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Burkina : La gestion durable des ressources naturelles au Sahel au cœur d’un forum à Ouagadougou

Publié le lundi 15 septembre 2025 à 15h56min

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Burkina : La gestion durable des ressources naturelles au Sahel au cœur d’un forum à Ouagadougou

L’Agence belge de coopération internationale (Enabel) et l’Organisation néerlandaise de développement (SNV) ont coorganisé un Forum des acteurs de la gestion durable des ressources naturelles pour la résilience au Sahel. Ce forum de 72h a été officiellement ouvert sous la présidence du ministère de l’Environnement, de l’eau et de l’assainissement, ce lundi 15 septembre 2025, à Ouagadougou. La cérémonie s’est déroulée en présence de personnalités de marque dont l’ambassadeur du Royaume de Belgique, Erwin De Wandel, le directeur pays Burkina Faso et Mali de Enabel, Danny Denolf, ainsi que le représentant de la Délégation spéciale de Ouagadougou, Yacouba Traoré.

« Que répondrons-nous à nos enfants dans 20 ans quand ils nous demanderont pourquoi les sols se sont épuisés, pourquoi les forêts ont disparu, pourquoi l’eau est devenue rare ? ». C’est par cette interpellation qu’a introduit son discours, le directeur pays Burkina et Mali de Enabel, Danny Denolf. Pour lui, la dégradation des ressources naturelles est une réalité tangible qui menace la sécurité alimentaire, l’emploi des jeunes, la paix sociale et même la richesse nationale. « Ce qui se joue ici conditionne nos écoles, nos hôpitaux et les emplois de demain », a-t-il martelé, insistant sur la responsabilité collective des décideurs politiques, experts, partenaires techniques et financiers et représentants de la société civile réunis à Ouagadougou.

Le directeur pays Burkina et Mali de Enabel, Danny Denolf a appelé les participants à penser au-delà des frontières nationales, remettre en question les pratiques actuelles, même celles qui paraissent confortables, et surtout formuler des solutions concrètes et applicables

Chaque hectare restauré peut changer l’avenir du Sahel

Il a tenu à souligner la richesse de la diversité représentée dans la salle, avec des délégations venues de neuf pays d’Afrique et d’Europe, saluées dans leurs langues respectives. Pour lui, cette diversité est bien plus qu’un symbole : elle est un atout essentiel dans un monde polarisé. Clôturant son intervention sur une note d’espoir et de détermination, il a invité les participants à écrire ensemble « une histoire de résilience et de prospérité », mais aussi à garder en tête que chaque hectare restauré, et chaque décision courageuse peuvent changer des vies et l’avenir du Sahel.

Ce rendez-vous de haut niveau réunit décideurs, experts, organisations de la société civile et acteurs du développement autour d’un enjeu majeur : comment renforcer la résilience des communautés sahéliennes face aux défis climatiques et environnementaux ? Panels, ateliers interactifs, échanges d’expériences sur la restauration des écosystèmes, la gestion durable des terres et des eaux, ainsi que les solutions innovantes pour concilier développement économique et préservation des ressources naturelles, sont au programme.

Les participants au Forum des acteurs de la gestion durable des ressources naturelles pour la résilience au Sahel

Une économie respectueuse de l’environnement

L’intervention de l’ambassadeur du Royaume de Belgique, Erwin De Wandel, s’est articulée autour de trois axes, le contexte climatique exigeant du Sahel, l’engagement de la Belgique, et les attentes pour ce forum. L’ambassadeur a aussi dressé un état des lieux des défis de la région, dégradation des sols, changement climatique, pressions démographiques et crises humanitaires, qui menacent directement la sécurité alimentaire et la résilience des populations. Mais il a aussi insisté sur le potentiel du Sahel, où des initiatives locales, souvent innovantes, démontrent qu’il est possible de restaurer les terres, mieux gérer l’eau et développer des activités économiques respectueuses de l’environnement.

