Bobo-Dioulasso/Apurement du passif du foncier urbain : Le ministère de la Construction de la patrie lance officiellement l’implantation du site de Kouakoualé dans l’arrondissement nᵒ 5
Les officiels procédant à l’implantation de la première borne du site
Dans le cadre du Programme de restructuration des zones d’habitat spontané et d’apurement du passif du foncier urbain, le secrétaire général adjoint (SGA) du ministère de la Construction de la patrie Yacouba Siko, représentant le ministre Mikaïlou Sidibé, a lancé officiellement l’implantation du site de Kouakoualé dans l’arrondissement nᵒ 5 de Bobo-Dioulasso. La cérémonie dudit lancement a eu lieu à Kouakoualé dans la matinée de ce mardi 7 avril 2026, en présence des ressortissants de la localité.
Régulariser les situations foncières et réduire les conflits liés à l’occupation des terres urbaines pour l’apaisement du climat social. Tel est l’objectif visé par l’apurement du passif du foncier urbain. Selon le directeur général de l’Urbanisme, de la viabilisation de la topographie et coordonnateur du programme de restructuration des zones d’habitat spontané et d’apurement du foncier urbain, Soliman Hamed Ouattara, ce programme a été élaboré depuis 2018. « Afin de régler ce problème de zones d’habitat spontanées et d’apurement du passif, le gouvernement du Burkina Faso a identifié deux sites pilotes, à savoir l’arrondissement nᵒ 5 de Bobo-Dioulasso et l’arrondissement nᵒ 7 de Ouagadougou », a-t-il éclairé.
Il reconnaît que le processus a été long, et sous la houlette des autorités de l’arrondissement, accompagné techniquement par la direction régionale de la construction de la patrie, un site d’environ 1 000 hectares a pu être mobilisé à Kouakoualé. Ce site, précise-t-il, va servir non seulement à dédommager ceux qui ont accepté de céder leurs terres, mais également à régler la question de l’apurement du passif du foncier. Soliman Hamed Ouattara regrette que, depuis plus d’une dizaine d’années, il y ait des opérations de lotissement qui n’ont pas abouti, ce qui, estime le coordonnateur du programme, crée une tension sociale. « Il y a des gens qui sont installés sur des parcelles doublement attribuées, et du coup, cela joue sur le climat social », a-t-il déploré.
Pour insuffler une dynamique, le coordonnateur du programme de restructuration des zones d’habitat spontané et d’apurement du foncier urbain souligne que le ministre de la Construction de la patrie a instruit la Société nationale d’aménagement des terrains urbains (SONATUR) d’accompagner le programme en vue de créer une célérité dans l’atteinte des objectifs. Il rappelle qu’à Kouakoualé, c’est la phase pilote du programme de Bobo-Dioulasso, à l’issue de laquelle le programme va capitaliser et se déployer sur l’ensemble des arrondissements de la ville.
Représentant le ministre de la Construction de la patrie, le SGA Yacouba Siko indique que c’est une opération qui consiste à identifier des sites pour pouvoir installer une certaine population qui a fait l’objet d’un dénombrement par les équipes. Il précise que le site est d’environ 1 000 hectares, pour 10 000 parcelles qui seront définies pour recaser la population en excès des zones qui feront l’objet d’apurement et aussi une partie de la population touchée par les différentes opérations à l’intérieur même de Kouakoualé. Aujourd’hui, souligne le SGA, c’est le début de l’aboutissement d’un processus, qui va prendre fin avec la finition de l’implantation et de l’attribution des parcelles.
Président de la délégation spéciale de l’arrondissement nᵒ 5, Etienne Bako insiste sur le fait que ce n’est pas un lotissement classique où on vient, on lotit et puis les gens viennent postuler. Il précise que cela répond à un besoin de parcelles pour pouvoir apurer. « Quand on dit apurer, ça veut dire qu’il y a un problème. Le problème qu’on a, c’est véritablement les surcharges sur les parcelles, dans les parcelles loties. Vous avez également le non-loti dans certaines zones. Donc, il faut apurer, on veut vraiment tranquilliser, sécuriser les populations qui sont doublement installées sur des parcelles ou triplement même installées sur des parcelles », a-t-il expliqué. Il pense qu’à la fin de l’opération, le processus doit aboutir à une clarification de toute la situation et permettre de reloger chacun pour qu’il puisse vivre effectivement de sa parcelle. Il rappelle qu’il y a eu plusieurs démarches, plusieurs approches auprès du village de Kouakoualé pour trouver une entente avec les propriétaires terriens et avoir un site qui est prêt à accueillir la population dans le cadre de l’apurement du passif du foncier urbain. Au regard de la situation du passif du foncier dans l’arrondissement nᵒ 5, le PDS se félicite que c’est une grande étape de franchie.
« Quand nous regardons le rythme qui est celui du ministère de la Construction de la patrie actuellement, avec ce qui se fait, nous pouvons dire que le bout du tunnel n’est plus loin. Ce n’est plus loin pour peu que nous puissions garder la ligne, que nous puissions continuer avec ce rythme pour qu’à la fin, ceux qui sont installés sur les passages des gens puissent les libérer, ceux qui ont payé aussi, car beaucoup ont contacté des prêts pour pouvoir les payer depuis 2014, mais qui n’arrivent pas à les mettre en valeur », a-t-il espéré. Il saisit l’occasion de saluer les plus hautes autorités du pays, notamment au niveau du ministère de la Construction de la patrie qui a pris en compte ce problème et qui est en train de soulager les populations de l’arrondissement nᵒ 5.
À noter que ce sont des parcelles à usage d’habitation et à usage commercial qui sont prévues sur le site de Kouakoualé.
Djaryigo Diarra
Lefaso.net

