Burkina/Finance : Le Trésor public présente sa nouvelle plateforme e-BDT aux ONG et associations
La Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique a officiellement présenté sa plateforme innovante e-BDT (Banque des dépôts du Trésor en ligne), ce jeudi 9 avril 2026, à Ouagadougou. Un outil numérique ambitieux qui entend transformer en profondeur la gestion des dépôts publics et l’accès aux services financiers de l’État. La cérémonie, présidée par le directeur général du Trésor et de la comptabilité publique, Jean-Yves Belem, a rassemblé un parterre d’acteurs clés, notamment des ONG et associations, principaux partenaires du Trésor. La directrice générale adjointe du Trésor public, Kadiatou Oulla/Paré, et le coordonnateur national du Secrétariat permanent des organisations non gouvernementales (SPONG), Bruce Emmanuel Sawadogo, ont marqué de leur présence l’importance de cette étape dans la réforme des finances publiques.
Avec e-BDT, le Trésor public affiche clairement son ambition, celle d’améliorer la qualité de ses services tout en élargissant leur accessibilité. Selon le directeur général du Trésor public, Jean-Yves Belem, la Banque des dépôts du Trésor poursuit des objectifs « multiples et multiformes ». Au-delà des structures publiques traditionnellement clientes, il s’agit désormais d’offrir des services bancaires alternatifs à une frange plus large de la population, notamment celle encore éloignée du système bancaire classique.
Dans un pays où l’accès aux services financiers reste inégal, la forte déconcentration du Trésor apparaît comme un atout stratégique. La digitalisation vient ainsi combler les distances, permettant à un usager, qu’il soit à Ouagadougou ou dans une localité éloignée comme Djibo, d’accéder aux mêmes services avec la même efficacité.
Accessibilité, célérité, transparence
Pour Jean-Yves Belem, e-BDT se distingue par trois principes directeurs clairement assumés. D’abord, l’accessibilité : les usagers peuvent désormais consulter leurs soldes, effectuer des virements et suivre les mouvements de leurs comptes à tout moment, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, à partir de tout appareil connecté. Ensuite, la célérité : en réduisant les délais de traitement et en supprimant les lourdeurs administratives, le Trésor entend fluidifier les opérations financières et améliorer l’expérience utilisateur. Enfin, la transparence : chaque opération est traçable en temps réel, renforçant ainsi la confiance des partenaires et contribuant à une meilleure gouvernance des finances publiques.
Un contexte de réforme structurant
Le lancement de e-BDT s’inscrit dans une dynamique plus large de réforme. En novembre 2025, le gouvernement burkinabè a rendu obligatoire la domiciliation des comptes de disponibilité des ONG et associations auprès de la Banque des dépôts du Trésor. Une mesure structurante qui vise à renforcer la centralisation des fonds publics et à optimiser la gestion de la trésorerie de l’État.
Dans ce contexte, la plateforme numérique apparaît comme un outil d’accompagnement indispensable pour faciliter les transactions des organisations concernées, en leur offrant des solutions pratiques et sécurisées, tout en répondant aux exigences de conformité aux normes bancaires.
Une démarche participative et rassurante
Conscient des enjeux et des éventuelles inquiétudes liées à ces changements, le Trésor public se veut rassurant. Car la présente rencontre a également servi de cadre d’échanges avec les ONG et associations afin de recueillir leurs préoccupations et d’y apporter des réponses adaptées. Jean-Yves Belem a tenu à souligner l’engagement des autorités à accompagner les usagers dans cette transition, en veillant à ce que la mise en œuvre de l’obligation de domiciliation se fasse sans perturber leurs activités.
Avec e-BDT, le Burkina Faso pose les jalons d’une administration financière plus moderne, plus inclusive et plus performante. En rapprochant les services du Trésor des citoyens et des partenaires, cette innovation numérique pourrait bien marquer un tournant décisif dans la gestion des finances publiques.
Au-delà de l’outil, c’est une vision qui se dessine : celle d’un État qui mise sur la technologie pour renforcer l’efficacité, la transparence et la confiance. Un pari audacieux, mais nécessaire, dans un contexte où la gouvernance financière constitue un pilier essentiel du développement.
Hamed Nanéma
Lefaso.net

