Soudan : 33 mois de drame humanitaire, dans le silence et l’impuissance !
Les projecteurs se sont braqués ce vendredi 9 janvier 2026 sur le Soudan, où un conflit a éclaté depuis le 15 avril 2023, et sévit depuis lors. Cela fait 1 000 jours donc, que des affrontements ont éclaté entre deux factions militaires rivales, dirigées par les deux hommes à l’origine du putsch d’octobre 2021 ; d’une part, des Forces armées soudanaises (SAF), pilotées par le général Abdel Fattah al-Burhan, au pouvoir après le putsch, et d’autre part, les Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohammed Hamdan Daglo, dit « Hemetti ». Autant de temps après, et malheureusement, aucun signe d’accalmie et de fin de souffrance des populations ne se profile à l’horizon.
Et même pire, le début de l’année 2026 est marqué par une escalade significative des opérations militaires au Darfour et au Kordofan, aggravant une crise humanitaire que les Nations-unies trouvent être parmi les plus graves au monde, rapporte African Perceptions.
Selon des rapports onusiens et des observateurs indépendants, poursuit le Magazine, les Forces armées soudanaises ont adopté une stratégie d’attrition visant à affaiblir les Forces de soutien rapide par des frappes répétées contre la logistique et les infrastructures.
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« Les dernières données onusiennes révèlent l’ampleur du désastre : 9,3 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays, tandis que plus de 4,3 millions ont fui à l’étranger, exerçant une pression considérable sur les pays voisins. Plus de 21 millions de Soudanais souffrent d’insécurité alimentaire aiguë. Bien que certains déplacés soient retournés à Khartoum, la capitale reste dangereuse, notamment en raison des munitions non explosées. Les villes de Kadugli, capitale du Kordofan du Sud, et de Dilling sont assiégées et isolées, limitant l’accès de la population à la nourriture, aux soins de santé et aux marchés.
Au Darfour, les combats au sol et les attaques de drones se poursuivent, accompagnés de frappes de longue portée sur les infrastructures civiles. Huit enfants auraient été tués lors d’une attaque à Al Obeid, dans le Kordofan du Nord, en début de semaine. Selon l’Unicef, pas moins de 5 000 jeunes sont déplacés quotidiennement depuis le début du conflit. Des millions d’enfants, y compris des nourrissons, risquent d’être victimes de viols. Les femmes subissent des violences et abus sexuels généralisés. Quelque 12 millions de personnes, principalement des femmes et des filles, sont exposées à la violence sexiste. Les ménages dirigés par des femmes sont désormais trois fois plus susceptibles d’être en situation d’insécurité alimentaire, et les trois quarts de ces ménages déclarent ne pas avoir assez à manger », peut-on lire dans ONU info.
A environ trois ans de son déclenchement, le conflit au Soudan porte, une fois de plus, l’impuissance surtout des organisations africaines à être un espoir pour les citoyens et continue d’emporter avec lui, la souffrance de millions de populations soudaines.
Aussi, ce conflit impacte à divers niveaux, de nombreuses communautés africaines résidant dans ce pays, dont de nombreux Burkinabè (lire lien ci-dessous).
- Lien utile : République du Soudan : projecteurs sur la communauté burkinabè avec Dr Moustapha Ouédraogo
O.L.
Lefaso.net

