Vol aggravé : Le commerçant-rappeur "Karim" condamné à douze mois de prison dont six ferme, et une amende de 500 000 francs CFA ferme
Le parquet a, dans ses observations, rappelé les antécédents judiciaires de Karim (nom d’emprunt) poursuivi pour vol aggravé après une altercation nocturne autour d’un téléphone portable. Tout en relevant les circonstances aggravantes liées à la nuit et à l’état d’ébriété présumé du prévenu, le procureur a néanmoins souligné l’absence de certitude sur sa culpabilité. Malgré la réquisition de relaxe du ministère public, le Tribunal a finalement condamné le prévenu à douze mois d’emprisonnement, dont six ferme, assortis d’une amende de 500 000 francs CFA.
En prenant la parole, le parquet fera observer dans un premier temps que le prévenu est loin d’être un délinquant primaire. "Ce n’est pas la première fois que "Karim" se fait prendre. Il a déjà comparu devant votre barre pour des faits de consommation de stupéfiants" a rappelé le procureur. Par ailleurs, note-t-il : ’’L’altercation s’est déroulée dans la nuit, ce qui donne le caractère aggravant de l’infraction. Mais il faut préciser que le prévenu était aussi en situation d’ébriété."
"Vous dites que vous étiez dans un restaurant et que vous rentriez à la maison. Mais au restaurant en question, vous n’avez pas fait que manger. Vous avez bu" a affirmé le procureur. " Non, je n’ai pas bu. C’est lui qui a bu" est intervenu le prévenu. "Le restaurant en question là c’est votre coin. Vous êtes sûr que vous avez mangé sans boire ?" a renvoyé le procureur. "J’ai bu, mais ce n’était pas beaucoup" a renvoyé le prévenu (rires dans la salle.) "Quand vous dites pas beaucoup, on parle de combien environ ?" a insisté le parquet. "Je ne me rappelle pas, mais je sais que ce n’est pas beaucoup" a-t-il répondu, ajoutant que depuis sa première condamnation, il a décidé de se responsabiliser par le commerce et la musique.
Rappelons que la victime n’a pas comparu depuis le début de ce procès, qui a été renvoyé plus d’une fois ; cela, malgré les multiples tentatives du parquet de le faire venir. Par ailleurs, souligne le procureur : "nous n’avons pas la certitude, de manière absolue qu’il est bel et bien coupable du fait qu’on lui reproche. Le jour de l’altercation, il y avait plusieurs personnes. C’est fort probable qu’il ait pris le téléphone. C’est plausible qu’il ne l’ai pas pris" a estimé le parquet.
Le doute subsistant dans ce cas de figure, le ministère public a requis qu’il soit relaxé. Après échange pour décider du sort de Karim, le Tribunal le condamnera a une peine d’emprisonnement de douze mois dont six fermes, et une amende ferme 500.000 francs CFA ferme.
Erwan Compaoré
Lefaso.net