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Journée du Diplomate : « La Russie aide activement les pays de l’AES à se libérer de leur dépendance néocoloniale vis-à-vis des anciennes métropoles » (Ambassadeur Igor Martynov)

Publié le mardi 10 février 2026 à 21h34min

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Journée du Diplomate : « La Russie aide activement les pays de l’AES à se libérer de leur dépendance néocoloniale vis-à-vis des anciennes métropoles » (Ambassadeur Igor Martynov)

Le 10 février a une signification profonde pour tous les diplomates russes ; il symbolise la continuité du service diplomatique, démontre au pays et au monde entier l’unité professionnelle et les hauts idéaux de la diplomatie russe. A la faveur de cette date 2026, l’ambassadeur de la Fédération de Russie au Burkina, Igor Martynov, a fait parvenir à notre rédaction, la déclaration ci-dessous, que nous vous proposons in extenso.

Le 10 février, la Russie célèbre la Journée du Diplomate, instituée par décret présidentiel en 2002. Cette date n’a pas été choisie au hasard. C’est en effet le 10 février 1549, que l’on trouve la première mention du premier service diplomatique russe, le Posolsky Prikaz (Bureau des Ambassadeurs).

Aujourd’hui, en cette période difficile pour la stabilité mondiale, la diplomatie est précisément l’instrument le plus important pour empêcher la communauté internationale de connaître de graves bouleversements et une guerre mondiale. La multipolarité dans la politique mondiale ouvre des possibilités pour résoudre des problèmes communs, même les plus complexes, par la voie diplomatique.

La diplomatie russe est attachée aux principes d’une coopération mutuellement avantageuse avec tous les États sans exception, sur la base de l’égalité des droits, de la non-ingérence dans les affaires intérieures et du respect scrupuleux du droit international. Son rôle consiste également à mettre en place un système équitable de relations économiques mondiales, exempt de concurrence déloyale, de sanctions unilatérales et de restrictions motivées par des considérations politiques.

Avec tous les partenaires intéressés par la coopération, nous sommes déterminés à entretenir des relations véritablement ouvertes, à approfondir les liens dans les domaines politique, économique et humanitaire, et à faire face ensemble aux défis urgents et aux menaces communes.

La Russie se prononce en faveur du renforcement du rôle central et clé de l’Organisation des Nations-Unies dans les affaires mondiales, qui a célébré son anniversaire l’année dernière. Il y a huit décennies, nos pères, nos grands-pères et nos arrière-grands-pères, après avoir remporté la Seconde Guerre mondiale, ont réussi à trouver un équilibre entre leurs intérêts et à convenir des règles et principes fondamentaux des relations internationales, qu’ils ont consignés dans la Charte des Nations-Unies, dans leur intégralité, leur exhaustivité et leur interdépendance. Les impératifs de ce document fondateur, tels que l’égalité des droits, le respect de la souveraineté, la non-ingérence dans les affaires intérieures, le règlement des différends par le dialogue, sont aujourd’hui plus que jamais d’actualité.

Les diplomates russes continuent de défendre les intérêts nationaux de la Russie, de promouvoir un programme fédérateur et d’apporter une contribution significative à l’établissement d’une architecture multipolaire des relations internationales. Nous tenons également compte des tendances objectives du développement mondial.

Parmi ces tendances, on peut citer le « deuxième réveil » de l’Afrique, la prise de conscience que l’indépendance politique n’a pas été suivie d’une indépendance économique et que le continent continue d’être exploité par des méthodes néocoloniales. Dans leurs échanges avec leurs homologues africains, les diplomates russes rencontrent quotidiennement cette conception.

Dans l’ensemble, les relations avec l’Afrique se développent de manière très dynamique. Le nombre de représentations diplomatiques et commerciales russes augmente. Le nombre total de nos ambassades en Afrique atteindra 49, c’est-à-dire pratiquement dans tous les pays sans exception. Les relations aux niveaux régional et sous-régional, en particulier au Sahel, s’intensifient. Au cours des deux dernières années et demie, depuis la création de la Confédération des États du Sahel (AES), la Russie aide activement ces pays à se libérer de leur dépendance néocoloniale vis-à-vis des anciennes métropoles, à mettre en place une économie indépendante et à renforcer les fondements de leur souveraineté et de leur capacité de défense.

La France et certains autres pays occidentaux tentent par tous les moyens d’entraver l’action fructueuse des gouvernements de ces pays. Ils recourent à des méthodes terroristes et utilisent des groupes armés pour déstabiliser la situation dans les pays du Sahel. L’Occident dans son ensemble utilise ouvertement des instructeurs ukrainiens pour former des combattants, tandis que le régime de Kiev fournit des drones et des armes à des groupes armés illégaux.

La coopération entre la Russie et le Burkina Faso est multiforme, mutuellement avantageuse, véritablement partenariale et fondée sur le respect des intérêts souverains de chacun. À l’heure actuelle, des échanges politiques et diplomatiques actifs ont été mis en place et le commerce est en pleine croissance.

Le cadre juridique et contractuel de nos relations est en cours d’élaboration. De nombreux projets communs sont à l’étude. Les premières étapes ont été franchies pour la mise en œuvre du projet de construction de la première centrale nucléaire au Burkina Faso.

La première réunion de la commission intergouvernementale russo-burkinabè aura lieu prochainement.

Les diplomates russes et burkinabè coopèrent activement sur les scènes internationales, notamment à l’ONU. Ils se soutiennent mutuellement lors des élections aux organes de cette organisation. L’adoption par l’Assemblée Générale des Nations Unies, avec le soutien du Burkina Faso, de la résolution « Lutte contre la glorification du nazisme, du néonazisme et d’autres pratiques qui contribuent à alimenter les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et d’intolérance qui y est associée » a constitué un événement important de l’année dernière. Les résultats du vote ont clairement démontré que la majorité mondiale est solidaire des approches russes en matière de lutte contre l’héroïsation du nazisme.

Je suis convaincu que, malgré la situation internationale complexe, le partenariat russo-burkinabè continuera à se développer dans l’intérêt de nos peuples. Pour cela, toutes les possibilités sont réunies, ainsi que l’expérience positive accumulée d’une coopération fructueuse.

S.E.M. Igor MARTYNOV, Ambassadeur de la Fédération de Russie au Burkina Faso

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