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Burkina : La Confédération paysanne du Faso dresse le bilan d’un projet "Innovations agroécologiques dans la filière oignon"

Publié le mardi 31 mars 2026 à 10h30min

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Burkina : La Confédération paysanne du Faso dresse le bilan d’un projet

La Confédération paysanne du Faso (CPF) tient, ce lundi 30 mars 2026, à Ouagadougou, l’atelier de clôture du projet « Innovations agroécologiques à partir des savoirs endogènes pour le développement de la chaîne de valeur oignon au Burkina Faso ». Cette rencontre réunit les différents acteurs impliqués afin de partager les résultats majeurs, les innovations développées ainsi que les changements induits par la mise en œuvre de cette initiative depuis 2022.

Mis en œuvre dans le cadre du programme « Recherche et innovation en agroécologie menée par les organisations de producteurs pour des systèmes alimentaires durables (FO-RI) », ce projet est le fruit d’une collaboration entre la Confédération paysanne du Faso, l’Union nationale des producteurs d’oignons du Burkina (UNAPOB), l’INERA, l’IRSAT, avec l’appui de l’association

Agriculteurs français et développement international (Afdi).

Le projet a été déployé dans trois provinces : le Bassitenga dans la région du Plateau-Central, le Yatenga dans la région du Nord et le Sanmatenga dans la région du Centre-Nord. Sur le terrain, les activités ont été conduites par l’UNAPOB au profit de 1328 producteurs, dont 863 femmes, soit 70 % des bénéficiaires, avec une participation d’au moins 30 % de jeunes.

Le présidium

Reposant sur une approche participative, l’initiative a valorisé les savoirs locaux et les innovations endogènes. Les organisations paysannes et les structures de recherche ont travaillé en synergie pour développer des pratiques agroécologiques adaptées, visant à améliorer la production et prolonger la conservation des bulbes d’oignons. Cette collaboration a permis d’expérimenter et de diffuser des solutions durables, mieux ancrées dans les réalités des producteurs.

Au-delà des performances techniques, le projet visait également un impact économique. L’objectif principal était d’accroître les revenus des acteurs de la chaîne de valeur oignon grâce à l’adoption de pratiques respectueuses de l’environnement et à une meilleure facilitation de l’accès aux marchés pour les organisations paysannes.

À travers cet atelier de clôture, les parties prenantes entendent capitaliser les acquis, tirer les leçons apprises et envisager les perspectives de mise à l’échelle de ces innovations. Une démarche qui pourrait contribuer durablement à la résilience des systèmes de production agricole et à la sécurité alimentaire au Burkina Faso.
Selon le premier vice-président de la Confédération paysanne du Faso, René Soala, grâce au projet, les membres de l’Union nationale des producteurs d’oignons ont un itinéraire précis pour la production de l’oignon de conservation, de qualité.

Il a indiqué que c’était l’objectif recherché par les membres de l’union nationale. « Ce programme s’inscrit dans une vision commune : bâtir une agriculture qui nous ressemble, qui valorise nos ressources locales et nos savoirs endogènes, et qui se construit avec les producteurs eux-mêmes, à partir de leurs contraintes et de leur expérience. Cette ambition rejoint pleinement la vision portée par la Confédération Paysanne du Faso depuis sa création en 2002 qui est de promouvoir une agriculture familiale et durable, ancrée dans nos ressources et nos connaissances locales, afin de garantir la souveraineté alimentaire au Burkina Faso. À travers ce projet, nous avons démontré que l’agroécologie n’est pas une mode passagère, mais une nécessité stratégique. Elle permet de réduire les coûts de production, d’accroître l’autonomie des exploitations familiales et de renforcer leur résilience face au changement climatique », a indiqué M Soala.

Le premier vice-président de la Confédération paysanne du Faso, René Soala

Le représentant du secrétaire général du ministère en charge de l’Agriculture, Alex Landry Millogo, a rappelé que grâce aux efforts des producteurs et des partenaires, le Burkina Faso est devenu le deuxième pays exportateur d’oignons de l’Afrique de l’Ouest.

« Le Burkina Faso est devenu à ce jour le deuxième exportateur d’oignon en Afrique de l’Ouest après le Niger et a connu une augmentation de sa production d’oignons au cours des dix dernières années, passant de 242 258 tonnes en 2016 à 362 480 tonnes en 2018. En 2025, la production d’oignon est estimée à plus de 750 000 tonnes. La production d’oignons bulbes représente plus de 40% des superficies maraîchères générant un chiffre d’affaires d’environ 123,68 milliards de FCFA en 2019, soit 45% de la valeur totale des ventes des principales cultures maraichères. Les recettes d’exportation d’oignon bulbe varient entre 150 et 245 millions de FCFA selon les années », a fait savoir le représentant du secrétaire général du ministère de l’Agriculture.

Le président de l’Union provinciale des producteurs d’oignons de la province du Yatenga, Hamidou Ouédraogo

Cependant, il a reconnu que malgré les progrès, les producteurs d’oignons font face à plusieurs difficultés dont celles d’assurer une production de qualité et qui se conserve longtemps, l’insuffisance d’infrastructures de stockages et de conservation, l’insuffisance ou le tarissement précoce des points d’eau, la disponibilité des intrants (semences et engrais). Ce qui fait que les producteurs sont alors contraints de vendre rapidement et parfois de brader leur production pour faire face aux besoins urgents lors des récoltes. Avec ce projet, il reste convaincu que les difficultés des producteurs d’oignons seront bientôt un mauvais souvenir.

Le président de l’union provinciale des producteurs d’oignons du Yatenga, Hamidou Oeudraogo, dit qu’avec la mise en œuvre de ce projet, les producteurs du Yatenga utilisent les engrais naturels, ce qui leur permet d’avoir des produits de qualité mais aussi un bon rendement. Il a promis être un relais du projet pour permettre aux producteurs qui n’ont pas bénéficié du projet d’apprendre les nouvelles techniques pour booster leurs productions.

Rama Diallo
Lefaso.net

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