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Origines des emprunts Lyèlé

Publié le mercredi 3 décembre 2025 à 15h42min

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Origines des emprunts Lyèlé

Résumé :
Ce document de vulgarisation est issu d’un article scientifique publié dans la revue Collection recherches & Regards d’Afrique, numéro spécial 2022 (pp. 231-247), par Dr Lazare BAKOUAN et Dr Parfait BABINE, intitulé : « Origines et adaptations morphologiques des emprunts en lyèlé ».
Le lyèlé, langue appartenant au groupe Gur, coexiste avec plusieurs autres langues dans son environnement. Cette situation de contact favorise l’intégration d’emprunts, aussi bien issus des langues internationales de grande communication que des langues nationales africaines. Toutefois, ces emprunts, provenant de diverses origines, subissent une réadaptation afin de s’intégrer à la structure morphologique du lyèlé, en raison des différences phonologiques entre les systèmes linguistiques.
L’objectif de cette étude est de présenter les emprunts du lyèlé, en mettant en évidence leurs origines ainsi que les domaines notionnels dont ils sont issus.
Mots-clés : emprunt, xénisme, emprunt de forme, emprunt de sens.

Introduction

Le lyèlé, à l’instar de plusieurs langues du Burkina Faso, se trouve au carrefour d’aires linguistiques et culturelles. Cette situation a favorisé des contacts prolongés avec diverses langues, aussi bien africaines qu’étrangères. De ce fait, le lyèlé a intégré de nombreux emprunts provenant des langues de son environnement. Ainsi, nous nous interrogeons sur les origines des emprunts en lyèlé. Cette problématique soulève plusieurs questions subsidiaires. Dans quels domaines spécifiques le lyèlé a-t-il emprunté des mots ? De quelles langues proviennent ces emprunts ? Notre objectif est de comprendre les dynamiques des contacts linguistiques à travers les emprunts du lyèlé. Plus spécifiquement, il s’agit de mettre en évidence les langues d’emprunts ainsi que les différents domaines dont ils sont issus. Une telle approche nécessite la prise en compte de cadres conceptuel et méthodologique appropriés.

1. Cadres théorique et conceptuel
1.1. Cadre théorique

Le présent travail s’inscrit dans le cadre du contact de langues, qui considère les phénomènes d’emprunt comme des conséquences naturelles des interactions entre groupes linguistiques. Cette perspective met en évidence les influences réciproques issues des échanges sociaux, économiques, religieux et migratoires. Le lyèlé, langue parlée dans une zone de grande diversité linguistique, illustre bien cette dynamique de coexistence et de perméabilité entre langues.

Nous inscrivons cette étude dans l’approche proposée par Thomason et Kaufman (1988), selon laquelle les emprunts résultent d’un contact prolongé entre locuteurs de langues différentes. Cette approche permet d’expliquer l’intégration, dans le lyèlé, d’éléments provenant des langues voisines (mooré, dioula, achanti) et des langues à large diffusion comme le français, l’anglais et l’arabe. Elle met en relief les processus d’adaptation phonologique, morphologique et sémantique, tout en soulignant le rôle actif des locuteurs dans la sélection et la stabilisation des emprunts, signes de vitalité et d’évolution linguistique.

1.2. Cadre conceptuel

En linguistique, la clarification des concepts est essentielle à la compréhension de toute recherche. C’est pourquoi nous présentons ici quelques notions liées au contact des langues, afin de faciliter la compréhension de notre étude.
 L’emprunt
Selon J. Dubois et al. (2007,p. 177), « Il y a emprunt linguistique quand un parler A utilisé et finit par intégrer une unité ou un trait linguistique qui existait précédemment dans un parler B (dit langue source) et que A ne connaissait pas ; l’unité ou le trait emprunté sont eux-mêmes qualifiés d’emprunts. »

A. Batiana (2008,p. 132) définit l’emprunt comme « le processus consistant, pour une langue, à introduire dans son lexique un terme venu d’une autre langue ».
L’emprunt peut porter soit sur la forme, soit sur le sens.
L’emprunt de forme, également appelé emprunt lexématique, consiste en l’adoption d’un mot ou d’une expression provenant d’une langue A et utilisé dans une langue B. Pour être considéré comme un emprunt de forme, cet élément doit répondre à plusieurs critères :

• être largement diffusé dans l’aire linguistique de la langue B ;
• être accessible à l’ensemble des locuteurs de cette langue ;
• être pleinement intégré et adapté au système linguistique de la langue B.

