Burkina/Cinéma : « Burkindi Diaspora Tours Acte 1 » ou la découverte des Burkinabè de Chine
La projection officielle du film documentaire « Burkindi Diaspora Tours Acte 1 » de la réalisatrice burkinabè Alima Ouédraogo a eu lieu le mardi 24 mars 2026 à Ouagadougou. À travers des témoignages authentiques, l’œuvre met en lumière les parcours, les défis et les contributions de la diaspora burkinabè vivant en Chine.
Ce film documentaire d’une durée d’environ 1h30mn, propose un regard immersif sur la vie des Burkinabè installés en Chine, entre résilience, ambition et attachement à la mère patrie.
Présenté dans une ambiance empreinte d’émotion, « Burkindi Diaspora Tours Acte 1 » se veut bien plus qu’un simple documentaire. Pour la réalisatrice, il s’agit d’un projet profondément engagé. « Ce documentaire est né d’une conviction simple mais puissante. Où qu’il se trouve dans le monde, le Burkinabè porte en lui une part vivante de la nation », a déclaré Alima Ouédraogo lors de son allocution.
À travers cette œuvre tournée en Chine, elle ambitionne de donner une visibilité à une diaspora « laborieuse, résiliente et entreprenante », souvent discrète mais essentielle dans le développement socio-économique du Burkina Faso. Pour elle, la diaspora ne saurait être perçue comme périphérique, mais plutôt comme « une extension dynamique, un levier stratégique pour la nation ».
Le film s’appuie sur une série de témoignages d’étudiants, d’entrepreneurs et de travailleurs burkinabè vivant en Chine. Tous racontent leur quotidien, leurs défis, mais aussi leurs réussites dans un environnement exigeant.
Réalisé en trois semaines de tournage intensif, après une année de préparation, le documentaire met en lumière des trajectoires humaines marquées par la persévérance et le patriotisme. « Ils vivent Burkinabè, même à des milliers de kilomètres », souligne la réalisatrice, qui affirme ne pas s’être sentie en terre étrangère grâce à la solidarité de ses compatriotes.
Présent à la projection, le parrain Mohamed Compaoré, membre de la diaspora burkinabè en Chine depuis plus d’une décennie, a salué une initiative « inédite » et porteuse de fierté.
Selon lui, la communauté burkinabè en Chine est structurée autour d’associations et de réseaux d’entraide facilitant l’intégration des nouveaux arrivants. « C’est comme une vie de famille », explique-t-il, insistant sur l’importance de la discipline, de l’honnêteté et de la droiture pour réussir dans ce pays.
Il rappelle également que l’image du Burkina Faso à l’étranger repose en grande partie sur le comportement de ses ressortissants. « L’éducation que nous avons reçue ici nous suit partout », affirme-t-il.
Les autorités présentes à la projection n’ont pas manqué de saluer la qualité du travail. Le chargé de mission du ministère des Affaires étrangères, Pascal Gouba, a qualifié le film de « très riche en enseignements », mettant en avant sa capacité à illustrer les contributions concrètes de la diaspora.
Il a également souligné que ce documentaire reflète la qualité des relations entre la Chine et les pays africains, évoquant une coopération « riche et dynamique ».
De son côté, Antarest Batiana, président de la délégation spéciale de Komsilga, a salué « un acte de mémoire et de valorisation », encourageant la réalisatrice à poursuivre cette initiative. Il a d’ailleurs exprimé le souhait de voir un « Acte 2 », potentiellement dans un autre pays.
Au-delà du témoignage, le film se veut aussi un appel. Celui de mieux reconnaître la place de la diaspora dans la construction nationale et de renforcer les liens entre les Burkinabè de l’intérieur et ceux de l’extérieur.
La réalisatrice envisage déjà la suite du projet, avec d’autres destinations comme la Côte d’Ivoire ou l’Italie, dans l’optique de poursuivre cette démarche de valorisation.
Elle souhaite également organiser des projections au profit des étudiants et des jeunes entrepreneurs, afin d’inspirer une nouvelle génération à travers ces parcours de réussite.
« Burkindi Diaspora Tours Acte 1 » se présente comme une première étape dans un projet plus vaste de documentation de la diaspora burkinabè.
« Ce film ouvre une lucarne, amorce une conversation », a conclu Alima Ouédraogo, invitant le public à porter un regard nouveau sur ces Burkinabè de l’extérieur, acteurs à part entière du développement national.
À travers cette immersion, la réalisatrice signe une œuvre à la fois humaine et engagée, qui met en lumière une diaspora souvent méconnue, mais résolument tournée vers son pays d’origine.
Anita Mireille Zongo
Lefaso.net






