Entrepreneuriat : Leslie Yanogo fait rayonner le cheveu naturel avec sa marque « Mefy »
Étudiante en master de management qualité, sécurité et environnement, Leslie Yanogo est bien plus qu’une universitaire. Derrière cette casquette se cache une entrepreneure qui a choisi de transformer ses frustrations en opportunités. À travers sa marque capillaire « Mefy », 100 % made in Burkina, elle veut changer les habitudes capillaires et valoriser les ressources locales.
« L’idée est née d’une série de frustrations », confie-t-elle. Tout a commencé un jour où Leslie Yanogo cherchait, sans succès, un produit capillaire local.
« Je voulais du made in Burkina. Mais il n’y en avait pas. En rentrant chez moi, j’ai cherché sur Facebook, mais même là, ces produits ne m’étaient pas accessibles », a-t-elle expliqué.
Et comme si cette prise de conscience ne suffisait pas, à cela s’est ajouté une déception qui est née du constat que certaines entreprises étrangères utilisent des matières premières locales pour fabriquer et revendre au Burkina des cosmétiques inaccessibles pour beaucoup. « Je ne comprenais pas pourquoi nous, qui avons ces matières ici, ne pouvions pas les transformer nous-mêmes », déplore-t-elle.
Grâce donc à sa formation initiale en analyse biologique et plusieurs spécialisations en cosmétique, notamment capillaire, Leslie Yanogo décide de se lancer. En août 2023, « Mefy » voit le jour. Et depuis, elle fabrique elle-même ses produits, à la maison.
Sa gamme est composée d’une combinaison de savoir-faire et de patrimoine local. « Nos produits sont principalement à base de baobab et de bissap », explique-t-elle. Deux ingrédients du quotidien burkinabè, choisis pour leur richesse nutritionnelle. La ligne capillaire comprend un shampoing, un après-shampoing, une pommade pour faciliter le peignage, un bain d’huile, une essence de croissance et un spray hydratant.
Mais le parcours n’a pas été sans embûches. Convaincre les consommateurs de faire confiance à des produits locaux a été l’un de ses premiers défis. « Beaucoup pensent qu’il faut forcément des produits importés pour bien entretenir ses cheveux », regrette-t-elle. À cela s’ajoute la complexité de concevoir une formule vraiment efficace et stable. « Ce n’est pas juste un mélange d’ingrédients. Chez nous, chaque formule est pensée, testée et optimisée pour être vendue ici, mais aussi à l’international. »
Si ses études actuelles n’ont pas de lien direct avec la cosmétique, elles lui offrent des outils précieux pour structurer et encadrer son entreprise. « Le management qualité, sécurité et environnement m’aide à professionnaliser ma démarche », précise-t-elle. Et même si « Mefy » ne génère pas encore de revenus conséquents, Leslie peut compter sur le soutien de sa famille.
Consommer local et valoriser ce que le pays a de meilleur est le message qu’elle tient à faire passer. « Il est temps que les Burkinabè prennent soin de leurs cheveux avec des produits qui nous ressemblent, faits ici, avec nos ressources. »
Interrogée sur les conseils à donner à celles qui souhaitent se lancer, Leslie insiste sur la formation. « Faites-le pour résoudre un vrai problème, pas uniquement pour l’argent. Et surtout, formez-vous ! C’est la seule façon de garantir des produits de qualité. »
A long terme, Leslie Yanogo rêve de voir « Mefy » sur les étagères des grandes surfaces, au Burkina comme à l’étranger.
Hanifa Koussoubé
Lefaso.net