L’ambassadeur a exprimé ses remerciements au gouvernement du Burkina Faso, au ministère en charge de l’environnement, ainsi qu’aux organisateurs Enabel et SNV pour la qualité de la co-organisation de ce forum régional. Il a également salué l’engagement des expertes et experts venus de toute la région, rappelant que leur présence illustre une mobilisation collective pour la cause commune de la gestion durable des ressources naturelles.

L’ambassadeur du Royaume de Belgique, Erwin De Wandel a mis en avant le portefeuille Thématique Climat Sahel (2022–2027), à travers lequel la Belgique soutient des actions concrètes au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Sénégal

Ce programme, a-t-il précisé, traduit la conviction que la gestion durable des ressources naturelles est essentielle pour lutter contre les effets du changement climatique et renforcer la résilience des populations.

L’importance de la coopération

Ouvrant les travaux du présent forum régional, le secrétaire général du ministère de l’Environnement, de l’eau et de l’assainissement, Dr Boureima Kouanda, a rappelé l’urgence écologique à laquelle fait face le Burkina Faso et l’ensemble des pays sahéliens. Parmi les défis relevés, sont la désertification, l’appauvrissement des sols, la variabilité climatique, la disparition de la biodiversité, et la pression démographique. Face à ces défis, le représentant du ministre de l’environnement a réaffirmé la volonté du pays d’agir en plaçant la reforestation et la restauration des écosystèmes au cœur de sa stratégie de résilience.

Dr Boureima Kouanda, représentant le ministre de l’environnement, est revenu sur les initiatives marquantes de l’année 2025, à l’instar de la 7ᵉ Journée nationale de l’arbre, ayant permis la mobilisation de millions de citoyens pour planter 5 millions d’arbres en 1h

À cela s’ajoutent le lancement du projet « Une province, un bosquet médicinal », la mise en place de jardins botaniques dans les écoles, et l’initiative sportive « Le coup de pédale pour l’arbre ». Ces actions concrètes, selon lui, démontrent que la gestion durable des ressources naturelles n’est pas un simple concept mais une réalité vécue, qui touche l’eau, la terre et les ressources ligneuses et non ligneuses, tout en créant des opportunités économiques.

Le représentant du ministre a insisté sur l’importance de la coopération entre États, organisations et communautés pour faire face à ces défis globaux. Il a présenté ce forum comme un espace stratégique de partage d’expériences, d’apprentissage mutuel et de construction de synergies, avec l’espoir qu’il aboutisse à un plan d’action commun et des résultats tangibles pour renforcer la résilience des populations.

« Que nos travaux contribuent à inspirer des initiatives concrètes et à tracer la voie vers une gestion plus juste, équitable et durable de nos ressources naturelles », Yacouba Traoré, représentant de la Délégation spéciale de Ouagadougou

Dr Kouanda a exprimé sa gratitude aux partenaires techniques et financiers, notamment le Royaume de Belgique à travers Enabel et la coopération néerlandaise via la SNV, ainsi qu’aux collectivités locales, aux organisations communautaires, aux femmes et aux jeunes qui sont, selon ses mots, « les véritables acteurs de la résilience ». Il a enfin invité les participants à un dialogue inclusif et constructif, avant de déclarer officiellement ouverts les travaux du forum. Enabel et SNV entendent, à travers ce forum, stimuler les synergies entre acteurs et encourager la mise en œuvre de pratiques durables pour assurer un avenir plus sûr aux populations du Sahel.

Ce forum, qui se veut bien plus qu’un simple rendez-vous technique, ouvre la voie à une nouvelle dynamique pour le Sahel. En réunissant experts et acteurs de terrain autour d’un même objectif, il rappelle que la résilience de la région dépend de l’action collective et de l’innovation partagée. Les trois jours de réflexion et de collaboration annoncés portent l’espoir de voir émerger des solutions concrètes, capables de reverdir les terres, de protéger les ressources vitales et d’offrir un avenir plus sûr et plus prospère aux populations sahéliennes.

Hamed Nanéma
Lefaso.net

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