Justice : 20 ans d’emprisonnement ferme pour un accusé coupable des faits d’assassinat sur son neveu
En donnant les raisons pour lesquelles il a tué son neveu, l’accusé rappelait qu’il voulait se venger de son frère, qu’il estime être à l’origine de sa séparation d’avec sa concubine. Son plan, selon ses dires, était de tuer l’enfant, puis se donner la mort par la suite. Dans ses réquisitions, le ministère public est revenu sur les éléments qui fondent sa conviction quant à l’infraction d’assassinat, avant de requérir une peine d’emprisonnement à vie contre l’accusé.
Dans ses réquisitions, le parquet soulignera d’abord que deux éléments doivent être questionnés : dans un premier temps, s’agit-il d’un meurtre ou d’un assassinat ? Selon ses dires, l’accusé à bien muri son projet avant de passer à l’acte. "Il en voulait tellement au père de l’enfant, qu’il a préparé son coup. A l’endroit de son frère, il y avait une sorte de crainte révérentielle... C’est pour cela qu’il s’en est pris à son enfant. Il s’agit donc d’un assassinat", a-t-il estimé.
Dans un second temps, la santé mentale de M. Timbila. "Un expert a conclu qu’il souffrait d’une dépression qui l’emmène à avoir peur des grands changements... Tout le monde souffre de quelque chose, mais cela n’enlève pas en nous cette faculté de raison. Nous ne sommes pas moins incapables de décider par nous mêmes, de distinguer le bien du mal... La question de la santé mentale doit être écartée", a suggéré le ministère public dans ses réquisitions.
Un autre élément, poursuit-il, qu’il faut prendre en considération, c’est l’absence de remord pouvant donner lieu a des circonstances atténuantes. "Nous n’avons pas perçu une quelconque circonstance atténuante. Il a dit qu’il a tué l’enfant et voulait se tuer lui même. A la question de savoir pourquoi il ne s’est pas donné la mort, il nous a fait tourner autour du pot. On comprend que se suicider est difficile", a-t-il conclu.
A la lumière de tout cela, il a requis l’emprisonnement à vie (tel que prévu par les textes pour ce qui est de l’assassinat d’un mineur) ; la confiscation de l’arme du crime et sa destruction ; le décernement d’un mandat de dépôt à l’encontre de l’accusé. Le père de la victime lui, n’a rien réclamé comme dédommagement. Après appréciation des différents éléments, le Tribunal l’a reconnu coupable des faits d’assassinat, puis, condamné à une peine d’emprisonnement de 20 ans ferme ; donné acte à son frère de ne pas se constituer partie civile ; décerné mandat de dépôt.
Erwan Compaoré
Lefaso.net

