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Burkina : L’Agence nationale des évaluations environnementales (ANEVE) lance la campagne d’inspections 2026, plus de 400 établissements classés et sites miniers en ligne de mire

Publié le jeudi 2 avril 2026 à 23h00min

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Burkina : L’Agence nationale des évaluations environnementales (ANEVE) lance la campagne d’inspections 2026, plus de 400 établissements classés et sites miniers en ligne de mire

Dans leur ferme volonté de renforcer le contrôle et le suivi de respect des normes environnementales auprès des entités soumises à ces exigences, les autorités burkinabè ne lésinent sur aucun détail. C’est dans cet état d’esprit que le ministère de l’Agriculture, de l’eau, des ressources animales et halieutiques a, à travers l’Agence nationale des évaluations environnementales (ANEVE), lancé officiellement la campagne nationale d’inspections environnementales des établissements classés et des sociétés minières. La cérémonie a eu lieu le mercredi, 1er avril 2026, sur le site de la mine Bissa Gold SA, dans la région des Koulsé, sous la présidence du ministre délégué chargé des ressources animales, Dr Amadou Dicko.

Par cette campagne nationale, le gouvernement réaffirme donc son attachement à faire de la protection de l’environnement, une exigence sans concession. C’est à la tête d’une délégation composée entre autres de personnes-ressources de l’Agence nationale des évaluations environnementales (ANEVE) et d’autorités locales, dont le gouverneur de la région des Koulsé, que le ministre délégué chargé des ressources animales, Dr Amadou Dicko, est arrivé sur le site de Bissa Gold SA, où attendaient déjà responsables et personnel de la mine.

La cérémonie a été constituée de deux axes-phares. Il s’agit de la présentation de la mine par ses responsables, avec un focus sur la politique santé-sécurité-environnement, et d’une visite sur le parc à résidus pour s’imprégner du dispositif de réhabilitation mis en place.

Le directeur général de l’ANEVE, Ousseini Ouédraogo.

Au cours de cette première partie qui a fait office du lancement officiel à proprement dit, le ministre délégué chargé des ressources animales, Dr Amadou Dicko, a d’abord, au nom du ministre d’Etat, ministre de l’agriculture, de l’eau, des ressources animales et halieutiques, commandant Ismaël Sombié, félicité l’ensemble des acteurs avant de rappeler que cette campagne nationale d’inspections environnementales revêt un caractère stratégique. « C’est un outil qui permet à l’ensemble des acteurs de savoir qu’ils sont en train de produire de la richesse, mais également de protéger l’environnement », a-t-il présenté, relevant que le « gouvernement accorde un intérêt particulier au secteur minier, moteur de notre économie ». Pour Dr Dicko, ce moteur doit donc tourner dans le respect des normes environnementales, pour pouvoir protéger la population riveraine, protéger le cadre de vie et protéger les travailleurs de la mine.

Le responsable santé-sécurité-environnement de Bissa Gold, Paul Ouédraogo.

Selon l’autorité, pour cette campagne 2026, ce sont 400 établissements classés et 19 mines (industrielles et semi-mécanisées) qui seront inspectés « avec toute la rigueur qui sied ». Pour les mines, l’accent sera particulièrement mis sur l’application du plan de réhabilitation et de fermeture, indique-t-il. « Ce doit être un document opérationnel, utilisé de l’exploration à la clôture de la mine, afin que nous puissions préserver l’environnement. Il ne faut pas que notre exploitation minière laisse, des décennies après, un passif énorme au niveau environnemental. Nous allons produire de la richesse, mais également protéger l’environnement », convainc le président de la cérémonie, le ministre délégué, Dr Amadou Dicko.

Le ministre délégué, Dr Amadou Dicko (au micro), avec à sa droite, le gouverneur de la région des Koulsé, Colonel-major Blaise Ouédraogo, lançant officiellement la campagne.

Pour lui, ces inspections doivent être accueillies dans un esprit de partenariat et non comme une contrainte, afin de faire du secteur minier burkinabè, un secteur responsable, exemplaire, qui produit de la richesse dans une dynamique de développement durable. « Ne voyez pas cela comme une contrainte, et pour cette raison, nous allons vraiment appliquer la rigueur de la loi en la matière, tant au niveau des mines que des autres établissements à inspecter », a-t-il lancé aux acteurs avant de relever avec satisfaction dans la présentation de la mine, que les questions d’environnement et de sécurité sont également prises au sérieux.

Le directeur général de Bissa Gold SA, Stephen Oseibempah, présentant la mine à la délégation.

Après avoir déclaré officiellement lancée la campagne d’inspections environnementales 2026, cap a été directement mis sur le parc à résidus de la mine, pour toucher du doigt, la démarche de réhabilitation. Sur les lieux, l’autorité et sa délégation ont exprimé leur admiration pour le travail abattu. Le site se présente avec plusieurs espèces d’arbres minutieusement choisies grâce aux services techniques de l’État, donnant ainsi un paysage forestier.

Vue partielle du site en réhabilitation

Selon le responsable santé-sécurité-environnement de Bissa Gold SA, Paul Ouédraogo, la mine n’attend pas la fin pour commencer la réhabilitation, elle s’est dotée d’une stratégie qui consiste d’ores et déjà à réhabiliter le site. Mieux, elle fait une mise à jour régulière de ses plans de réhabilitation et de fermeture, qu’elle soumet à l’ANEVE pour validation. « En matière de gestion environnementale, nous avons réalisé l’audit réglementaire environnemental. Cet audit a reçu l’avis de conformité environnementale de l’ANEVE, et nous prenons des mesures pour conserver cet avis favorable. (…). Nous avons commencé la réhabilitation de notre parc à résidus. Il y a deux parcs. Le premier parc a été rempli en 2021 et le reboisement a débuté en 2023. C’est vraiment concluant. Actuellement, 42% du parc à résidus est couvert par des plantes et nous projetons, à l’horizon 2028, de couvrir toute la partie qui est pleine, qui représente 29 hectares. Nous avons fait des essais, pour arriver au constat que des plantes comme l’eucalyptus, l’acacias, le prosopis sont des dépolluants. Le travail est fait avec des services techniques de l’État dans la province, qui appuient la mine dans ce sens, avec des espèces adaptées », a expliqué Paul Ouédraogo, ajoutant au passage que Bissa Gold SA contribue également au Fonds de réhabilitation et de fermeture de la mine.

Photo de famille à l’issue de la visite et sur le site, avec en arrière-plan, une vue d’arbres.

C’est fort du constat donc, que le directeur général de l’ANEVE, Ousseini Ouédraogo, a salué l’« énorme effort » consenti par la mine en matière de réhabilitation, l’encourageant alors à maintenir le cap. « Toutes les mines doivent faire l’objet d’une inspection, mines industrielles et mines semi-mécanisées. Vous avez fait le constat avec nous, que Bissa Gold a planté des arbres, qui donnent des résultats très positifs. Donc, elle fait un effort formidable en matière de réhabilitation, on ne peut que l’encourager », a-t-il souligné avant de préciser que dès les jours à venir, les équipes se déploieront sur le terrain, dans le cadre de cette campane d’inspections environnementales 2026.

O.L
Lefaso.net

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