Il devient alors une nouvelle unité linguistique dans la langue B, la langue d’accueil. En lyèlé, ce type d’emprunt s’opère essentiellement au niveau morphologique : le mot est naturalisé et s’ajuste entièrement au système de la langue lyèlé. Ces transformations se manifestent notamment par des phénomènes de réduction, d’allongement et de substitution. La présente étude porte sur l’emprunt de forme.

L’emprunt de sens est encore appelé emprunt sémantique ou calque. Selon A. Kéita(1997), « il est la dénomination d’une notion, ou la traduction d’une lexie simple ou complexe de la langue source en des lexies simples ou complexes appartenant à la variété usuelle de la langue cible ». Il s’agit en effet, d’un transfert de sens ou de concept dans la langue cible par les termes qui sont propres à cette dernière.
Les emprunts sémantiques en lyèlé sont généralement des lexies composées. Les notions telles que tɛ̀rɛ́-nã̀ (train), nɛ̃̌-ʃɔ̄ (baptême) sont des emprunts de forme.

 Le xénisme
Selon J. Dubois et al. (2007, p. 512), le xénisme est une unité lexicale constituée par un mot d’une langue étrangère et désignant une réalité propre à la culture des locuteurs de cette langue. En d’autres termes, il désigne l’introduction de mots étrangers dans une langue donnée, sans que cela n’altère la graphie, et sans ajouter les marques de genre et de nombre de la langue hôte. Quand le mot, ou l’expression, étranger est d’une part plus court et d’autre part intraduisible, le xénisme est légitime ; il est inutile lorsque l’équivalent français existe.

A. Kéita (2021, p. 97) précise en ces termes que le xénisme fait la description d’une réalité spécifique qui n’existait pas dans la langue cible et est ainsi le premier stade de l’emprunt. Avec le temps, il s’intègre petit à petit dans la langue receveuse, et les locuteurs s’habituent à prononcer ce mot, puis cessent de le considérer comme un mot étranger ; par conséquent, le xénisme devient un emprunt. Il est considéré comme une étape dans le passage d’un mot d’une langue à une autre. Le xénisme est absent dans les textes anciens, les dictionnaires et les encyclopédies de la langue emprunteuse.

2. Méthodologique de recherche

Pour mener à bien cette étude, nous avons combiné une recherche documentaire et une enquête de terrain. La recherche documentaire a consisté à consulter des ouvrages de lexicologie et de contact de langues, avant d’inventorier les termes empruntés à d’autres langues à partir de lexiques, d’ouvrages didactiques, de documents littéraires et de la Bible traduite en lyèlé.

Nous avons également collecté des données sur le terrain auprès des locuteurs du lyèlé dans les villages de Réo, Ténado et Didyr, où vivent des locuteurs natifs. Au cours de cette enquête, nous avons observé et relevé les emprunts présents dans la langue selon des critères spécifiques, puis nous les avons transcrits phonétiquement, en nous basant sur la variété intermédiaire du lyèlé. Ces emprunts ont été classés par domaine notionnel et la langue emprunteuse.

