Burkina : « Ce dont notre pays a besoin aujourd’hui, c’est la solidarité, le dialogue et l’engagement collectif pour la paix et la stabilité » (CNAVC)
La Coordination nationale des associations de veille citoyenne (CNAVC) a animé une conférence de presse, samedi 19 juillet 2025 à Ouagadougou, pour se prononcer sur des sujets liés à l’actualité nationale et internationale.
L’actualité sous-régionale est marquée depuis quelques jours par l’absence de consensus sur la désignation du Burkina Faso pour assurer la présidence tournante du Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Selon les conférenciers, les textes régissant le fonctionnement de l’UEMOA stipulent que la présidence de la Conférence des chefs d’État est tournante entre les pays membres, et à ce titre, le Burkina est actuellement en droit de l’assurer.
« Cependant, nous assistons avec regret à une manœuvre politique orchestrée dans les coulisses néocolonialistes, notamment sous l’influence des présidents ivoirien et français (Alassane Ouattara et Emmanuel Macron), qui semblent instrumentaliser l’inexpérience politique du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye pour bloquer l’accession légitime et légale du Burkina Faso à cette présidence. Lors de la dernière conférence de l’UEMOA tenue à Lomé, les représentants des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont été contraints de quitter la salle. Cette décision fait suite à des propos discourtois, discriminatoires et divisifs tenus par le ministre de l’Économie sénégalais, ciblant ouvertement les représentants de l’AES. De tels comportements sont contraires à l’esprit d’union, de respect et de coopération qui devrait guider une organisation communautaire comme l’UEMOA », regrettent-ils, rappelant que l’UEMOA a été créée pour favoriser l’intégration économique, le développement solidaire et non pour servir d’instrument de blocage ou d’exclusion.
C’est pourquoi la CNAVC appelle l’ensemble des pays membres « à œuvrer avec responsabilité » pour préserver l’unité et la crédibilité de l’Union, afin d’éviter qu’elle ne subisse le même sort d’affaiblissement que la CEDEAO.
La conférence a également permis aux responsables de l’organisation de se prononcer sur des questions d’actualité nationale. Il s’agit précisément de la réorganisation du territoire et de l’opération de contrôle contre la flambée injustifiée des prix des motos.
Sur le premier sujet, et après un rappel des motivations telles que déclinées par le gouvernement, les conférenciers estiment qu’il appartient maintenant au peuple d’accompagner l’élan. « Nous notons avec attention que certaines voix s’élèvent pour exprimer des inquiétudes ou un mécontentement, notamment au sujet de la restructuration du territoire et des nouvelles dénominations. À cet effet, nous demandons à chaque communauté de faire confiance aux autorités de notre pays qui ne sont guidées que par l’intérêt supérieur de la Nation, dans une vision de stabilité, de cohésion et de développement équilibré du territoire national. Nous pouvons affirmer que les dénominations adoptées sont inspirées des valeurs culturelles burkinabè, portées par notre histoire et notre patrimoine commun. Elles reflètent également le devoir de l’État de garantir une administration plus proche, plus efficace et plus équitable. C’est pourquoi nous appelons chaque Burkinabè, dans un esprit de responsabilité et de patriotisme, à accueillir ces réformes avec sérénité, lucidité et engagement républicain. En ces temps de lutte collective pour la souveraineté, la paix et le progrès, nous devons accepter de faire des concessions au profit de l’intérêt général », ont-ils argué.
Sur l’autre point de ce chapitre, à savoir l’opération de contrôle contre la flambée injustifiée des prix des motos, les responsables de la CNAVC disent exprimer leurs regrets face à ce qu’ils qualifient de tentative de défiance de l’autorité de l’État par certains commerçants, vendeurs de motos, ayant conduit à la fermeture de magasins de vente. Une telle situation est, dans le contexte actuel, regrettable et témoigne de l’esprit égoïste chez certains commerçants, jugent-ils.
« Nous interpellons tous les commerçants véreux, en particulier ceux directement concernés par la hausse inhumaine des prix, à se conformer aux réglementations en vigueur, dans un esprit de responsabilité et de respect des institutions. Les polémiques et confrontations n’honorent personne. Ce dont notre pays a besoin aujourd’hui, c’est la solidarité, le dialogue et l’engagement collectif pour la paix et la stabilité. Restons unis et regardons ensemble dans la même direction : celle de la vérité, et de l’intérêt supérieur de la Nation », convainquent les conférenciers dans une grande mobilisation des membres et partisans de l’organisation.
O.L
Lefaso.net



