Burkina : L’USTA célèbre sa fête patronale sous le signe de la sagesse et de l’engagement
L’Université Saint Thomas d’Aquin (USTA) a célébré, le 14 février 2026, sa traditionnelle fête patronale dans une atmosphère de ferveur et de réflexion. À l’occasion de cette journée dédiée à son saint protecteur, une célébration eucharistique a rassemblé étudiants, enseignants et personnel administratif. La messe a été présidée par Monseigneur Théophile Naré, administrateur apostolique du diocèse de Dori et évêque de Kaya.
Dans son homélie, Monseigneur Théophile Naré a longuement insisté sur la figure de Thomas d’Aquin, présenté comme un modèle d’excellence intellectuelle et de profondeur spirituelle. Pour l’évêque, l’USTA a la chance d’avoir un tel saint patron. Il voit en Thomas d’Aquin un intercesseur puissant, mais surtout un repère pour la communauté universitaire. “Saint Thomas nous laisse une leçon d’amour de la vérité”, a-t-il déclaré, établissant un parallèle symbolique avec la date du 14 février, également marquée par la Saint-Valentin. Là où beaucoup célèbrent l’amour romantique, le saint dominicain, lui, aurait trouvé sa « valentine » dans la sagesse et la quête de Dieu à travers l’étude.
Selon Monseigneur Naré, la recherche scientifique ne saurait être dissociée d’une quête éthique. Citant l’idée selon laquelle “science sans conscience n’est que ruine de l’âme”, il a rappelé que Thomas d’Aquin avait su unir rigueur intellectuelle et profondeur spirituelle. La vérité, la sincérité et l’amour constituent, à ses yeux, des valeurs universelles qui dépassent les appartenances confessionnelles. Chercher Dieu, a-t-il précisé, ne signifie pas nécessairement adhérer à une religion particulière, mais cultiver ces valeurs fondamentales inscrites au cœur de l’humain.
Une université en mouvement
Au-delà de la dimension spirituelle, cette fête patronale a aussi été l’occasion de dresser un regard sur la vie institutionnelle de l’université. L’abbé Herman Ouédraogo, directeur général de l’USTA et enseignant permanent en sciences juridiques, a souligné que chaque année est nouvelle. Pour lui, la nouveauté réside dans les visages qui arrivent, les défis qui émergent et les perspectives qui se dessinent.
L’année en cours se distingue notamment par la nomination officielle du directeur général, répondant à des exigences du ministère de tutelle et du CAMES. Une évolution institutionnelle qui traduit, selon lui, la volonté de l’université de s’inscrire dans une dynamique d’excellence académique et de conformité aux standards régionaux.
Mais au-delà des réformes administratives, le message essentiel reste celui de l’engagement. Reprenant les propos de l’évêque, l’abbé Ouédraogo a insisté sur l’urgence d’agir. Thomas d’Aquin est mort relativement jeune, autour de 49 ans, a-t-il rappelé, soulignant qu’il n’a pas perdu de temps. Pour les étudiants, cela signifie éviter les parcours interminables et s’investir pleinement dans leur formation. “Dans les universités, il faut faire son temps, laisser sa bonne marque et poursuivre son chemin”, a-t-il exhorté.
Dans le contexte national actuel, marqué par de nombreux défis, l’université est appelée à jouer un rôle actif dans la construction du pays. “On ne peut pas parler de construction du pays si chacun, à son niveau, ne pose pas sa petite pierre”, a-t-il affirmé. Pour lui, la contribution commence au sein des familles, se poursuit dans les écoles et s’affermit dans les universités. L’USTA, en formant des cadres compétents et responsables, participe ainsi à l’édification nationale.
Un nouveau bureau béni d’étudiants
Un des moments fort de la célébration était la présentation et la bénédiction du nouveau bureau général des étudiants, élu le 15 janvier dernier. Cette reconnaissance publique, au cours de l’eucharistie, marque le début officiel de leur mandat sous le regard symbolique du saint patron. Wenceslas Koara, étudiant en troisième année de médecine et délégué général de l’USTA, a décliné les grandes orientations de son équipe. Le mandat sera placé sous le signe de la mobilisation. L’objectif est de renforcer la participation étudiante aux différentes activités académiques et communautaires. Parmi les projets annoncés figure “USTA Mêbo”, une initiative destinée à impliquer les étudiants dans l’amélioration concrète de leur cadre d’études. À travers ce projet, ils entendent contribuer activement au développement de l’université, dans un esprit de responsabilité et de solidarité. Pour le délégué général, la fête patronale constitue un moment privilégié pour raviver le sentiment d’appartenance. “Nous voulons vraiment vivre à l’image de notre saint patron”, a-t-il affirmé, évoquant la nécessité de conjuguer chaleur humaine, discipline et engagement pour une gestion harmonieuse de la vie universitaire.
La fête patronale de l’USTA ne se limite pas à une commémoration liturgique. Elle s’inscrit dans une tradition qui articule mémoire et projection. Mémoire d’un penseur dont l’œuvre continue d’influencer les réflexions contemporaines sur la foi et la raison ; projection d’une communauté universitaire appelée à relever les défis académiques et sociétaux.
En rappelant que “Dieu est amour” et que l’amour est la condition pour “faire un monde”, Monseigneur Naré a replacé la quête intellectuelle dans une perspective profondément humaniste. Une université, semble-t-il suggérer, ne peut se réduire à un espace de transmission de savoirs techniques. Elle doit être un lieu de formation intégrale, où la compétence s’accompagne d’éthique et de sens. Dans un environnement national et international en mutation, l’USTA entend ainsi consolider son identité : une institution d’enseignement supérieur enracinée dans une tradition catholique, mais ouverte à tous, attachée à la rigueur académique autant qu’à la formation morale.
Né vers 1225 ou 1226 au château de Roccasecca, près d’Aquino, dans l’actuelle Italie, et décédé en 1274 à l’abbaye de Fossanova, le religieux dominicain demeure l’une des figures majeures de la théologie et de la philosophie occidentales.
A l’issue de la messe d’action de grâce, les participants ont eu droit à une animation culturelle composée de théâtre, de danse et de chants. Elle a été assurée par la compagnie Gomtiugo et la chorale de l’USTA.
Farida Thiombiano
Lefaso.net