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Burkina/Agriculture : Les producteurs semenciers font le point 2024 et tracent les perspectives

Publié le mardi 11 novembre 2025 à 21h03min

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Burkina/Agriculture : Les producteurs semenciers font le point 2024 et tracent les perspectives

Réunis ce 11 novembre 2025 au siège de l’Union nationale des sociétés coopératives des producteurs semenciers du Burkina (UNPS-B), à Ouagadougou, plusieurs dizaines d’acteurs de la filière sont venus participer aux travaux de leur assemblée générale ordinaire 2024. Une rencontre annuelle pour faire le bilan et faire une projection des activités du secteur. L’ouverture officielle a été faite par le ministre de l’agriculture, des ressources animales et halieutiques, représenté par son secrétaire général, Gaoussou Sanou.

Dans ce contexte marqué par les défis sécuritaires, le changement climatique et les nouvelles ambitions du gouvernement pour l’autosuffisance alimentaire, les producteurs semenciers souhaitent faire de cette assemblée une étape décisive vers une meilleure structuration et une plus grande capacité de production. En ouvrant les travaux, le secrétaire général Gaoussou Sanou, au nom du ministre, a salué la régularité des instances de l’UNPS-B, gage de transparence et de bonne gouvernance. Il a rappelé que la semence reste « le premier maillon de la chaîne de production agricole », expliquant qu’aucune politique agricole durable ne peut prospérer sans une semence de qualité, fiable et disponible. Le message du ministre se voulait encourageant, mais aussi exigeant. Il a réaffirmé également son engagement à accompagner la professionnalisation du secteur, particulièrement à travers un appui renforcé à la structuration et à la valorisation de la production semencière locale. « Le gouvernement a décidé de mettre à la disposition des petits producteurs agricoles 20 000 tonnes de semences certifiées pour la campagne humide 2025-2026. Une planification de 20 000 tonnes par an est prévue pour les cinq prochaines années », a-t-il précisé dans son discours.

Le secrétaire général, Gaoussou Sanou, représentant le ministre de l’agriculture, des ressources animales et halieutiques à l’ouverture de l’assemblée générale ordinaire 2024 de l’UNPS-B

Une annonce qui rassure l’union et lui offre un cadre stable pour mieux anticiper et organiser la production dans les différentes régions. Dans son intervention, le président de l’UNPS-B, Inoussa Ouédraogo, a dressé un bilan satisfaisant. « Nous pouvons dire que c’est assez satisfaisant avec un taux d’exécution de 83 % et un taux d’exécution financier qui frôle les 90 % », a-t-il expliqué. Pour lui, ces résultats sont d’autant plus encourageants que le contexte national reste marqué par d’importantes contraintes sécuritaires. Selon lui, la vision des autorités et le dynamisme actuel du ministère de l’Agriculture permettent à la filière de se projeter avec ambition. Il insiste cependant sur la nécessité de redoubler d’efforts pour accompagner les objectifs nationaux en matière d’autosuffisance alimentaire. « Les producteurs sont très conscients des attentes du gouvernement et du peuple burkinabè, surtout en matière de disponibilité de semences de qualité », a-t-il rappelé.

L’un des défis majeurs évoqués par le président reste la situation sécuritaire, qui a contraint plusieurs producteurs à se déplacer. Malgré cela, l’Union assure avoir procédé à des réajustements internes permettant à de nombreux producteurs de poursuivre leurs activités dans d’autres localités. Parmi les autres défis se trouvent la planification à long terme, la question de la mécanisation et la mobilisation des jeunes dans la production agricole.

Le président de l’UNPS-B, Inoussa Ouédraogo, a dressé un bilan satisfaisant

Mécaniser pour maintenir la compétitivité

La question de la mécanisation a constitué un point central pour le président de l’UNPS-B. Constatant le désintérêt croissant des jeunes pour l’agriculture, accentué par l’attrait du secteur minier, l’Union estime que seule une mécanisation accrue pourrait rendre les travaux agricoles plus attractifs et moins pénibles. « Sans mécanisation, l’activité reste difficile, et il devient compliqué de mobiliser les jeunes autour de la production agricole », a expliqué Inoussa Ouédraogo. L’UNPS-B travaille actuellement à renforcer les capacités matérielles de ses membres et annonce une avancée majeure : une prochaine convention avec le ministère de l’Agriculture pour l’acquisition de 167 tracteurs destinés aux producteurs semenciers.

Le président de l’union a mis en avant des avancées importantes enregistrées au cours de l’année. Il y a le renforcement des capacités des producteurs à travers des formations et un meilleur accès aux intrants, la certification renforcée des semences, gage de compétitivité au niveau régional, l’inscription officielle du Burkina au système OCDE, ouvrant de nouvelles opportunités commerciales, la signature d’une convention pour fournir chaque année 20 000 tonnes de semences sur cinq ans, etc. Ces acquis, a-t-il dit, montrent que malgré les contraintes, la filière semencière burkinabè avance, structurée par une vision à long terme et un travail collectif visible.

Joseph Tiéba, producteur semencier dans la région de Banfora et vice-président de l’UNPS-B, remercie le gouvernement pour ses efforts

Producteur dans la région de Banfora et vice-président de l’UNPS-B, Joseph Tiéba estime que cette assemblée vient à point nommé pour affiner la stratégie. « Après le travail, il est bien de se retrouver pour faire le bilan et donner une bonne directive aux actions futures », confie-t-il. Il souligne une avancée majeure : la production de semences est aujourd’hui mieux corrélée aux besoins réels, grâce à l’appui technique du ministère. « Avant, on produisait sans tenir compte des besoins. Maintenant, avec la formation et le matériel technique, c’est plus rationnel », se réjouit-il.

Avant de déclarer les travaux ouverts, le secrétaire général a insisté sur l’importance de faire de cette rencontre un moment de lucidité collective. Les producteurs sont invités à proposer des solutions réalistes et à maintenir une cohésion interne forte, condition indispensable pour relever les défis qui se posent à eux. L’assemblée générale se poursuit jusqu’au 12 novembre 2025 avec des discussions techniques, la validation du rapport d’activités et du rapport financier, mais aussi des échanges de terrain permettant d’orienter les actions futures.

Farida Thiombiano
Crédit photo : Bonaventure Paré
Lefaso.net

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