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Médias & Intelligence artificielle (IA) : Le responsable programmes de la CENOZO, Ignace Sossou, y voit une opportunité et des limites

Publié le vendredi 16 janvier 2026 à 21h07min

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Médias & Intelligence artificielle (IA) : Le responsable programmes de la CENOZO, Ignace Sossou, y voit une opportunité et des limites

L’intelligence artificielle (IA) s’impose désormais comme un outil incontournable dans les pratiques professionnelles, y compris dans le secteur des médias. Consciente de ces mutations, la Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d’investigation en Afrique de l’Ouest (CENOZO) a organisé, du 12 au 14 janvier 2026, un atelier de formation sur la thématique suivante : « Innovations éditoriales : l’IA dans la production de l’information ». La session s’est tenue au Centre de presse Norbert Zongo, à Ouagadougou. Cette formation s’inscrit dans le rôle quotidien de la CENOZO en matière de renforcement des capacités des professionnels des médias. À cette occasion, Lefaso.net a interrogé le responsable programmes de la CENOZO, Ignace Sossou, sur sa perception de l’intelligence artificielle dans la pratique journalistique.

Selon lui, bien qu’elle existe depuis plusieurs années, l’essor récent de l’IA générative, notamment les modèles de type GPT, a profondément transformé les pratiques professionnelles, y compris dans le journalisme. « Aujourd’hui, on observe de plus en plus de journalistes recourir à l’IA générative pour produire directement des contenus médiatiques. Cette pratique constitue une mauvaise utilisation de l’IA dans les médias », a-t-il estimé.

Pour Ignace Sossou, l’intelligence artificielle offre toutefois de réelles opportunités lorsqu’elle est utilisée de manière appropriée. Elle constitue un atout important dans le travail de recherche journalistique. Plusieurs outils basés sur l’IA permettent aujourd’hui d’optimiser la recherche d’informations et d’analyser efficacement de grands volumes de documents, ce qui représente une exploitation positive et responsable de ces technologies.

Elle joue également un rôle croissant dans la production multimédia. Elle permet, par exemple, de transformer des articles écrits en podcasts ou de convertir des contenus audio en courtes vidéos narratives destinées aux plateformes numériques. Ces possibilités contribuent à diversifier les formats de diffusion et à toucher un public plus large, tout en améliorant la productivité des rédactions.

Cependant, il souligne que l’un des principaux écueils demeure l’utilisation d’outils comme ChatGPT pour générer directement des articles de presse.

« Un article de presse tire sa valeur ajoutée de la plume du journaliste. Or, les intelligences artificielles génératives ne sont pas entraînées sur le style propre à chaque journaliste », a souligné le responsable programmes de la CENOZO. Même lorsque les informations sont collectées sur le terrain par le journaliste lui-même, le texte généré par l’IA ne reflète pas pleinement sa signature rédactionnelle, malgré les possibilités de relecture et de correction, a-t-il ajouté.

N’empêche, Ignace Sossou a relevé qu’une évolution intéressante se dessine avec l’émergence des agents d’IA au sein des médias. Désormais, chaque organe de presse peut développer son propre système de génération de contenus à partir des API (interface de programmation d’application d’intelligence artificielle) grâce aux grandes entreprises spécialisées en intelligence artificielle. « Ces modèles peuvent être entraînés sur les habitudes rédactionnelles et la ligne éditoriale d’un média, afin de produire des contenus conformes à son identité. Par ailleurs, l’automatisation permet de générer rapidement des alertes ou des brèves à partir de flux d’information, sous réserve d’une validation humaine avant publication », a-t-il indiqué.

Durant 3 jours, les journalistes ont été équipés d’outils d’intelligence artificielle pour améliorer la qualité, l’efficacité et l’éthique de leurs enquêtes, tout en renforçant leur sécurité numérique

Selon les dires du responsable programmes de la CENOZO, l’intelligence artificielle constitue une opportunité pour améliorer la production journalistique et renforcer la compétitivité des médias, à condition que ses usages soient responsables et encadrés. Il faut surtout promouvoir les bonnes pratiques afin d’améliorer durablement la qualité des contenus de presse, a-t-il conclu.

À noter que cette formation s’inscrit dans le cadre du projet « Promouvoir la transparence et la bonne gouvernance par l’accès à l’information » qui vise à renforcer les capacités des journalistes à travers des ateliers de formation, en ligne et en présentiel, sur l’investigation, le journalisme de données, l’Open source intelligence (OSINT) et l’intelligence artificielle. Ce projet ambitionne également de former les responsables de médias sur le management des organes de presse, la gouvernance éditoriale, les stratégies de développement économique et l’adaptation des rédactions aux évolutions technologiques. Les journalistes du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire sont les principales cibles de cette initiative.

Samirah Bationo
Lefaso.net

Crédit photo : CENOZO

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