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Santé au Burkina Faso : Le gouvernement évalue les performances 2025 et trace les priorités 2026-2030

Publié le vendredi 13 mars 2026 à 22h48min

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Santé au Burkina Faso : Le gouvernement évalue les performances 2025 et trace les priorités 2026-2030

Le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, a présidé la cérémonie d’ouverture de la première session ordinaire 2026 du Cadre sectoriel de dialogue (CSD) santé, ce vendredi 13 mars, à Ouagadougou. La rencontre s’est déroulée en présence du ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Adjima Thiombiano, ainsi que de nombreux acteurs impliqués dans la planification et la gouvernance du système de la santé.

Le secteur de la santé burkinabè marque une étape importante dans l’évaluation de ses performances et la planification de ses actions futures. Cette session constitue en effet un moment clé pour les acteurs du secteur, appelés à examiner le rapport de performance 2025, à dresser le bilan consolidé de la mise en œuvre de la Politique nationale de développement (PND) sur la période 2021-2025, et à discuter du plan d’action sectoriel pour les cinq prochaines années.

Le ministre de la Santé a rappelé que les revues sectorielles annuelles constituent des espaces privilégiés d’évaluation et d’orientation des politiques publiques. « La session qui nous réunit aujourd’hui revêt une importance particulière. Il s’agit pour les acteurs de rendre compte, d’observer ce moment stratégique de redevabilité, d’apprentissage collectif et de projection vers l’avenir », a souligné Robert Lucien Jean-Claude Kargougou.

Le Cadre sectoriel de dialogue santé rassemble plusieurs départements ministériels dont les interventions influencent directement ou indirectement l’état de santé des populations. Il intègre notamment les domaines de la santé, de l’action humanitaire, de l’agriculture, de l’environnement, de la recherche scientifique et du sport. Cette approche multisectorielle traduit la volonté du gouvernement de prendre en compte les déterminants sociaux, économiques et environnementaux de la santé, dans le but d’améliorer durablement le bien-être des populations.

Des avancées notables dans le système de santé

Le bilan présenté au cours de cette session met en lumière plusieurs progrès enregistrés au cours de l’année 2025 dans le cadre de la mise en œuvre de la Politique nationale de développement. Ainsi, dans le domaine des infrastructures et du renforcement du plateau technique, plusieurs réalisations majeures ont permis d’améliorer l’offre de soins hospitaliers. Parmi celles-ci figurent notamment la mise en service de l’hôpital de Pala à Bobo-Dioulasso, l’ouverture du centre d’hémodialyse de Gaoua et celle du centre de radiothérapie de Bobo-Dioulasso.

« Ensemble, poursuivons nos efforts pour garantir à chaque Burkinabè le droit fondamental à la santé et pour bâtir un secteur de santé plus résilient, plus inclusif et plus performant », Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, ministre de la Santé

Ces nouvelles infrastructures contribuent à rapprocher les services spécialisés des populations et à réduire les évacuations sanitaires vers l’étranger. D’importantes avancées ont également été enregistrées dans la prise en charge des pathologies complexes. La chirurgie cardiaque au Centre hospitalier universitaire de Tengandogo a permis la prise en charge de 162 patients, tandis qu’une première transplantation rénale y a été réalisée avec succès le 29 juillet 2025. L’offre de soins en hémodialyse a par ailleurs été renforcée, avec 303 séances réalisées dans sept centres à travers le pays.

38 500 dépistages du cancer du col de l’utérus

La prévention et la détection précoce des cancers féminins ont également fait l’objet d’efforts soutenus. Grâce au déploiement de cliniques mobiles, plus de 95 000 femmes ont été sensibilisées aux risques liés aux cancers du sein et du col de l’utérus. Ces campagnes ont permis la réalisation de 18 200 écho-mammographies et de 38 500 dépistages du cancer du col de l’utérus, contribuant ainsi à améliorer la détection précoce de ces maladies.

Le renforcement des ressources humaines constitue également un axe majeur de la politique sanitaire. À ce titre, le gouvernement a lancé le plan 1000x5, qui prévoit la spécialisation de 1790 médecins, 171 pharmaciens, 40 chirurgiens-dentistes et 2096 paramédicaux. En parallèle, l’Initiative présidentielle pour la santé poursuit sa mise en œuvre avec le démarrage de 25 Centres médicaux communaux (CMC) sur les 55 prévus.

