Burkina : Un bouli multi-usages pour renforcer la résilience des ménages dans le village de Soundogo
Une mission conjointe de suivi de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), du ministère en charge de l’Agriculture, de l’ambassadeur de la Belgique et du chargé d’affaires des Pays-Bas s’est rendue ce vendredi 13 mars 2026 dans la région des Koulsé. Cette visite de terrain visait à constater l’état d’avancement de plusieurs réalisations destinées à renforcer la résilience des populations face aux effets du changement climatique.
La délégation a visité deux sites, notamment le village de Soundogo et la ferme agroécologique de Korsimoro. À Soundogo, la FAO et ses partenaires mettent en œuvre un bouli (retenue d’eau) à multi-usages destiné à améliorer l’accès à l’eau et à soutenir les activités économiques des populations. Sur ce site, un château d’eau est en cours de construction et un bosquet de plantes médicinales a également été aménagé. Ces infrastructures devraient contribuer à améliorer les conditions de vie des habitants tout en favorisant des activités génératrices de revenus. Pour propulser Soundogo vers un développement durable grâce à l’accompagnement de la FAO, les populations se sont organisées en association pour mener certains travaux et trouver des solutions endogènes à leurs préoccupations.
La mission s’est ensuite rendue à la ferme agroécologique de Korsimoro où un hectare a été aménagé au profit de 19 ménages. Sur ce site, plusieurs activités intégrées sont développées, notamment l’apiculture, l’aviculture, la pisciculture, le maraîchage, l’arboriculture ainsi que l’élevage de petits et de gros ruminants. Cette approche vise à diversifier les sources de revenus des ménages et à renforcer leurs capacités d’adaptation aux aléas climatiques.
Ces réalisations s’inscrivent dans le cadre du projet « Renforcement de la résilience des ménages vulnérables face aux effets néfastes du changement climatique par les boulis multi-usages dans les régions du Yaadga, des Koulsé et du Liptako ».
Le représentant de la FAO au Burkina, Ernest-Moïse Mushekuru, a rappelé l’importance de la disponibilité de l’eau pour une bonne production agricole.
« On ne peut pas pratiquer l’agriculture si on n’a pas d’eau. Dans le contexte sahélien, l’eau demeure un gros défi. J’ai eu le plaisir d’être dans la ferme il y a quelques jours et j’ai constaté que le gros défi était l’accès à l’eau. Aujourd’hui, avec ce forage, ils pourront produire davantage de légumes et mener à bien la pisciculture. Ce qui va permettre d’accroître les revenus des ménages impliqués. Donc, on se focalise sur la mobilisation des eaux. Ensuite, on travaille avec les communautés sur le renforcement des capacités », a-t-il indiqué. Le représentant de la FAO a rassuré que certains acteurs locaux seront formés pour assurer l’entretien des infrastructures. Il a par ailleurs invité les communautés à s’organiser pour mieux prendre soin des réalisations afin de pérenniser les acquis.
Pour Jean-Marie Batiébo, conseiller technique du ministre délégué en charge des ressources animales, représentant son ministre, ces réalisations sont des investissements durables et intégrés. Ce qui est important quand on veut faire une production agricole durable. « J’ai vu des populations qui sont véritablement engagées dans le développement local. Et qui inventent des solutions locales par elles-mêmes. Ces actions vont en droite ligne avec ce que le gouvernement veut implanter. C’est-à-dire le développement endogène. C’est un exemple assez édifiant. Si les choses se passent selon la volonté des populations et avec leur engagement, les appuis qui vont venir vont asseoir durablement le développement », a souligné le représentant du ministre délégué en charge des ressources animales.
Tout comme le conseiller technique, l’ambassadeur de la Belgique, Erwin De Wandel, dit être impressionné par le dévouement des populations. « Je suis assez impressionné par l’engagement des populations. Ces boulis que nous réalisons vont contribuer à l’autonomie alimentaire. Ce qui est une priorité du gouvernement. Nous espérons que cela va contribuer à la commercialisation des produits agricoles de ces sites. Si c’est le cas, ces sites pourront servir d’exemple et cela pourrait être dupliqué dans d’autres localités », a indiqué M. De Wandel.
Le président du Conseil villageois de développement (CVD) de Soundogo, Sidiki Soulga, a exprimé sa reconnaissance à l’endroit des acteurs du projet. Selon lui, la question de l’accès à l’eau constituait l’une des principales difficultés du village. « Nous étions dans la souffrance. Nous n’avions pas d’eau potable et il était difficile d’abreuver nos animaux. Grâce à la FAO et à ses partenaires, cette souffrance est un mauvais souvenir. Nous avons désormais un bosquet de plantes médicinales et nous aurons dans les jours à venir un bouli multi-usages ainsi qu’un forage. Ces réalisations viennent réduire la vulnérabilité de la population du village et des villages environnants », a-t-il confié.
Pour lui, ces infrastructures permettront non seulement de faciliter l’accès à l’eau, mais aussi de développer des activités génératrices de revenus comme le maraîchage, contribuant ainsi au développement du village et à l’autonomisation des femmes et des jeunes.
Rama Diallo
Lefaso.net






