Burkina/Littérature : « Le Saxophone de Parpa », une œuvre familiale en hommage à Jean Célestin Paré
La dédicace de l’œuvre littéraire « Le Saxophone de Parpa » s’est tenue à Ouagadougou le jeudi 2 avril 2026. Il s’agit d’un recueil de 27 nouvelles réparties sur 141 pages.
« Il était à peu près 20 heures, le commandant et son adjoint étaient de passage chez le gendarme de garde, comme cela arrive souvent, surtout en temps de chaleur. Les plaisanteries, dont seuls les militaires ont le secret, se succédaient. Quand un gendarme rit, tous les gendarmes rient. Et ne voilà-t-il pas qu’une foule, composée essentiellement de badauds, s’est mise à déferler sur la brigade. Voyant cette masse humaine les envahir, ordre a été donné à l’agent de service de les tenir à distance et, naturellement, de s’enquérir de l’objet de cette visite. Et l’ordre fut exécuté dans les règles de l’art, comme seuls savent le faire les gendarmes. De quoi s’agissait-il donc, me demanderez-vous ? ».
Il s’agit là d’un extrait du recueil, précisément à la page 71.
« Le Saxophone de Parpa » est le fruit de la collaboration de six membres d’une même famille. Le père, Jean Célestin Paré, fonctionnaire à la retraite décédé en 2024, en est le principal contributeur avec 16 nouvelles. La date du 2 avril 2026 marque d’ailleurs le deuxième anniversaire de sa disparition. Son épouse, Eli Augustine Paré/Kantiono, ainsi que leurs quatre enfants : Marie Pascale Paré, Hermann Bienzi Paré, la chanteuse Flora Paré et Aurélie Kiala Paré complètent la liste des auteurs. À travers cette œuvre, la famille a souhaité lui rendre un hommage posthume. L’ouvrage aborde plusieurs thématiques, notamment les aventures du défunt, la vie familiale, leurs expériences personnelles ainsi que des sujets engagés. « Le Saxophone de Parpa » est publié aux éditions Plum’Afrik.
« C’était notre père adoré. Il a travaillé dans l’administration burkinabè, notamment au ministère de l’Agriculture, en tant que financier. C’était un homme passionné de culture générale et de lecture, qui écoutait beaucoup la radio et accordait une grande importance à la maîtrise du français. Il veillait d’ailleurs à corriger systématiquement les fautes de langue, en particulier dans les médias. C’était également un grand passionné de pêche. Ce livre est un hommage à sa mémoire », a confié, émue, Marie Pascale Paré.
Jean Célestin Paré est né le 11 juillet 1953 à Toma, dans la province du Nayala, région de la Boucle du Mouhoun, au Burkina Faso, où il effectue ses études primaires. Il poursuit ensuite sa formation au Petit Séminaire de Tionkuy, situé à environ 100 kilomètres de sa localité natale, avant de se former à Matourkou, près de Bobo-Dioulasso.Il intègre la fonction publique en 1975 en tant qu’agent technique d’agriculture spécialisé (ATAS) à l’Organisme régional de développement de Koudougou.
Au fil des années, il gravit les échelons grâce à des formations à l’Institut panafricain de développement au Cameroun et à l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM), pour devenir conseiller des affaires économiques. Admis à la retraite en 2013 à l’âge de 60 ans, il choisit de se consacrer pleinement à ses passions, notamment le football, l’élevage de la volaille et surtout la pêche. Très engagé dans la vie associative, il a également œuvré au sein d’INADES-Formation, où il a occupé le poste de président du Conseil d’administration pendant deux mandats, de 2013 à 2019.
Samirah Bationo
Lefaso.net






