Burkina/Agriculture : Des producteurs formés sur des pratiques permettant d’améliorer l’irrigation des cultures
Un atelier de capitalisation et de clôture du projet Intensification de la production agricole par la mise à l’échelle de pratiques et technologies d’irrigation innovantes et adaptées (IRRINN) s’est ouvert ce jeudi 22 janvier 2026, à Ouagadougou. La rencontre, qui réunit les différents acteurs impliqués, se déroulera sur deux jours et prendra fin le 23 janvier 2026.
Financé par la délégation de l’Union européenne, le projet IRRINN est mis en œuvre par un consortium de sept partenaires composé du Cirad, de l’Institut 2iE, de l’INERA, de l’ONG APESI, de la fondation Practica, du CSIC et du ZALF. Le Cirad assure le leadership du consortium.
Démarré en février 2021 pour une durée initiale de quatre ans, le projet a bénéficié d’un avenant de prolongation sans coût additionnel ni modification budgétaire, étendant sa mise en œuvre jusqu’au 31 décembre 2025. Arrivé à son terme, les parties prenantes ont jugé nécessaire d’organiser un atelier afin de faire le point sur les réalisations majeures, d’analyser les principales contraintes rencontrées dans la mise en œuvre et l’adoption des innovations, ainsi que de tirer les leçons et enseignements du processus.
IRRINN est un projet de recherche-action visant à accompagner les petits producteurs agricoles dans l’équipement et l’adoption de pratiques permettant d’améliorer l’irrigation des cultures. Les interventions du projet ont concerné les localités de Tanghin-Dassouri, Koubri, Kombissiri et Komsilga.
Selon le coordonnateur du projet, Bruno Barbier, les activités se sont articulées autour de deux axes principaux. Le premier porte sur la mise en place de bassins de collecte des eaux de ruissellement, destinés à assurer une irrigation de complément durant la saison des pluies. Le second axe concerne l’installation de pompes solaires auprès des producteurs, sur la base d’un système de crédit. « Nous avons pu installer 70 pompes solaires dans les zones de Tanghin-Dassouri et de Komsilga auprès de producteurs disposant déjà de puits. Le taux de remboursement a été de 100 % », a indiqué Bruno Barbier. Il précise que le modèle économique reposait sur une relation directe entre le fournisseur de pompes solaires et les producteurs. En cas de non-remboursement, le fournisseur pouvait récupérer l’équipement. « Sur cet aspect, le projet a connu un grand succès », a-t-il souligné.
D’après lui, les rendements des producteurs ont augmenté. « On commence à sortir les statistiques qui permettent de dire que les rendements augmentent au niveau des producteurs. Les techniques appliquées sont des techniques qui permettent de réduire la vulnérabilité des populations », a confié le coordonnateur du projet.
Au cours de la mise en œuvre de ce projet, plusieurs technologies et plusieurs méthodes d’accès à l’eau ont été testées. « On a essayé différentes technologies. Nous allons faire sortir les résultats dans les revues scientifiques. Ces différentes méthodes sont comparées pour voir les avantages et inconvénients. Comme IRRINN est un projet de recherche-développement, la mise à l’échelle est possible. Par exemple, le modèle économique que nous proposons pour l’installation des pompes solaires, nous pensons qu’il est reproductible par l’État, les ONG et autres acteurs. C’est un modèle qui fonctionne bien », a souligné M. Barbier.
Le projet a financé les travaux de recherche de trois doctorants et plus d’une vingtaine d’étudiants en master et d’ingénieurs, a-t-il fait savoir.
Selon le représentant de l’Union européenne Bellafont Alvaro, l’Union européenne a accepté de financer ce projet parce qu’il lutte non seulement pour l’amélioration des conditions de vie des populations mais aussi contre les changements climatiques. Pour lui, pour faire face aux changements climatiques, il faut former les producteurs sur de nouvelles méthodes d’accès à l’eau et sur de nouvelles techniques afin qu’ils puissent rentabiliser et atteindre la sécurité alimentaire.
Bénéficiaire du projet, Estelle Nana, fait remarquer que le projet a apporté un changement significatif dans sa vie. « Je faisais le jardinage bien avant l’arrivée du projet mais je souffrais beaucoup pour avoir de l’eau pour arroser les plantes. J’utilisais l’eau du puits pour arroser mes plantes. Cela rendait la tâche difficile pour moi. Aujourd’hui, grâce au projet, j’ai pu avoir une pompe solaire, ce qui me facilite le travail. Et ma production a considérablement augmenté par rapport à avant l’arrivée du projet », a expliqué la bénéficiaire.
Rama Diallo
Lefaso.net



