/Emploi des jeunes : La mine de Kiaka SA mise sur la formation et l’entrepreneuriat local
À Gogo et Niaogho, respectivement dans les provinces du Zoundwéogo et du Boulgou, 180 jeunes issus de ménages affectés par le projet minier de Kiaka SA ont reçu leurs attestations et kits d’installation à l’issue d’un programme de formation professionnelle. Initiée dans le cadre de son programme de restauration de moyens de subsistance, cette action vise à promouvoir l’employabilité et l’auto-emploi des jeunes, tout en contribuant au développement local durable.
Le 14 octobre 2025 à Gogo et le 17 février 2026 à Niaogho, la mine de KIAKA SA, filiale du groupe West African Resources (WAF), a procédé à la remise officielle des attestations et kits d’installation à 180 jeunes bénéficiaires du Programme de Restauration des Moyens de Subsistance (PRMS), marquant ainsi la fin du programme de formation de la première cohorte. Cette initiative s’inscrit dans la politique de responsabilité sociale de l’entreprise et répond aux enjeux de développement socio-économique des communautés impactées par le projet minier.
Le PRMS s’inscrit dans l’axe « renforcement de l’employabilité de la main-d’œuvre et de la dynamique de création d’emploi » de la Stratégie nationale de l’emploi 2025-2029 du Burkina Faso. À travers cette initiative, KIAKA SA ambitionne de développer des compétences locales durables et de créer des opportunités économiques au profit des jeunes issus des ménages affectés par l’implantation de la mine de Kiaka.
Les 180 jeunes formés proviennent de cinq communes réparties entre deux régions. Il s’agit de Niaogho, Béguédo, Boussouma et Garango dans la province du Boulgou (région du Nakanbé), ainsi que de la commune de Gogo dans la région du Nazinon. Cette diversité géographique traduit la volonté d’assurer une équité territoriale dans l’accès aux opportunités de formation et d’accompagner plusieurs zones impactées par l’exploitation minière.
Des objectifs orientés vers l’entrepreneuriat et l’autonomisation
Prévu sur une durée de cinq ans, le programme vise à développer l’esprit entrepreneurial des jeunes à travers le module « Trouvez votre idée d’entreprise » (TRIE) du Bureau international du travail. Il ambitionne également de renforcer leur employabilité en les formant dans des métiers porteurs librement choisis, de réduire leur dépendance à l’emploi minier et de favoriser leur insertion socio-économique.
Le PRMS met un accent particulier sur l’acquisition de compétences de vie et d’éducation financière, indispensables à la réussite d’une activité génératrice de revenus. L’accompagnement est complété par la remise de kits professionnels et un appui-conseil adapté à chaque métier.
Cette première édition du programme, lancée en juillet 2025, s’est déroulée en plusieurs étapes, allant de la mobilisation des jeunes à leur insertion professionnelle. Au total, 200 jeunes ont d’abord été formés au module TRIE pour faciliter un choix éclairé de métier, avant que 180 d’entre eux ne soient retenus et répartis dans 21 filières.
La formation pratique a concerné 173 jeunes sur une durée de trois mois dans divers métiers de service, tandis que sept autres ont bénéficié d’un cycle de six mois, notamment en mécanique automobile, avec six certifiés à l’issue du processus. Parallèlement, les bénéficiaires ont été formés en gestion de microentreprises, en éducation financière et en compétences de vie.
Les formations ont été assurées par le Centre Digital Indicator-TJP de Bobo-Dioulasso, reconnu pour son expertise dans l’accompagnement des zones minières.
Les performances enregistrées témoignent de l’efficacité du programme. Sur les 180 jeunes formés, 167 ont achevé avec succès leur formation de trois mois, tandis que six ont été certifiés en mécanique automobile après six mois, soit un taux de réussite global de 96,11 %.
Moins de quatre mois après la fin des trois mois de formation, plus de 66 jeunes sont déjà installés à leur propre compte, tandis que plus de 40 poursuivent un stage ou un apprentissage de perfectionnement. Les autres sont engagés dans des démarches actives d’insertion professionnelle.
Ces résultats illustrent la pertinence du dispositif mis en place, capable de créer des opportunités économiques concrètes, de réduire la pression liée à l’emploi minier et de favoriser l’autonomisation durable des jeunes.
Le programme a enregistré une participation de 82 % d’hommes contre 18 % de femmes. Bien que cette proportion reste faible, elle marque une avancée significative en matière d’inclusion, notamment dans des métiers traditionnellement masculins tels que la maçonnerie, la soudure, la mécanique ou l’électricité.
S’affirmer dans des secteurs porteurs
Par ailleurs, les filières comme la coiffure, la couture, la pâtisserie ou le secrétariat bureautique ont permis aux jeunes femmes de s’affirmer dans des secteurs porteurs. Le PRMS contribue ainsi à réduire les inégalités de genre, à promouvoir l’autonomisation économique des femmes et à encourager la mixité professionnelle dans les communautés locales.
Au total, 21 métiers ont été enseignés dans le cadre du programme, avec des durées de formation allant de trois à six mois. Il s’agit notamment du carrelage, de la coiffure et du maquillage, de la décoration, de l’aviculture, de la couture, du maraîchage, de l’électricité bâtiment, du froid et de la climatisation, de la mécanique deux-roues et automobile, de la menuiserie bois, de la maçonnerie, de la pâtisserie, de la peinture bâtiment, de la plomberie sanitaire, du secrétariat bureautique et du marketing digital, de la soudure, de la plâtrerie-staff, des télécommunications, de la vitrerie, ainsi que de la vulcanisation et du lavage d’engins.
