Musique Gospel : « Très tôt, je maîtrisais déjà la guitare et la guitare basse qui est mon instrument de prédilection », JO Basse
Multi-instrumentiste, arrangeur et chantre engagé, Josué Sawadogo alias JO Basse incarne une génération d’artistes chrétiens passionnés et déterminés. De ses premiers pas à l’âge de 5 ans jusqu’à la sortie de son single “Gaemsé” en décembre 2025, le jeune musicien trace son chemin entre foi, excellence et professionnalisme. Il est de ces artistes dont la discrétion contraste avec l’ampleur du talent. Guitare basse en main, JO Basse impressionne par sa maîtrise technique. Mais s’arrêter à cet instrument serait réducteur. Guitare solo, piano, batterie… le jeune homme navigue avec aisance entre les sonorités. Mieux encore, il met son savoir-faire au service d’autres artistes en tant qu’arrangeur et formateur. Découvrez dans cet entretien exclusif, celui qui s’impose progressivement comme une figure montante de la musique chrétienne.
Lefaso.net : Quand et comment avez-vous commencé la musique ?
JO Basse : J’ai commencé très tôt, à l’âge de 5 ans. Je suis issu d’une famille de musiciens. Mon grand-père était un excellent joueur de kundé, cette guitare traditionnelle africaine, et mon père est artiste-chanteur. On peut donc dire que j’ai grandi dans un environnement musical. À 10 ans déjà, j’interprétais en playback une chanson de mon père à l’église Bethel Shan Shean. Mais c’est véritablement en 2012 que je me suis engagé à plein temps, notamment à travers ma participation à la compétition La Harpe de l’excellence. Cette expérience a marqué un tournant décisif dans mon parcours.
Quelles sont vos principales réalisations en tant qu’artiste chantre ?
Mon tout premier single est sorti en 2020. Il s’intitule “Doux doux c’est doux”, un chant qui exprime la douceur et la paix que l’on trouve en Jésus-Christ. Entre 2021 et 2022, j’ai sorti “Va de l’avant”, un message d’encouragement à ne pas abandonner malgré les difficultés. En 2023, j’ai proposé “Lama Sabachthani”, une œuvre plus profonde qui évoque les souffrances de Jésus à la croix pour le salut de l’humanité.
L’année 2024 a été particulièrement productive. J’ai sorti “Tant que je vivrai”, un chant de reconnaissance pour les bienfaits de Dieu dans ma vie. Puis “J’ai la victoire en Jésus”, qui témoigne des combats traversés et des victoires remportées par la grâce divine. Enfin, en décembre 2025, j’ai dévoilé mon dernier single intitulé “Gaemsé”, qui signifie “fou”. Un titre fort, accompagné d’un clip vidéo, qui interpelle et fait réfléchir.
Qu’est-ce qui vous a inspiré la chanson “Gaemsé” ?
Dans notre société, on a parfois tendance à qualifier les chrétiens de “fous”. On voit quelqu’un bien habillé, Bible en main, se rendant joyeusement à l’église, et certains se moquent : “Voilà encore le fou qui part crier”. Moi-même, j’ai vécu des situations où l’on m’a traité de fou à cause de ma foi. Mais dans la chanson, j’explique une chose essentielle. C’est qu’un fou ne sait ni d’où il vient ni où il va. Nous, au contraire, nous savons d’où nous venons et où nous allons.
La Bible nous enseigne que nous sommes descendants d’Abraham par Jésus-Christ, et notre destination est la Nouvelle Jérusalem, la terre promise. Ce chant est donc un message d’encouragement à ceux qui sont dans la foi à persévérer, et une invitation à ceux qui hésitent à nous rejoindre pour marcher ensemble vers cette espérance.
Vous êtes également arrangeur. Pourquoi avoir choisi ce domaine ?
La passion de la musique m’habite depuis l’enfance. Très tôt, je maîtrisais déjà la guitare et la guitare basse qui est mon instrument de prédilection. Ensuite, j’ai appris en autodidacte le piano, la batterie et la guitare solo. Un jour, je me suis posé une question simple. Pourquoi ne pas mettre toutes ces compétences au service de la création complète d’une œuvre ? L’arrangement musical mobilise l’ensemble des instruments et permet de structurer, d’embellir et de donner une identité sonore à un chant. C’est ainsi que je me suis lancé.
Comment se déroule concrètement une séance d’arrangement dans votre studio ?
Tout commence par un a capella. L’artiste interprète son chant, ce qui me permet de capter l’essence du message, la tonalité émotionnelle et les possibilités harmoniques. Ensuite, je lui demande le rythme qu’il souhaite adopter. S’il n’a pas d’idée précise, je lui propose différentes orientations. À partir de là, j’accompagne d’abord au piano pour poser les bases mélodiques, puis j’intègre progressivement les autres éléments : synthétiseurs, percussions, lignes de basse… jusqu’à obtenir une production cohérente et professionnelle.
Combien coûte un arrangement chez JO Basse ?
Les tarifs varient entre 50 000 et 100 000 francs CFA, selon l’ampleur du projet, afin de garantir un travail soigné et bien structuré. Je tiens également à préciser que je suis formateur. Je dispense des cours en technique vocale ainsi qu’en pratique instrumentale pour ceux qui souhaitent se perfectionner ou débuter dans la musique.
Comment peut-on vous contacter ?
Les personnes intéressées par une formation ou un enregistrement en studio peuvent me joindre au 66 27 56 30.
Votre dernier mot ?
Je tiens à remercier Lefaso.net pour l’invitation. Merci à toute l’équipe. J’ai été honoré de partager ce moment avec vous. Que le Seigneur vous bénisse abondamment !
Entretien réalisé par Clémentine Koama, Hamed Nanéma et Alexandre Kouraogo
Lefaso.net