Études-entrepreneuriat : Ange Sarata Fleur Touré, l’étudiante burkinabè business woman en République populaire de Chine
Ange Sarata Fleur Touré fait partie de la centaine d’étudiants burkinabè qui sont à la conquête du savoir en République populaire de Chine. À côté de ses études, cette étudiante en commerce international de l’université de technologie de Dalian a entrepris aussi un business dans l’import-export depuis son arrivée en décembre 2024. Connue sous le pseudonyme "La Bobolaise" sur TikTok, elle a transformé cette plateforme en véritable outil de business. Avec ses plus de 90 000 abonnés, elle s’est construit une communauté d’affaires en Afrique et même en Europe. Portrait d’une étudiante burkinabè qui allie étude et business en République populaire de Chine.
De son pays, le Burkina Faso, à la Côte d’Ivoire au Cameroun en passant par le Gabon et d’autres pays africains, le business de Ange Sara Fleur Touré a dépassé même les frontières de l’Afrique. En Europe, les pays comme la France, l’Allemagne et la Belgique font partie de son cercle d’affaires. La jeune fille, âgée d’une vingtaine d’années, exporte de la Chine des produits électroniques, des vêtements, des sacs, des téléphones et autres articles.
Quand elle est arrivée en Chine en 2024 pour des raisons d’études, elle a saisi cette occasion pour faire des affaires. Depuis l’obtention de son diplôme de baccalauréat en 2024 au lycée municipal Bambata à Ouagadougou, l’étudiante-tiktokeuse a voulu se lancer dans une activité parallèlement à ses études. Pour elle, la République populaire de Chine est le meilleur endroit qui lui permettrait d’accomplir ce rêve. C’est ainsi qu’elle saisit l’opportunité de se rendre dans l’Empire du Milieu grâce à l’accompagnement de la structure Travel Express sarl pour faire des études dans le domaine du commerce international.
Dès qu’elle a mis pied à l’université de technologie de Dalian (au nord-est de la Chine), elle a aussi entamé son business. « En tant que jeune fille qui venait d’avoir son baccalauréat, je cherchais une activité que je pouvais faire à côté de l’école. C’est dans cette optique que m’est venue cette idée. Juste pour vous dire que je suis venue du Burkina Faso avec cette idée et c’est même l’une des raisons pour lesquelles j’ai choisi la Chine », a-t-elle expliqué. Depuis lors, son activité tourne à plein régime. Elle lui permet de se prendre en charge et de subvenir à d’autres dépenses.
Mais Ange Touré n’oublie pas son école. Elle allie l’école et son commerce avec succès. « Une bonne organisation et surtout une vision claire de mes objectifs me permettent de concilier études et business. Bien vrai que je fais le business, mais je n’oublie pas ce pourquoi je suis venue en Chine », a-t-elle laissé entendre.
« Ce pays, ajoute-t-elle, offre de nombreuses opportunités et surtout pousse à entreprendre. D’ailleurs, c’est la raison qui m’a poussé à choisir cette destination », a-t-elle souligné.
TikTok, d’un outil de divertissement au business
À un an de présence sur le réseau social TikTok, “La Bobolaise” compte déjà plus de 90 000 abonnés. Alors qu’elle était sur cette plateforme pour le divertissement, elle dit se rendre compte qu’elle constitue aussi une meilleure tribune pour le business. C’est ainsi qu’elle a commencé à publier certains articles. Les retours sont satisfaisants ; des clients s’intéressent à ses produits. Elle décide alors de se lancer activement dans ce business d’articles pour répondre à la « forte demande ». Réussir à allier business et études, loin de sa mère patrie, une fierté pour elle.
Quid du pseudonyme “la Bobolaise” sur TikTok ? « J’ai choisi le nom La Bobolaise sur TikTok parce qu’à mes débuts en Chine, lorsque les gens me demandaient où j’étais, je répondais ironiquement que j’étais à Bobo », a-t-elle confié.
Retourner au bercail après les études
Comme la plupart de ses compatriotes étudiants en Chine, elle espère retourner au bercail après ses études. Acquérir de la connaissance pour investir et investir dans son pays, c’est le rêve de cette fille timide en apparence et prolixe sur TikTok. « Pour moi, la Chine est déjà un pays accompli, et il est de notre ressort à nous, étudiants burkinabè en Chine, d’apprendre afin de mettre en pratique les compétences acquises et de contribuer au développement socio-économique de notre pays aussi », a-t-elle conclu, invitant les jeunes à « oser sortir de leur zone de confort ».
En attendant, Ange Sara Fleur Touré continue d’apprendre le mandarin, qu’elle considère comme la langue d’affaires.
Serge Ika Ki
Lefaso.net
