Paix Sahel : Les conférences épiscopales s’engagent
Ce jeudi 26 mars 2026, a eu lieu au centre international de conférence de Bamako (CICB), l’ouverture officielle du Forum régional de plaidoyer et de mobilisation de ressources en faveur de la paix. La cérémonie d’ouverture était présidée par le ministre malien des Affaires religieuses et du Culte, Mahamadou Koné.
Placée sous le thème « La paix au Sahel et en Afrique de l’Ouest : un appel des leaders religieux et traditionnels à la cohésion sociale par l’action collective », cette rencontre réunit des acteurs clés engagés pour la paix et la stabilité dans la sous-région.
« Les autorités de l’AES attendent beaucoup de vos contributions, et je sais que nous pouvons compter sur vous pour aider nos Etats à plus de cohésion, gage d’une paix durable », a dit le ministre.
De son côté, Monseigneur Augustin Traoré, représentant du Président de la conférence épiscopale du Mali dira que l’Eglise ne manquera pas de faire des propositions et des recommandations pertinentes pour la résolution de la crise au Sahel ».
Ce forum s’inscrit dans le cadre de l’Initiative Paix au Sahel (SPI), soutenue techniquement et financièrement par Catholic Relief Services. Le projet mobilise un réseau de conférences épiscopales de cinq pays : Mali, Burkina-Faso, Niger, Côte-d’Ivoire et Ghana autour d’un objectif commun : promouvoir le développement humain intégral, renforcer la cohésion sociale et contribuer à une paix durable en Afrique de l’Ouest.
Philippe Cardinal Ouedraogo, Archevêque émérite de Ouagadougou, pour sa part dira : « Ce forum ne doit pas être compris comme une simple rencontre de plus. Il s’inscrit dans un chemin, un dynamisme. Il s’inscrit dans une mémoire. Il s’inscrit surtout dans une responsabilité que nous ne pouvons pas abandonner ».
« Le jour se lèvera ! Il se lèvera non pas par facilité, ni par simple désir, mais parce que des femmes et des hommes accepteront de tenir leur place et de jouer leur rôle. Il se lèvera si nous restons fidèles à ce que nous avons reçu comme mission. Il se lèvera si nous faisons preuve de courage, de constance, de lucidité et de solidarité.
L’Église, pour sa part, sait qu’elle ne remplace ni les États, ni les institutions publiques, ni les responsabilités politiques. Telle n’est pas sa vocation. Mais elle sait aussi qu’elle ne peut pas détourner le regard lorsque la dignité humaine est blessée, lorsque les pauvres paient le prix le plus lourd, lorsque les liens de fraternité se défont, lorsque l’espérance se fragilise.
« Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, les pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du christ et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leurs cœurs ». (Cf. Gaudium et Spes, 1) », a ajouté le prélat avant de conclure ; « A la suite de Martin Luther King nous sommes appelés à rêver ensemble, car « lorsque je rêve tout seul, c’est un rêve. Mais lorsque tous rêvent de la même chose, c’est la réalité » (cf. I have a dream, Washington ,28 Août 1963)
Alors, allons donc de l’avant, jamais en arrière, toujours en eau profonde- DUC IN ALTUM - pour l’émergence de communautés humaines reconciliées dans la justice, dans la paix véritable et durable.
Kouressi Cissé (correspondance particulière)



