LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : “La plus grande gloire n’est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute.” Nelson Mandela

Burkina/Changement climatique et conflit : La thématique du genre au cœur d’un panel

Publié le mercredi 23 juillet 2025 à 23h05min

PARTAGER :                          
Burkina/Changement climatique et conflit : La thématique du genre au cœur d’un panel

Le Laboratoire d’études et de recherches sur les milieux et les territoires (LERMIT) a organisé un panel sur le nexus climat-conflit et genre au Burkina Faso. Il vise à explorer les interconnexions entre le climat, les conflits et le genre et leurs impacts potentiels sur les populations vulnérables afin de formuler des recommandations pour des politiques publiques plus inclusives. Ce panel s’est déroulé au sein de l’université Joseph Ki-Zerbo, ce mercredi 23 juillet 2025.

Les effets du changement climatique se font de plus en plus ressentir au pays des hommes intègres et dans la plupart des États du monde. Il est constaté que les sécheresses, les inondations, les vagues de chaleur et la dégradation des ressources naturelles exacerbent les tensions sociales et les conflits, notamment autour de l’accès à l’eau, aux pâturages et aux terres agricoles. La combinaison de ces facteurs place le Burkina Faso parmi les pays les moins résilients et les moins préparés aux changements climatiques. L’indice de vulnérabilité ND-GAIN de 2021 (PNUD, 2022) révèle que le Burkina Faso est le 29ᵉ pays le plus vulnérable (score 0,537) et le 158ᵉ pays le plus prêt (score 0,289).

Cette rencontre a permis de créer un réseau d’acteurs engagés sur ces thématiques

Les inégalités de genre aggravent cette situation. Les femmes qui jouent un rôle crucial dans la gestion des ressources naturelles sont souvent les plus affectées par les crises climatiques. Malheureusement, elles ne bénéficient pas suffisamment de l’appui des structures d’aide au développement. Le Burkina Faso a donc des besoins urgents d’investissements et d’innovations pour renforcer sa résilience aux changements climatiques. C’est fort de ce constat que l’État et ses partenaires se mobilisent.

Au regard des enjeux cités en amont, ce panel a été organisé. Concrètement, il s’est agi pour les parties prenantes d’analyser l’impact du climat sur les conflits en comprenant comment les changements climatiques exacerbent les conflits au Burkina Faso, en mettant l’accent sur les dynamiques de genre. En outre, d’explorer les rôles de genre en identifiant comment ils influencent la vulnérabilité et la résilience face aux crises climatiques et aux conflits. Enfin, de proposer des solutions inclusives en émettant des recommandations pour des politiques et des programmes qui intègrent les considérations de genre dans la gestion des conflits liés au climat.

Il a été rappelé qu’en plus des femmes, les personnes handicapées font partie des couches vulnérables lorsqu’il s’agit des conséquences en rapport avec le changement climatique et les conflits.

« Les femmes sont les plus grandes victimes des conflits et du changement climatique. Elles ont des difficultés à se loger lorsqu’elles se déplacent hors de leurs localités pendant ces crises. Elles ont des difficultés pour accéder à l’eau, à la nourriture et pour nourrir leurs enfants. Même pour avoir accès à des toilettes, elles vont être confrontées à des difficultés. Les femmes sont généralement les plus grandes victimes de la violence. Il faut donc se pencher sur cette problématique afin d’inverser la tendance. Ce panel va permettre de formuler des recommandations afin que les ONG qui travaillent directement sur le terrain puissent prendre en compte ces aspects », a justifié le responsable du LERMIT, Pr Lassane Yaméogo.

Le panel s’est déroulé sous forme de conférences-débats sur plusieurs thématiques avec une participation inclusive des acteurs.

D’après les dires du directeur de l’École doctorale des lettres, sciences humaines et communication (ED-LESHCO) de l’université Joseph Ki-Zerbo, Pr Gabin Korbeogo, « ce panel a permis à des spécialistes de la thématique tels que des géographes, des sociologues, des écologues, etc., de s’enrichir mutuellement sur le plan théorique, conceptuel et méthodologique. On compte également des doctorants et des étudiants à ce panel. Ils ont pu apprendre et ont réagi sur la thématique. La participation des représentants d’ONG a permis de comprendre les différentes contraintes qu’elles rencontrent au quotidien sur le terrain auprès des populations et de dégager des perspectives. Cela va leur permettre de réorienter leurs interventions sur le terrain », a-t-il signifié.

Pr Lassane Yaméogo est enseignant-chercheur au département de géographie à l’université Joseph Ki-Zerbo

Oxfam, un allié dans la lutte contre les conséquences du changement climatique

L’organisation de ce panel s’inscrit dans le cadre du projet « Renforcement de la résilience des populations vulnérables aux chocs climatiques et aux conflits au Burkina Faso ». Il est développé par l’ONG Oxfam au Burkina Faso et ses partenaires au développement que sont : l’Association Aidons l’Afrique ensemble (AAAE), l’Alliance technique d’assistance au développement (ATAD), le Groupe de recherche et d’action sur le foncier (GRAF), le mouvement citoyen qui œuvre pour l’amélioration de la représentativité des femmes et des filles dans les sphères politiques, FEMIN-IN, et le LERMIT.

Omer Kaboré (à droite) et Pr Gabin Korbeogo (à gauche) ont qualifié cette rencontre de pertinente

Le directeur pays d’Oxfam, Omer Kaboré, a expliqué que ce projet vise à renforcer les capacités des communautés à faire face, résister, s’adapter et se remettre des effets des chocs environnementaux et humains. Pour ce faire, le projet privilégie une approche nexus qui intègre les axes humanitaires, de développement et de climat pour une meilleure efficacité de l’intervention et la construction d’une société civile où les femmes et les jeunes agissent en tant qu’agents de changement dans les communautés. Ce projet va s’étaler sur 36 mois et a été rendu possible grâce à l’accompagnement technique et financier du royaume du Danemark. Omer Kaboré se réjouit de la tenue de ce cadre de réflexion qui va permettre de mener des actions concrètes dans la mise en œuvre du projet.

SB
Lefaso.net

PARTAGER :                              
 LeFaso TV
 Articles de la même rubrique
Environnement : Le Parc urbain Bangr-Weoogo bientôt réhabilité