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Hommage à Dr Ganguewilgba Désiré KARGOUGOU : Une vie de dignité, de service et d’altruisme

Publié le mercredi 21 janvier 2026 à 16h28min

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Hommage à Dr Ganguewilgba Désiré KARGOUGOU : Une vie de dignité, de service et d’altruisme

Médecin de santé publique, précédemment en service au Centre National de Recherche et de Formation sur le Paludisme (CNRFP), le Dr Ganguewilgba Désiré KARGOUGOU est décédé le vendredi 16 janvier 2026 à Ouagadougou, des suites de maladie. Dans cette réaction, Dr Edith Christiane Bougouma rend hommage à un homme qui n’a pas seulement exercé la médecine mais a incarné la bonté.

Dr Ganguewilgba Désiré KARGOUGOU, jamais je n’aurais imaginé écrire ces mots à ton propos, ni un jour, ni si tôt.
La brutalité de la nouvelle, stupéfiante, de ton rappel à Dieu, nous confronte hélas au mystère de la vie, de la destinée…
Médecin de santé publique et clinicien hors pair, tu as, par ton labeur et ta rigueur en recherche comme en pratique, contribué de manière significative au bien‑être des populations d’ici et d’ailleurs. Individuellement, chaque participant, chaque patient ayant croisé ton chemin repartait marqué à jamais par la qualité de ton écoute, ton empathie, ta compassion, ton humanisme tout court.

Humble et discret, tu avais toujours le mot juste, celui qui préserve la dignité de toute personne, en toute situation. Psychologue né, tu possédais cette faculté rare de remonter le moral, de susciter l’espoir et de raviver l’envie de vivre chez la personne la plus désespérée.

Dans tes travaux de recherche comme dans tes consultations cliniques, tu n’as jamais ménagé aucun effort. Tu as tout donné, sans réserve, sans compter ton temps, ton énergie, ni même ton argent.

Sans distinction de titre ou de classe sociale, tu écoutais, soignais et accompagnais gratuitement, allant parfois jusqu’à prendre en charge financièrement les ordonnances et ce, toujours avec une bienveillance désarmante.

Ta seule présence apaisait avant même que le traitement ne commence. Elle rassurait : le travail serait de qualité, rigoureux, conforme aux principes éthiques, déontologiques et d’honnêteté intellectuelle.

Altruiste jusqu’au presque reniement de soi, tu ne vivais pas pour toi, mais pour les autres. 
Tu guérissais au‑delà des blessures visibles.
Tu étais la figure du médecin disponible, intègre et profondément humain. Tous ceux qui t’ont connu ou côtoyé en témoigneront.
Tu marchais sans bruit, mais dans le sillage de ton action, s’imprimait toujours une empreinte de dignité, d’humanité, d’amour de l’autre.

Tu te voyais en chacun de tes interlocuteurs ; conséquemment, tu traitais l’autre mieux que tu ne souhaitais être traité.
Ton sens raffiné du service restera une référence pour tous ceux qui œuvrent pour le progrès collectif.
Et s’il fallait t’attribuer une devise, ce serait celle‑ci :
« Si ta force ne sert pas au plus faible, tu es plus que faible. »

Plus personnellement, ta douce voix, comme une pure symphonie, me manquera…
Tu m’appelais affectueusement ma Grando, avec cette chaleur simple mais profonde qui disait tout : sincérité, respect, amitié, bienveillance.
Je te portais la même attention et je vivrai désormais avec la claire conscience des leçons d’humanité que tu nous laisses.

Tu commentais mes pas, mes mots, mes publications, mes couleurs… comme on veille sur une flamme.
Tu avais ce don rare de voir les gens, de les reconnaître et de les élever.
De plus, Je n’oublierai jamais la délicatesse avec laquelle tu m’as soutenue durant la maladie puis le décès de mon cher papa.
Tu ne l’as pas fait avec la distance d’un médecin, ni comme un collègue quelconque, ni comme un ami ordinaire, mais comme un véritable frère dans l’âme. 

En définitive, mon frère Ganguewilgba Désiré, tu as vécu conformément au sens profond de tes prénoms.
Ganguewilgba, littéralement en mooré peut signifier ‘’modèle’’, ‘’montrer par l’exemple’’.
Et nul ne peut ignorer que toute ta vie a été un modèle pour tout être doué d’intelligence.
Et comme tous les bons modèles sont désirables, tu étais véritablement Désiré.
Tu donnais comme on respire : naturellement, profondément.
Même dans la souffrance de la maladie, tu as gardé un cœur bon. 

Dr G. Désiré KARGOUGOU, tu es parti à pas feutrés, comme tu as vécu.
Tu t’es entièrement donné aux autres, mais ta grande pudeur, ta grande dignité ne t’ont jamais permis de demander ou de réclamer une assistance que tu méritais pourtant largement.

Avec ta culture de l’intimité comme philosophie existentielle, avec ta foi en Dieu et en ta destinée, tu as comme célébré ton sort, jusqu’à la mélancolique surprise que ton décès nous laisse.

Nous pleurons, mais nous acceptons et louons Dieu pour tout ce qu’Il fait.

Tu as vécu utile. Comme le dit si bien un proverbe : «  Ce que nous faisons pour les autres demeure et est immortel.  »
Ce n’est pas la longueur d’une vie qui importe, mais son utilité.  »
Tu laisses un vide immense, mais aussi une lumière : celle de l’exemple.

 Que ton âme repose en paix.
 Que ton engagement continue de nous élever.
 Que ton œuvre demeure une source d’inspiration.
 Que ton souvenir soit une bénédiction.
Et pour nous, encore vivants, demeure le devoir de perpétuer son héritage dans nos pratiques, nos valeurs et nos engagements quotidiens.

Dr G. Désiré KARGOUGOU n’a pas seulement exercé la médecine : il a incarné la bonté.
Puisse cette bonté continuer de soigner nos mémoires.

Dr Bougouma Edith Christiane
LadyQualityCulture
Dans la gratitude, la mémoire et la lumière
Un fil de lumière pour honorer ton passage
BECqualityculture@gmail.com

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