3. Le lyèlé comme langue en contact

Le lyèlé est la langue des Lyela. Selon G. Manessy (1979), le lyèlé est une langue Gur du sous-groupe occidental des langues Gurunsi. G. Kédrebeogo (1988) précise qu’il en existe huit au Burkina Faso, réparties entre le sous-groupe central et le sous-groupe occidental.
Les langues du sous-groupe central sont : winɩɛ̃ (ko), sɩsalɩ (sisaala) et pwo (pougouli) ; celles du sous-groupe occidental sont : samoma, kasɩm, nuni, lyèlé et pana.

Les locuteurs du lyèlé sont appelés Lyel [Lyěl] au singulier et Lyela [lyèlá ] au pluriel. Certains se désignent sous le nom de Nuna [nūnā] et parlent le nuni [nūnī]. Ils résident principalement dans la province du Sanguié, région de Nando, mais possèdent également quelques villages dans les provinces du Boulkiemdé, du Passoré et du Nayala.

Il existe une intercompréhension entre les locuteurs des différentes variétés de la langue. Selon A. Batiana (1985,p. 68), il n’existe pas de différences syntaxiques significatives entre les variétés du lyèlé, bien que de légères variations phonétiques, phonologiques et lexicales puissent être observées. Ces divergences n’affectent toutefois pas l’intelligibilité de la langue. O. Bazié (2002, p. 85) confirme cette constatation et y ajoute une analyse dialectométrique, distinguant quatre zones dialectales :

• Zone A  : variété de Kandarzana dans la commune de Godyr ;
• Zone B  : variétés de Dassa, Didyr, Godyr, Gossina, Kordié, Samba et Nanoro ;
• Zone C  : variétés de Goundi, Koudougou, Kyon, Ténado, Réo et Imasgho ;
• Zone D  : variétés de Ténado (Bavila, Baguiomo, Batondo, Bido) et Zamo (Kwalio, Bwo).

Les différences lexicales entre ces différentes variétés sont estimées à 18,46 % (O. Bazié 2002,p. 85) ; ce qui montre qu’il ne s’agit pas de dialectes distincts, mais des parlers d’une même langue.
Dans le cadre de l’évolution linguistique du lyèlé, il est manifeste que cette langue a intégré de nombreux emprunts issus de diverses sphères de la vie sociale, économique et culturelle. Ces emprunts, souvent motivés par des contacts interlinguistiques et des besoins communicationnels spécifiques, témoignent de la dynamique lexicale du lyèlé face aux réalités contemporaines. Les domaines concernés par ces influences lexicales sont multiples, notamment la religion, l’éducation, le commerce, l’agriculture, l’élevage, la santé, la justice, la gastronomie, l’habillement ainsi que les mathématiques. Cette diversité illustre non seulement l’adaptabilité du lyèlé, mais aussi son ouverture aux innovations terminologiques induites par la modernité et les échanges interculturels.

Le lyèlé partage des frontières linguistiques avec le mooré, le nuni et le san, et ses locuteurs vivent également aux côtés de ceux du fulfuldé.
Les locuteurs de cette langue ont été pendant longtemps en contact avec plusieurs langues, ce qui a favorisé l’enrichissement lexical de leur langue par des emprunts linguistiques provenant de divers horizons. A. Batiana (2008,p. 132) souligne que le lyèlé a intégré des lexèmes issus de langues nationales et internationales, notamment le mooré, le dioula, le français, l’anglais, ainsi que certaines langues ghanéennes.

Pour L. Bakouan (2017,p. 68) «  en plus de ces langues, plusieurs sources indiquent que le lyèlé a également emprunté à l’arabe, au haoussa, au songhaï et au wolof  ». Il précise aussi que de nombreux emprunts ont par ailleurs transité par d’autres langues, telles que le mooré et le dioula, avant d’être intégrés dans le lexique lyèlé. Ces emprunts, d’origines diverses, montrent que le lyèlé a intégré un nombre important de langues africaines, telles que le mooré, le dioula, le haoussa, le wolof et l’ashanti, ainsi que des langues étrangères comme le français, l’anglais et l’arabe.