La modernisation du système de santé passe aussi par la transformation numérique. La digitalisation de la gratuité des soins, à travers la facturation individuelle des soins gratuits (FIS) et la plateforme E-Flux financier, vise à améliorer la transparence, la traçabilité et l’efficacité dans la gestion des ressources publiques, tout en renforçant la protection financière des ménages.

Des participants à la première session ordinaire 2026 du Cadre sectoriel de dialogue santé

Une nouvelle phase avec le Plan de RELANCE 2026-2030

L’année 2025 marque la fin du cycle de mise en œuvre de la Politique nationale de développement 2021-2025. Elle ouvre également une nouvelle phase avec l’adoption, en janvier 2026, du Plan national de développement 2026-2030, baptisé « Plan de RELANCE ». Ce nouveau référentiel stratégique vise à impulser un développement socioéconomique endogène et inclusif fondé sur l’engagement patriotique, la souveraineté nationale et la consolidation de la paix.

Dans ce cadre, le secteur de la santé occupe une place centrale à travers le pilier 3, à savoir « Développer le capital humain », notamment via le programme consacré à la santé et à la nutrition. L’ambition affichée du gouvernement est de garantir un accès équitable à des services de santé de qualité, de renforcer la souveraineté pharmaceutique et d’améliorer durablement l’état nutritionnel des populations, en particulier celui des femmes et des enfants.

Des défis encore importants

Malgré les progrès enregistrés, plusieurs défis restent à relever pour la période 2026-2030. Il s’agit notamment d’améliorer l’accès équitable aux soins, de renforcer les ressources humaines en santé, d’assurer la disponibilité durable des produits de santé, de réduire la charge financière des ménages et de lutter plus efficacement contre la malnutrition.

À cet effet, le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, a indiqué que l’année 2026 sera consacrée en priorité à la consolidation des acquis enregistrés en 2025 dans plusieurs domaines stratégiques du système sanitaire. Parmi les chantiers majeurs figure le renforcement de la chirurgie cardiaque, dont les avancées enregistrées ces dernières années ouvrent la voie à des perspectives encore plus ambitieuses. Dans cette dynamique, l’Initiative présidentielle pour la santé prévoit la construction d’un Institut du cœur, un projet structurant dont les travaux préparatoires sont déjà bien avancés.

Selon le ministre, l’année 2026 pourrait ainsi être marquée par la pose de la première pierre de cet établissement spécialisé. Par ailleurs, le gouvernement entend poursuivre le vaste programme de construction de neuf centres hospitaliers régionaux universitaires (CHRU) annoncé par les plus hautes autorités du pays. Ce projet d’envergure nationale devrait débuter par la ville de Fada N’Gourma et constitue l’une des priorités du département de la Santé pour améliorer l’accès des populations à des soins spécialisés de qualité.

L’année 2026 devrait également être marquée par l’extension de l’offre d’hémodialyse afin de rapprocher davantage ces soins spécialisés des patients souffrant d’insuffisance rénale. Dans cette perspective, plusieurs centres d’hémodialyse seront mis en service, notamment au Centre hospitalier régional universitaire de Fada N’Gourma ainsi que dans les centres hospitaliers régionaux de Dori, Dédougou et Banfora.

Les ministres en charge de la Santé et de la Recherche ont immortalisé l’événement par une photo de famille aux côtés notamment des acteurs des secteurs sanitaire et humanitaire

Le ministre a également rappelé la baisse significative du nombre de cas de paludisme observée en 2025, une tendance que le gouvernement entend consolider à travers la mise en œuvre d’actions novatrices pour poursuivre la réduction des cas et des décès liés à cette maladie. Dans le même élan, des efforts seront maintenus pour garantir la disponibilité des services de santé et de nutrition dans les zones confrontées à des défis sécuritaires.

Enfin, l’année 2026 devrait connaître des avancées importantes dans l’apurement du passif social au sein de l’Agence nationale de gestion des soins de santé primaire, une question sur laquelle le ministère de la Santé travaille en étroite collaboration avec les départements en charge des Finances et des Serviteurs du peuple, conformément aux instructions des plus hautes autorités de l’État. Pour Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, ces défis pourront être relevés grâce à une planification rigoureuse, à un système de suivi-évaluation performant et à l’engagement collectif de tous les acteurs.

Cette rencontre se veut ainsi un moment stratégique de concertation et de réflexion collective pour consolider les acquis et tracer la voie d’un système de santé plus solide au service des populations.

Hamed Nanéma
Lefaso.net

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