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Littérature : « Burkina Faso, un ténor de l’or », la nouvelle œuvre de Ag Ibrahim Mohamed

Publié le jeudi 11 septembre 2025 à 21h30min

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Littérature : « Burkina Faso, un ténor de l’or », la nouvelle œuvre de Ag Ibrahim Mohamed

Après "Les pépites d’Essakane" en 2023, Ag Ibrahim Mohamed revient sur le marché littéraire ce jeudi 11 septembre 2025, en préfaçant son œuvre intitulée "Burkina Faso, un ténor de l’or". Pour avoir passé plus d’une dizaine d’années dans le secteur minier, l’auteur entend, dans un premier temps, à travers ce livre de 345 pages, apporter sa contribution à informer les populations au sujet du secteur minier. Par ailleurs, il rend hommage aux acteurs qui ont contribué à faire de ce secteur ce qu’il est aujourd’hui, c’est-à-dire un secteur pourvoyeur d’emplois, et dont la contribution au développement du pays n’est plus à démontrer.

« Sociable, généreux, travailleur », sont entre autres qualificatifs que ne manquent pas de lui donner ses proches, eux qui partagent son quotidien et avec qui ils prennent plaisir à échanger. Mais pour celui qui l’a enseigné sur les bancs de l’université, en l’occurrence Pr Serge Théophile Balima, l’homme est intelligent, alerte d’esprit, frondeur. Qu’il devienne écrivain quelques dizaines d’années après ne l’étonne guère, car depuis jeune, il dit avoir relevé chez le jeune Mohamed une perspicacité dans ses réflexions sur les sujets à l’ordre du jour dans les débats.

En 2023, lorsqu’il dédicaçait sa première œuvre intitulée "Les pépites d’Essakane", laquelle rendait hommage à 40 femmes au parcours exemplaire dans le secteur minier, Ag Ibrahim Mohamed avait déjà une nette idée de ce que serait son prochain livre. Quelques deux années plus tard, toujours passionné par ce secteur où il a passé plus d’une dizaine d’années, l’ex-directeur général du Fonds d’appui à la presse privée refait surface sur le marché littéraire avec "Burkina Faso, un ténor de l’or", œuvre préfacée par l’ancien ministre de la Communication, Pr Serge Théophile Balima.

« Sur plus de 30 ministres, on n’a pas encore eu une seule femme en charge du département des mines », regrette l’auteur

Contrairement à certains qui, piqués par une inspiration des dieux de la littérature, pourraient écrire sur une période bien précise, « Ag », comme l’appellent ses intimes, fait parler à travers son œuvre, son expérience, ce qu’il a vu, entendu et compris, étant dans ce milieu. En bon journaliste de formation, l’homme a pris le soin de collecter les informations, de rencontrer certaines personnes ressources à même de lui donner des informations pour enrichir son livre, parcouru environ 400 articles de presse et consulté de nombreux auteurs : Résultat, une œuvre de 345 pages, comportant six parties décortiquées en 20 chapitres.

« Il scrute avec un œil vigilant toutes les réformes initiées par les différents gouvernements depuis l’accession de notre pays à l’indépendance. Remontant alors le cours de l’histoire de l’exploration artisanale de l’or, il remarque que cette activité procure une prodigieuse source de revenus pour les acteurs, mais un manque à gagner pour les recettes de l’État ; qu’elle génère aussi des problèmes environnementaux et sociaux, caractérisés par la prostitution, la délinquance, les éboulements meurtriers, les accidents divers », a décliné Pr Balima, ajoutant qu’il fait un important inventaire de compétences nationales de ce secteur, confirmant que le Burkina Faso est toujours un territoire de ressources humaines de qualité.

« L’État affirme plus que par le passé sa volonté politique d’assainir un secteur longtemps laissé aux mains de quelques opérateurs, dont certains jouaient avec le fisc », Pr Théophile Balima

Dans un contexte où les populations réclament l’information, l’ouvrage vient quelque peu étancher la soif de ceux qui s’intéressent à ce secteur, les situant sur ce que représente le secteur aurifère au Burkina Faso, son potentiel, l’évolution du secteur minier, sa gestion, ses retombées socio-économiques, ses compétences nationales, sa résilience, ainsi que les perspectives d’avenir pour le pays. « L’or représente 96% du secteur extractif du Burkina. L’or en 2024, c’est 15% du produit intérieur brut du Burkina. L’or, c’est 25% des recettes fiscales du Burkina et l’or, c’est 84% des exportations de notre pays en 2024, ce qui fait 548 milliards en 2024 des recettes directes au trésor de l’État. Selon les techniciens, 22% de notre territoire sont couverts par des roches dites birimiennes. Dans ces dernières sont disséminées de l’or », a révélé l’auteur.

« Parlant du renouveau minier, lorsqu’on inaugurait la première mine industrielle, en 2007, à Tapargo, nous étions à 0,4 tonne d’or. Aujourd’hui, en 2024, nous en sommes à 61,4 tonnes », a rappelé le communicant de profession, qui souligne une masse importante d’emplois au niveau du secteur aurifère, avec environ 2 millions d’orpailleurs répartis sur 800 sites du pays. « On avait moins d’une tonne d’or pour l’exploitation artisanale. De plus en plus, nous en avons en quantité croissante… En 2025, dans l’évaluation du gouvernement, 10 tonnes ont été déclarées pour la période de janvier à juin », a-t-il ajouté.

L’œuvre coûte 10 000 francs CFA et est disponible à Ouagadougou, à la librairie Mercury, sise à la ZAD

Rappelons que bon nombre d’illustres étaient présents à cette cérémonie. On notait entre autres l’ancien président de l’Assemblée nationale, Soungalo Apollinaire Ouattara ; l’ancien président du Conseil national de la transition, Cherif Sy ; l’ancien ministre délégué en charge de l’alphabétisation, Amadou Dicko ; l’ancien ministre en charge des Sports, Dominique Nana, sans oublier plusieurs figures bien connues du monde des médias et de l’enseignement.

Pour l’ancien ministre en charge de la Culture, Abdoul Karim Sango, l’œuvre est de belle facture. « C’est un travail d’orfèvre », a-t-il commenté. Et au préfacier de conclure : « L’auteur, dans une perspective lucide, appelle à dépasser la monoculture de l’or pour valoriser d’autres minéraux potentiels tels le calcaire, le phosphate, le nickel, le cobalt, le lithium, le vanadium, etc. La contribution réflexive de l’auteur au total est une analyse de bon aloi, un guide pour l’action dans le domaine, et un bréviaire pour le patriotisme économique. C’est un ouvrage à recommander à tous ceux qui misent sur le secteur minier comme pôle de développement économique et de souveraineté nationale. »

« C’est un très beau livre qui permet de mettre la lumière sur les pionniers, car on a un problème de mémoire au Burkina », Abdoul Karim Sango

Erwan Compaoré
Lefaso.net

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