4. Les langues d’emprunt du lyèlé

Les emprunts linguistiques en lyèlé sont issus à la fois de langues étrangères et de langues africaines, incluant notamment les langues nationales et sous-régionales en contact avec ses locuteurs.

4.1. Les emprunts aux langues étrangères

La présence des locuteurs du lyèlé dans les grandes villes du Burkina Faso et de la sous-région a favorisé le contact avec plusieurs langues étrangères, notamment à travers la cohabitation avec diverses communautés, ce qui a permis d’emprunter des mots à des langues de grande communication telles que le français et l’anglais. De plus, l’école formelle et l’enseignement religieux du Coran pour les musulmans ainsi que de la Bible pour les chrétiens ont également contribué à l’emprunt de mots au français et à l’arabe.

4.1.1. Les emprunts au français

Le français est une langue dont le lyèlé a beaucoup emprunté et continue d’emprunter. Longtemps langue officielle du Burkina Faso, elle demeure aujourd’hui la langue de travail, de grande communication et la principale langue du système éducatif. Cette situation conduit les locuteurs du lyèlé à intégrer des mots français, soit par effet de mode, soit pour combler des lacunes lexicales dans leur langue.
Exemples

Ces emprunts font désormais partie du lexique courant des locuteurs du lyèlé, qui les prononcent comme des mots de leur propre langue, bien qu’ils soient d’origine française.

2.1.2. Les emprunts à l’anglais

L’anglais occupe une place importante auprès des populations africaines, étant utilisé dans de nombreux domaines d’activité. Les locuteurs du lyèlé ont emprunté de nombreux termes à cette langue, ce qui s’explique en partie par le fait qu’une partie d’entre eux a vécu au Ghana, pays anglophone de l’Afrique de l’Ouest où beaucoup de Lyela ont résident.

Exemples

2.1.3. Les emprunts à l’arabe
L’arabe est utilisé au Burkina Faso dans les domaines religieux, académique et diplomatique. Bien que le nombre de ses locuteurs soit relativement faible, le lyèlé a intégré certains emprunts issus de cette langue. Cela s’explique par la forte présence de la communauté musulmane au Burkina Faso, pour laquelle l’arabe constitue une langue de référence. Du fait que l’islam compte parmi les religions pratiquées par les locuteurs du lyèlé, cette configuration socioreligieuse a favorisé l’intégration d’un lexique essentiellement religieux.

Exemples

4.2. Les emprunts aux langues africaines

Ouverts aux autres communautés africaines, tant à l’intérieur du pays qu’au-delà, les Lyela ont emprunté à plusieurs langues africaines, notamment le mooré, le dioula, le haoussa, le wolof et les langues Akan.

4.2.1. Les emprunts au mooré

Le mooré est une langue géographiquement proche du lyèlé, avec laquelle ce dernier partage ses frontières nord, est et sud. Les locuteurs du mooré sont par ailleurs fortement intégrés à la communauté lyèla, tandis que de nombreux locuteurs du lyèlé se déplacent ou migrent vers de grands centres mossé tels que Koudougou, Yako et Ouagadougou. Ces interactions soutenues entre populations et langues ont favorisé l’emprunt massif de lexèmes lyèlé au mooré.

Exemples

4.2.2. Les emprunts au dioula

Le dioula constitue l’une des langues africaines dont le lyèlé a le plus emprunté le lexique. Cet emprunt massif s’explique par les contacts soutenus entre les populations lyèla et les locuteurs du dioula, notamment dans les marchés de Bobo-Dioulasso et de Côte-d’Ivoire, ainsi que dans les zones de plantations situées au sud du Burkina Faso et en Côte-d’Ivoire. Certains de ces emprunts sont indirects, ayant transité par d’autres langues, ce qui renvoie à la notion de « traçabilité » évoquée par A. Batiana (2008).

