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Tentative de coup d’Etat : à propos de la garde-à-vue des conjurés

Accueil > Actualités > Politique • • mardi 4 novembre 2003 à 10h14min

Après les propos du commissaire du gouvernement près le Tribunal militaire de Ouagadougou, affirmant que les délais de garde-à-vue étaient "difficilement" respectables pour les "conjurés de septembre 2003" des voix se sont élevées pour crier au "déni de justice".

Un "puritanisme" juridique qui cache mal des desseins politiques et qui n’est pas loin de s’apparenter à du masochisme.

Depuis bientôt une semaine, la troisième sortie du commissaire du gouvernement, Abdoulaye Barry, défraie la chronique, dans le landernau politique et au sein de la société civile. Un "débat" houleux sur "l’infraction" commise par la justice burkinabè dans le cadre du traitement du dossier "coup d’Etat" (non respect des délais de la garde-à-vue) passionne les Burkinabè, au point que certains ont oublié dans quel "cadre" évolue la justice sur cette affaire.

Indépendamment du fait qu’il a toujours été difficile pour la justice de respecter les délais de garde-à-vue, même dans le traitement des affaires "normales", il devient "charlatanesque" de lui demander de le faire, dans une affaire, qui porte atteinte non seulement à la légalité, mais à l’ordre et aux fondements mêmes de la République.

Exquise hypocrisie

Ces conjurés pour lesquels on réclame à cor et à cri "l’habeas corpus" auraient-ils en cas de succès de leur "affaire" pensé à respecter les droits les plus élémentaires reconnus aux citoyens ? On peut dire que non, car le premier de ces droits, la liberté d’aller et de venir, aurait été contrariée par l’instauration d’un couvre-feu. De même, la liberté d’opinion aurait "disparu" pour un certain temps, car les nouveaux "maîtres" du Burkina Faso, auraient apporté leur science infuse à ingurgiter par tous.

Et avant même que ces libertés ne soient bafouées, c’est une autre (cardinale celle-là) le droit à la vie qui aurait été dénié à certaines personnes. Le premier cercle du pouvoir en tout cas, en aurait vu des vertes et des pas mûres. Que ce premier cercle ait choisi de traiter de manière civile cette affaire devrait lui valoir des satisfecits plutôt que cette volée de bois verts. C’est en cela qu’il faut comprendre Abdoulaye Barry, lorsque parlant de "l’infraction" commise par l’autorité judiciaire il affirme qu’en matière de coup d’Etat "il ne faut pas chercher la petite bête".

Bien sûr, nos puritains de circonstance, ont la part belle avec ce mea-culpa du magistrat, mais leur insistance sur la question devient suspecte. Elle procède même de la "diabolisation" de la justice burkinabè entreprise par certaines chapelles de pensée, depuis l’avènement de l’Etat de droit. Mais, ce "coup-ci", elles gagneraient à remiser leur belle rhétorique au placard, car l’infraction qui a amené ceux qu’ils défendent devant les juridictions est exceptionnelle. Or, comme dit l’adage, "à situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle".

A bon entendeur....

Boubakar SY

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