Non, la bourse n’est pas si compliquée !
Quand on entend parler de la bourse, beaucoup de gens pensent immédiatement à des graphiques compliqués, à des écrans remplis de chiffres ou encore à des experts en costume qui parlent un langage codé. Pourtant, derrière tout ce jargon, la bourse repose sur des principes simples et concrets que chacun peut comprendre.
La vérité, c’est que vous participez déjà à l’économie, parfois sans le savoir : en achetant du savon, en utilisant un service téléphonique, en mangeant des produits agroalimentaires. Certaines de ces entreprises sont justement cotées en bourse. En tant que citoyen, vous pouvez, vous aussi, en devenir copropriétaire ou prêteur.
Dans cet article, découvrons ensemble trois instruments fondamentaux de la bourse : les actions, les obligations, les fonds communs de placement.
Qu’est-ce qu’une action ?
Une action est un titre de copropriété qui vous donne droit de participer aux bénéfices de l’entreprise, en échange de votre apport en capital.
Quand vous achetez une action en bourse, vous devenez en quelque sorte copropriétaire d’une entreprise. Cela signifie que vous avez droit à une part de ses bénéfices, mais aussi que vous pouvez participer à ses décisions stratégiques. En tant qu’actionnaire, vous avez le droit de prendre part aux assemblées générales et de participer aux décisions, si vous le souhaitez.
Pour la plupart des particuliers, le principal intérêt de détenir une action réside dans la possibilité de recevoir des dividendes et de réaliser des plus-values.
• Le dividende est la part du bénéfice que l’entreprise reverse à ses actionnaires.
• La plus-value est le gain réalisé lorsque vous revendez l’action à un prix supérieur à celui d’achat.
Exemple :
Si vous achetez une action cotée à 1 000 FCFA aujourd’hui et qu’elle grimpe à 1 500 FCFA dans un an, vous réalisez une plus-value de 500 FCFA.
Si cette même entreprise vous verse 50 FCFA de dividende, vous avez gagné deux fois : sur la valeur et en revenu.
La Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) est la bourse commune aux pays de l’UEMOA. Quarante-sept entreprises des pays membres vous offrent la possibilité d’investir dans leur croissance et de profiter du fruit de cette croissance. Vous y trouverez des entreprises telles que : CORIS BANK BF, ONATEL BF, BOA BF, NESTLÉ CI, ORANGE CI, SAFCA CI, UNIWAX, etc., dans lesquelles vous pouvez investir. En 2024, ces entreprises ont distribué 677 milliards de FCFA sous forme de dividendes à leurs actionnaires. En devenant actionnaire, vous pouvez capter une part de cette manne, tout en contribuant au développement d’entreprises sous-régionales.
Qu’est-ce qu’une obligation ?
Une obligation est un titre de créance, c’est-à-dire un prêt que vous faites à une entreprise, à un État ou à une organisation sous-régionale, en échange d’un intérêt régulier et du remboursement du capital.
Contrairement à une action, vous n’êtes pas propriétaire de l’entreprise, mais créancier. L’entreprise vous doit de l’argent.
Ce prêt a une durée définie (5, 7, 10 ans, par exemple), durant laquelle vous recevrez des coupons, c’est-à-dire des versements d’intérêts, souvent tous les six mois, en plus du remboursement de votre capital.
Exemple :
Si vous prêtez 100 000 FCFA à travers une obligation à 6 % d’intérêt annuel, vous recevrez 6 000 FCFA par an pendant toute la durée du prêt.
Le capital sera remboursé soit à la fin du terme, soit progressivement.
En 2023, la plupart des obligations cotées à la BRVM offraient des rendements moyens de 6 %, sur des durées allant de 6 à 8 ans, avec des tickets d’entrée de 10 000 FCFA. Ces taux sont nettement supérieurs à ceux de la plupart des comptes bancaires, avec un risque de volatilité moindre que celui des actions.
Qu’est-ce qu’un fonds commun de placement (FCP) ?
Dans le jargon technique, un fonds commun est un organisme de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM). En langage courant, c’est tout simplement un produit d’épargne collective.
Il permet de mettre votre argent en commun avec d’autres investisseurs, afin d’acheter un panier diversifié d’actions et/ou d’obligations. L’objectif est de réduire le risque, tout en profitant d’une gestion professionnelle.
Un des avantages majeurs est que vous n’avez pas besoin de choisir vous-même les actions ou obligations. En achetant une part du fonds, vous êtes exposé à plusieurs actifs à la fois, ce qui vous protège en cas de baisse de l’un d’entre eux.
Un autre avantage des FCP est leur accessibilité. Les parts de fonds se négocient autour de 10 000 FCFA, parfois même moins avec des parts fractionnées. Le prix d’entrée peut toutefois évoluer dans le temps.
Bien que l’achat direct d’actions ou d’obligations ne demande pas des sommes énormes, certaines institutions exigent un capital de départ à l’ouverture du compte-titres (ex. : 50 000 FCFA, 300 000 FCFA, etc.). Avec les FCP, ces exigences minimales disparaissent souvent, ce qui en fait des options plus simples et plus accessibles pour des débutants, même s’ils comportent des frais de gestion plus importants.
Un quatrième produit connu sous le nom d’ETF (Exchange Traded Fund) existe en bourse et fait fureur ailleurs dans le monde. Il fonctionne presque comme un FCP, en répliquant un panier d’actions ou d’obligations, mais avec des frais plus faibles et une meilleure liquidité. Pour l’instant, ce produit n’est pas encore disponible à la BRVM, mais cela pourrait changer. Gardez-le à l’esprit s’il arrive car il est le saint graal pour beaucoup d’investisseurs particuliers.
Conclusion
Comme vous le voyez, investir en bourse n’est pas sorcier. Cela relève du bon sens. Pourquoi ne pas investir dans des sociétés que vous connaissez, dont vous consommez déjà les produits, et qui présentent de bonnes perspectives ?
Vous n’avez pas besoin d’un master en finance pour investir en bourse.
Avec un peu de curiosité intellectuelle, un désir de vous former et de la discipline, vous pouvez exploiter le levier de la bourse à votre avantage.
Pour plus de ressources à ce sujet, accédez au guide pour investisseurs débutants en bourse https://cedriczongo.com/brvm/. Il vous aidera à passer de la curiosité à l’action. Ensemble, rendons la bourse accessible à tous, en particulier aux Africains francophones.
Cédric Zongo
www.cedriczongo.com


