Petit séminaire de Pabré : Un documentaire sur le centenaire ravive les souvenirs et fait vibrer le public
La salle du Ciné Neerwaya du Burkina, avec une capacité de près de 1 000 places, a refusé du monde, dans la soirée du dimanche 18 janvier 2026, qui coïncidait avec la finale de la 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des nations. C’était la toute première projection, grand public, du film documentaire sur les cent ans du Petit séminaire de Pabré (PSP).
Parents, enfants, anciens séminaristes et nouveaux, fidèles et personnes consacrées… Personne ne voulait se faire raconter ce film documentaire sur les cent ans du Petit séminaire de Pabré (PSP). Ils se sont tous mobilisés, et dans une salle pleine à craquer où certains étaient assis à même le sol, venus pour découvrir l’histoire du PSP.
C’est en effet un film documentaire d’une heure, selon le réalisateur Noël Koama, qui retrace les grands moments de la vie du PSP depuis sa création en 1925 à travers des témoignages d’anciens pensionnaires qui ont marqué la vie de la nation burkinabè. L’un des témoignages qui a d’ailleurs beaucoup fait réagir la salle, c’est celui du cardinal Philippe Ouédraogo, l’ancien archevêque métropolitain de Ouagadougou. Il est un des anciens pensionnaires du PSP, de la promotion 1959. Dans son témoignage, il raconte comment il est arrivé au PSP avec un « Douc », une façon atypique d’attacher ses habits dans un pagne comme une valise pour voyager, une technique ancestrale utilisée dans le passé en pays moaga. C’est d’ailleurs au PSP qu’il a eu sa première valise de vie qui lui avait été remise par un autre pensionnaire qui en avait deux en sa possession.
Une révélation qui a donc fait éclater la salle de rire à l’exemple d’Éric Ziwaga, fidèle de la paroisse Christ Roi de Pissy, qui est lui aussi venu découvrir l’histoire du PSP. Selon lui, c’est bon de venir connaître la maison qui a formé ces personnalités qui ont marqué la vie de notre nation et surtout le parcours de chacun comme celui du cardinal Ouédraogo. « Cent ans dans la vie d’un homme, ce n’est pas petit et beaucoup de nos prêtres sont issus de cette maison et à travers le documentaire, on a vu les visages des vieux prêtres, tous ceux qui étaient là aux débuts, monseigneur Thévenoud. En tant que fidèle, nous sommes là pour les encourager », a-t-il dit.
Un autre témoignage marquant dans ce film documentaire, c’est celui de Prosper Kompaoré, professeur d’art dramatique à l’université Joseph Ki-Zerbo, ancienne université de Ouagadougou, qui est également le directeur des Ateliers théâtre burkinabè (ATB). Il fait aussi partie des personnalités passées par le PSP. Selon lui, quand on sort du PSP, même lorsqu’on n’est pas prêtre, on reste marqué à jamais. « Parce qu’il arrive que souvent, plusieurs années plus tard, quelqu’un vous dise : "Toi, tu as le comportement d’un ancien séminariste", et c’est de façon positive », a-t-il témoigné dans le film.
En effet, la projection de ce film documentaire sur les cent ans du PSP a été un pari réussi selon le président du comité de pilotage, Joseph Tapsoba. « J’ai été très agréablement surpris qu’on fasse salle comble. Cela montre l’intérêt que les fidèles portent au PSP et le message est énorme, parce que le documentaire nous rappelle des moments d’émotion et on a les larmes aux yeux. On ressent ce que nous avons vécu et moi personnellement qui y ai passé cinq ans. Je dis que ce documentaire d’une heure ne peut pas retracer toute l’histoire du séminaire, mais au moins quelques parties qui rappellent aux uns et aux autres ce que nous avons vécu d’aussi intense, d’aussi beau, d’aussi grand au PSP », dit-il. Avant de poursuivre : « Croyez-moi, tous les anciens savent de quoi je parle. En 76, 77, j’ai dirigé la chorale du Petit séminaire de Pabré, donc c’est toujours avec autant d’émotions, autant de souvenirs qu’il nous rappelle ce que nous avons vécu. J’aime dire aux gens que les plus beaux moments de la vie d’un homme, ce sont les moments de l’enfance, ce sont des moments inoubliables et surtout à l’internat où vous n’êtes pas seuls. Au PSP, on était entre 200 et 230 et quand vous avez vécu dans ce milieu-là pendant cinq ans, ça laisse forcement des traces et des traces inoubliables ».
Pour sa part, le père supérieur du PSP, l’abbé Vincent Ilboudo, ajoute que l’objectif, c’était d’ouvrir les portes du PSP aux fidèles et aux personnes de bonne volonté à travers ce film documentaire et les chants. « Et vu la salle, nous sommes satisfaits, parce que les gens ont répondu favorablement à l’appel et cela montre leur intérêt et soutien au PSP », a-t-il reconnu.
Cette projection a été aussi marquée par un concert de la chorale du PSP qui a fait danser toute la salle, adultes comme enfants. Ces deux activités marquent ainsi l’avant-dernière activité de clôture du jubilé d’eau du PSP qui s’est tenue sur une période d’une année (janvier 2025-janvier 2026). Rendez-vous est pris pour l’apothéose, le samedi 24 janvier 2026 dans les locaux du PSP à Pabré.
Yvette Zongo
Lefaso.net