Exemples

2.3. Les emprunts transités

Il arrive parfois qu’une langue emprunte un mot à une autre langue qui elle-même l’a emprunté ailleurs. On parle alors d’« emprunts transités », c’est-à-dire de lexèmes ayant circulé à travers plusieurs langues avant d’être intégrés. Ce phénomène est particulièrement répandu dans les langues africaines. Dans le cas du lyèlé, les principales langues de transit sont le dioula, le mooré et certaines langues ghanéennes.
Exemples

En plus de ces types d’emprunts, il faut préciser que le lyèlé possède quelques rares emprunts issus d’autres langues Ouest-africaines.

Exemples

4.4. Similitudes entre le lyèlé et d’autres langues du Burkina Faso

Le lyèlé présente des similitudes avec d’autres langues gur, qui auraient pu être en contact avec lui à un moment de l’histoire. La plupart de ces similitudes se manifestent au niveau lexical. Cependant, il n’a pas encore été possible de déterminer avec certitude le rapport entre la langue emprunteuse et la langue prêteuse. Parmi ces langues figurent le koronfé, le kalemsé et le pana.

4.4.1. Similitude entre le lyèlé et le koronfé

Le koronfé est une langue gur du nord du Burkina Faso, parlée autour d’Arbinda et de Mengao. Selon I. Guiré (2007), des similitudes existent entre le lyèlé et le koronfé. Pour le moment, il n’a pas encore été possible de déterminer quelle langue est emprunteuse et quelle langue est prêteuse.

Exemples

4.4.2. Similitude entre le lyèlé et le samoma

Le samoma, encore appelé kalemse est une langue gur localisée dans la région du Sourou au Burkina Faso ainsi qu’au Mali. Selon G. Kédrebéogo (1989, p. 18), le kalemse se rattache au groupe Gurunsi occidental, aux côtés du kasɩm, du nuni, du lyèlé et du pãna. Ses similitudes lexicales sont nombreuses avec l’ensemble de ces langues, mais elles sont particulièrement marquées avec le lyèlé.

Exemples

4.4.3. Similitude entre le lyèlé et le pana

Le pana est une langue gur parlée au nord du Burkina Faso et dans la région limitrophe du Mali au long du fleuve Sourou. Les locuteurs de ces langues incrustées parmi les samo ont une organisation politique et sociale apparentées à celles des Gurunsi. C’est une langue qui présente de grandes similitudes au niveau lexical avec le lyèlé.

Exemples

Ces nombreuses similitudes lexicales entre le lyèlé et d’autres langues gur du Burkina Faso témoignent de contacts historiques et d’interactions culturelles, bien que la direction de ces emprunts linguistiques reste encore indéterminée.

Conclusion

L’analyse des origines des emprunts en lyèlé révèle que cette langue s’est enrichie grâce à une longue histoire de contacts humains et culturels. Les emprunts, qu’ils soient directs ou transitifs, illustrent non seulement l’ouverture du lyèlé à des influences multiples, mais aussi sa capacité à intégrer et à adapter des éléments étrangers à sa structure phonologique, morphologique et sémantique. Les influences du français, de l’anglais, de l’arabe et des langues africaines voisines témoignent d’une évolution linguistique en constante interaction avec les dynamiques sociales, économiques et religieuses du Burkina Faso et de la sous-région. Ainsi, loin de constituer une simple dépendance lexicale, les emprunts traduisent une créativité linguistique et un brassage culturel qui participent à la vitalité et à la modernité du lyèlé.

Lazare BAKOUAN
Institut des Sciences des Sociétés/CNRST, Burkina Faso
bakouanlazare@gmail.com

Parfait BABINE
Université Joseph KI-ZERBO, Burkina Faso
babineparfait@gmail.com

Références bibliographiques

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MANESSY G. (1979). Contribution à la classification généalogique des langues voltaïques, Langues et civilisations à tradition orale, n°37, Paris, SELAF, p.109-492.
THOMASON, S. G., et KAUFMAN, T. (1988). Language contact, creolization, and genetic linguistics. Berkeley : University of California Press, pp. 411.

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