À travers le PRMS, KIAKA SA entend favoriser l’insertion économique durable des jeunes formés et encourager l’émergence d’artisans et d’entrepreneurs locaux créateurs de valeur. Le programme ambitionne également de contribuer à la réduction du chômage dans les provinces du Boulgou et du Zoundwéogo.
Au-delà de l’emploi, l’initiative participe à la promotion du travail, de la dignité et de l’égalité des chances, tout en renforçant la cohésion sociale au sein des communautés.
Pour le coordonnateur du PRMS, Amidou Ouattara, « nous croyons fermement que ce modèle de formation courte, pratique et orientée résultats, accompagné de kits et d’un appui à l’auto-installation, est une réponse efficace au chômage des jeunes ». S’adressant aux bénéficiaires, il les a exhortés à s’investir pleinement : « Vous avez fait le choix du sacrifice, en pleine saison agricole, pour construire un avenir meilleur. Investissez-vous pleinement, appropriez-vous les savoirs et devenez demain les moteurs du développement de votre région ».
Des acteurs unanimes sur la pertinence du programme
Les bénéficiaires eux-mêmes témoignent de l’impact concret du programme. Ourematou Bara, formée en coiffure et make-up, confie : « Grâce à cette formation, j’ai ouvert mon propre salon de coiffure à Béguédo. J’ai commencé à gagner ma vie et je soutiens ma famille. Je remercie la mine de Kiaka SA ».
Dans le domaine de la menuiserie, Drissa Bamboré affirme : « Avec le kit reçu, j’ai commencé à fabriquer des meubles pour les habitants de ma commune. Je suis fier d’être utile à ma communauté. Le meuble sur lequel je suis assis est une commande que je viens de finir. La personne va passer d’ici ce soir chercher ».
Même satisfaction du côté de Zakaria Compaoré de Nioagho, formé en mécanique automobile : « Je tiens à remercier la mine de Kiaka et le Centre Digital Indicator pour cette opportunité. La formation en mécanique auto m’a permis d’acquérir des compétences solides et pratiques. Aujourd’hui, avec le kit d’installation que je viens de recevoir, je suis prêt à démarrer mon activité. Mon objectif est de créer un atelier qui servira non seulement à subvenir aux besoins de ma famille, mais aussi à offrir des services utiles aux jeunes et aux habitants de ma communauté. Je suis fier de ce parcours et déterminé à aller de l’avant ».
Pour Youssouf Bamogo, bénéficiaire en maraîchage, la formation ouvre des perspectives d’autosuffisance alimentaire : « La formation en maraîchage m’a permis d’apprendre les techniques modernes de culture et d’irrigation. Aujourd’hui, je produis des légumes variés (oignons, choux, aubergines, concombres) à Nagrigré, dans la commune de Gogo. J’ai commencé à vendre progressivement sur le marché local et je sais qu’avec le temps, je pourrai nourrir ma famille grâce à mes propres récoltes. Je suis fier de contribuer à l’autosuffisance alimentaire de ma communauté. »
Les autorités administratives et locales saluent également l’initiative. Le haut-commissaire du Boulgou, Domebeguiré Constantin Dabiré, estime que « ce programme est une réponse concrète aux défis de l’emploi des jeunes dans notre province. Il contribue à la stabilité sociale et au développement local. »
Le président de la délégation spéciale de Niaogho, Karim Sana, parle d’ « une grande fierté » pour la commune. « Voir nos jeunes formés et déjà installés est une grande fierté. Cela démontre que l’avenir de Niaogho repose sur l’entrepreneuriat et la créativité. », dit-il.
Dans la même dynamique, le haut-commissaire du Zoundwéogo, Julien Ouédraogo, souligne le caractère exemplaire de l’initiative, qui selon lui, « montre que l’exploitation minière peut aller de pair avec l’investissement dans le capital humain ».
Tandis qu’Issa Tiendrébéogo, PDS de Gogo, se réjouit de voir que les jeunes ont désormais une alternative crédible à l’emploi minier. « Ils deviennent des acteurs économiques capables de transformer leur commune », salue-t-il ».
Pour Christian Ouédraogo, directeur des affaires corporatives du groupe WAF, « le PRMS illustre notre engagement à bâtir une relation durable avec les communautés. Former et équiper les jeunes, c’est investir dans l’avenir du Burkina Faso ».
Organisé par KIAKA SA, filiale de WAF, avec l’appui de partenaires tels que le ministère en charge de la jeunesse, l’UNP-EFTP, le Centre Digital Indicator-TJP et des structures locales, le programme s’est déroulé du 14 juillet 2025 au 17 février 2026, avec des cérémonies organisées notamment à la mairie de Niaogho et à Gogo.
Cette première édition du PRMS consacre ainsi la réussite d’un dispositif innovant de formation et d’insertion en faveur de 180 jeunes PAP issus de 5 communes. Elle ouvre la voie à une autonomisation durable des jeunes et illustre l’engagement de KIAKA SA et du groupe WAF en faveur du développement local, de la promotion du travail et de l’égalité des chances au Burkina Faso.








