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Soutenance de licence à l’ISCOM : Latifatou Zougmoré explore les stratégies de vérification de l’information de Fasocheck

Publié le dimanche 30 novembre 2025 à 23h00min

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Soutenance de licence à l’ISCOM : Latifatou Zougmoré explore les stratégies de vérification de l’information de Fasocheck

Latifatou Zougmoré est la dernière des cinq étudiants de l’Institut supérieur de la communication et du multimédia (ISCOM) à avoir présenté son mémoire en vue de l’obtention de sa licence.

Sa soutenance, qui a porté sur le thème « La lutte contre la désinformation au Burkina Faso : étude de l’expérience de Fasocheck », lui a valu le diplôme de licence en journalisme numérique avec mention très bien, avec une note de 16/20.

« Je suis très émue des résultats. C’était pas facile mais j’y suis arrivée. Je remercie toutes ces personnes qui ont cru en moi. Mon souhait, c’est de continuer mes études en master et d’être une grande présentatrice de journal télévisé », a-t-elle indiqué.

Son travail a mis en évidence les différentes stratégies utilisées par Fasocheck pour lutter contre la désinformation. Il en ressort que la plateforme s’appuie essentiellement sur le fact-checking, l’analyse rigoureuse des sources et l’examen du contenu pour déceler et corriger les fausses informations. Cependant, au terme de cette analyse et de la vérification des hypothèses, plusieurs limites dans la mise en œuvre de ces stratégies ont été relevées.

L’étude a d’abord mis en lumière une difficulté d’accès à certaines sources d’information, ce qui réduit la capacité des journalistes à approfondir certains sujets et peut affecter la crédibilité de leurs vérifications. Elle a également souligné l’irrégularité dans la production des articles de fact-checking, un problème lié au nombre réduit de journalistes spécialisés et au passage obligatoire de toutes les vérifications par le rédacteur en chef pour validation. Ce mode de fonctionnement rallonge les délais et entraîne des retards de publication, ce qui diminue la pertinence des articles, souvent liés à l’actualité immédiate. Enfin, la recherche a révélé une faible visibilité en ligne et un mauvais référencement du site web de Fasocheck, dont la présence limitée sur les réseaux sociaux restreint la portée auprès du public.

Pour remédier à ces insuffisances, plusieurs recommandations ont été formulées. Il est ainsi suggéré de renforcer les capacités des journalistes par des formations sur les outils numériques de recherche, de veille informationnelle et de vérification, afin d’améliorer la rapidité et la qualité des contenus produits. L’étude encourage également l’exploration de sources alternatives fiables pour diversifier les informations vérifiables. Par ailleurs, la candidate recommande d’accroître la notoriété de Fasocheck en tant que média spécialisé dans le fact-checking, afin de susciter davantage l’intérêt du public et de faciliter l’accès à certaines sources essentielles souvent réticentes. Enfin, elle propose de mettre en place des mécanismes internes plus souples pour accélérer la validation et la diffusion des articles.

Le jury était composé du Dr Cyriaque Paré (président), du Dr Bendjeda Ousmane Paré (directeur de mémoire) et du Dr Aminata Ouédraogo (évaluatrice).

Interrogé sur le fait de voir cinq de ses étudiants soutenir leur mémoire, le Dr Cyriaque Paré, fondateur de l’ISCOM, a exprimé sa joie et sa satisfaction. Il a souligné que c’est un plaisir de participer à un exercice qui montre l’engagement des étudiants jusqu’au terme de leur parcours.

« Il y a eu beaucoup de thèmes d’actualité. Dès ce matin, nous avons commencé avec un thème sur tradition et modernisme. Nous avons vu comment les technologies de l’information et de la communication pouvaient servir à la conservation du patrimoine culturel, avec le cas du royaume de Bouzma, qui a utilisé les réseaux sociaux pour populariser le conte et préserver cette valeur traditionnelle en matière d’éducation. Nous avons aussi eu des thèmes sur le fact-checking, qui est aujourd’hui une pratique capitale, à une période où nous vivons ce qu’on appelle le désordre de l’information avec la prolifération des fake news et tout ce qu’il y a comme manipulation de l’information. Entre ces deux, vous avez eu beaucoup d’autres thématiques tout aussi intéressantes qui ont permis de passer un peu en revue des questions d’actualité qui concernent la pratique du journalisme, et de la communication digitale, et ce qui peut servir de point d’exercice pour des apprentis en communication, en journalisme, mais aussi pour des chercheurs », a souligné le fondateur de l’institut, également fondateur du média en ligne Lefaso.net.

Hanifa Koussoubé
Lefaso.net

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