Littérature : Sandrine Souobou livre un témoignage poignant de son vécu à travers « Le prix de l’amour, le poids de l’exil »
La librairie Mercury a servi de cadre, en cet après-midi du samedi 28 février 2026, à la dédicace de l’ouvrage de Sandrine Souobou. Intitulée « Le prix de l’amour, le poids de l’exil », l’œuvre est un témoignage du vécu de l’auteure. Elle y dévoile les cicatrices de l’amour lorsqu’il se heurte à la perte, aux différences et aux rêves brisés. Sandrine Souobou raconte également, à travers ce livre de 161 pages subdivisé en quatre parties, comment elle a pu se relever et se reconstruire avec courage et foi.
« Le prix de l’amour, le poids de l’exil » n’est pas une œuvre sortie de l’imaginaire de l’auteure. C’est un témoignage authentique à travers lequel Sandrine Souobou se livre sur ce qu’elle a vécu au nom de l’amour, les épreuves qu’elle a traversées et d’où elle a puisé sa force pour être aujourd’hui cette femme « debout » et « indestructible », selon ses propos.
« Le prix de l’amour, le poids de l’exil », c’est l’histoire de la vie de l’auteure. Dans cet ouvrage de 161 pages subdivisé en quatre parties, elle y retrace son enfance vécue « entre l’amour d’un père abîmé et la douceur d’une mère protectrice », l’amour vécu avec son ex-mari et les sacrifices consentis pour voir grandir cet amour en acceptant d’aller vivre loin des siens sur un autre continent, la désillusion du mariage, le regard de la société quand est survenu le divorce, le courage, la foi et l’amour de son fils comme rempart pour se relever et se reconstruire, la douleur du deuil face à la perte de sa mère, etc.
Si l’auteure a bien voulu, à travers ce livre, partager ses blessures et ses cicatrices avec les lecteurs, c’est pour susciter une prise de conscience notamment auprès de la jeunesse. Pour elle, plutôt que de perdre son identité ou sa dignité au nom de l’amour au point d’accepter l’impensable, les jeunes filles devraient prioriser leurs études, leurs rêves, leurs projets.
« J’ai choisi le prix de l’amour parce que j’ai estimé que l’amour a un prix. Quand on aime très fort, quand on se donne, parfois on ne se rend pas compte du prix qu’on paye face à l’amour. Et malheureusement, on se rend compte du prix parfois quand on est face au regret et à l’amertume. Et le but, c’est de dire à la jeunesse, aimez certes, aimez fort, aimez sainement, avec tout votre cœur, mais ne vous oubliez pas. Parce que l’amour qui est sain, l’amour qui est pur, est un élan. Il n’est pas un effacement », a-t-elle conseillé.
Ce livre est aussi une invite faite à la société pour changer de regard sur les femmes divorcées et les mères célibataires. « Parfois, quand on vit ce genre de situation où on est face à un divorce en Afrique, c’est tellement mal vu. Et directement, instinctivement, les gens incombent la faute à la femme. Et le pire, c’est que quand le divorce nous met par terre, parfois c’est la société qui crée notre tombe, malheureusement. Et à travers ce livre, je voulais vraiment passer le message à ces personnes qui jugent sans savoir, à ces personnes qui te collent une étiquette de femme divorcée, à ces personnes qui pensent que parce que tu es divorcée, tu es un échec. Mais non ! La preuve est que je suis là. Je ne suis pas un échec. Ce n’est pas mon mariage qui me définit. Ce n’est pas mon statut de mariée qui définit mon identité. Pour moi, c’est Dieu qui définit mon identité, pas un être humain. Et à travers ce livre, je voulais vraiment passer ce message pour que la société change son regard envers les femmes divorcées, les mères célibataires », a exposé l’auteure.
Évoquant le poids de l’exil, Sandrine Souobou parle de la solitude loin des siens, le fait de devoir travailler plus dur dans un environnement qui n’est pas familier et qui n’est pas favorable. L’objectif est de déconstruire l’image envoyée par certains immigrés sur les réseaux sociaux, tendant à faire croire à ceux restés au pays qu’ils vivent le paradis. « L’idée, ce n’est pas de pointer du doigt tout ce qui se passe ailleurs, mais de l’utiliser pour que ce soit une force pour nous, pour le Burkina Faso », a-t-elle ajouté.
La cérémonie de dédicace de l’ouvrage a été placée sous la présidence de Ruth Diallo et le parrainage de Youssef Ouédraogo. Les deux personnalités ont salué le courage qu’a eu l’auteure de raconter son histoire publiquement et espèrent que toutes ces personnes qui traversent des épreuves semblables puissent y puiser la force nécessaire pour les surmonter.
L’œuvre est disponible à la librairie Mercury au prix unitaire de 7 000 FCFA. Il faut noter qu’un généreux donateur a offert un exemplaire de l’ouvrage à chaque personne présente à la cérémonie de dédicace.
Armelle Ouédraogo
Lefaso.net


