Université Joseph Ki-Zerbo : 454 doctorants font leur rentrée
L’université Joseph Ki-Zerbo a organisé, ce jeudi 12 mars 2026 à Ouagadougou, la cérémonie de rentrée académique de ses doctorants. La rencontre s’est tenue au sein de l’université sous la présidence du président de l’institution, Pr Antoine Bere et sous le patronage du Pr Jean François Kobiané.
Cette deuxième édition de la rentrée académique des doctorants est placée sous le thème : « Publier des articles scientifiques et rédiger sa thèse : clés pour optimiser la performance académique ». L’objectif de cette initiative est d’accompagner les nouveaux doctorants dans leur parcours de recherche et de leur fournir les outils nécessaires pour réussir leur formation doctorale.
Pour cette année académique, 454 doctorants ont été admis à l’université Joseph Ki-Zerbo. Parmi eux, 20,70 % sont des femmes, un chiffre qui illustre la présence progressive des femmes dans la recherche scientifique, même si des efforts restent à faire pour améliorer leur représentativité.
Selon le président de l’université Joseph Ki-Zerbo, Pr Antoine Bere, cette cérémonie symbolise le renouvellement de l’engagement collectif en faveur de la production de connaissances et de l’innovation scientifique au service du développement du pays. « Elle marque également le lieu de passage de flambeau de génération en génération. Nos sociétés ont besoin d’esprit critique, de chercheurs engagés et des scientifiques capables d’apporter des réponses pertinentes aux défis contemporains. L’université Joseph Ki-Zerbo place la recherche au cœur de sa mission sociétale. Notre ambition est de former des générations de chercheurs capables de produire des connaissances utiles, pertinentes, reconnues au niveau national et international », a-t-il indiqué.
Parrain de la cérémonie, Jean François Kobiané a invité les nouveaux doctorants à faire preuve de rigueur et d’engagement afin de terminer leurs thèses dans le délai réglementaire de trois ans. Selon lui, certains retards observés dans les parcours doctoraux sont parfois liés au manque d’assiduité de certains étudiants et au non-respect du protocole de travail établi avec leurs encadreurs. « Soyez assidus dans votre parcours doctoral notamment en terme de respect du chronogramme de réalisation de votre recherche doctorale qui bien sûr peut connaître des adaptations au fil du temps mais bien sûr en interaction avec votre directeur de thèse et votre comité d’encadrement. S’il vous plaît, évitez d’être ces doctorants qui disparaissent des mois voire des années et qui, un beau jour, réalisent qu’ils sont des doctorants, donc, réapparaissent pour mettre la pression sur leur directeur de thèse. Je dis toujours à mes doctorants, vous ne pouvez pas disparaître pendant des mois et revenir me donner un document pour que je vous fasse un retour en deux, trois semaines voire un mois comme si je vous attendais. Tenez compte que vos encadreurs ont de multiples occupations », a dit le parrain à ses filleuls.
Il a exhorté les doctorants à avoir de la curiosité scientifique et à rester humble. « La première qualité ou valeur que doit observer un chercheur, un scientifique, c’est l’humilité. Vous devez être non seulement dans une disposition d’apprendre continuellement et d’aller au-delà de vos limites mais aussi être disposé à accepter les critiques, celles venant de votre directeur de thèse ou d’autres enseignants-chercheurs et chercheurs avec lesquels vous aurez à interagir. C’est pour pouvoir vous permettre d’apporter quelque chose d’original et crédible dans la communauté scientifique. Ne vous limitez pas uniquement aux travaux dans votre discipline, cherchez à prendre les résultats des travaux sur votre sujet de thèse dans les autres disciplines. L’interdisciplinarité permet de croiser les approches, de mobiliser des compétences variées et de produire des analyses plus complètes et des solutions plus innovantes », a-t-il souligné.
Le représentant des doctorants, Al-Hassane Naaba Moré Ouédraogo, dans son discours à relever les défis auxquels font face les doctorants. Pour lui, le défi majeur concerne la publication scientifique de leurs articles. « Aujourd’hui, la carrière académique se construit largement sur la capacité à publier dans les revues reconnues dites indexées. Pourtant, de nombreux doctorants font face à plusieurs obstacles tels que l’accès limité aux revues internationales, les coûts de publication parfois élevés, des exigences méthodologiques de plus en plus rigoureuse ou encore la complexité du processus d’évaluation par les pairs. A cela s’ajoute parfois, la question de l’auteur correspondant lors de la soumission des articles. Dans certains cas, les doctorants ne sont toujours pas impliqués directement dans la soumission de leurs propres travaux de recherche. Ce qui peut limiter leur apprentissage du processus éditorial pourtant essentiel pour leur autonomie scientifique. Un autre défi concerne l’encadrement scientifique. Nous sommes conscients des nombreuses responsabilités de nos enseignants chercheurs, qui rendent parfois leur disponibilité limitée. Toutefois, la réussite d’un doctorat repose sur une alliance intellectuelle responsable. Celle entre l’expérience de l’encadreur et l’énergie du doctorant. Lorsque ces deux forces se rencontrent pleinement, la recherche avance plus vite », a notifié le doctorant.
Il a terminé en invitant ses camarades à participer aux activités scientifiques telles que les colloques, les conférences, les séminaires et les ateliers afin de mutualiser les connaissances et de partager les expériences. Chose qui permet d’être compétitif sur le marché de l’emploi.
Rama Diallo
Lefaso.net




