COP 30 au Brésil : Les évêques catholiques du Sud exigent des contributions ambitieuses à la mesure de l’urgence climatique
En prélude à la COP30 qui se tiendra en novembre 2025 au Brésil, les évêques catholiques d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et des Caraïbes s’unissent pour la première fois pour exhorter à l’action sur le climat. Une occasion pour eux de faire sortir leur toute première déclaration commune. Unis en tant que représentants du Sud, ils demandent une « application ambitieuse de l’Accord de Paris » et montrent l’engagement de l’Église envers l’action avant la COP30.
Cette première déclaration des responsables catholiques du Sud représentant ensemble, selon le bureau central des statistiques ecclésiastiques du Vatican, près de 821 millions de catholiques dans toute l’Afrique, l’Asie, l’Amérique latine et les Caraïbes, approfondit leur position comme force morale pour faire pression sur les gouvernements. Ce, en vue d’une action réelle sur la crise climatique, tout en exigeant que les États mettent en œuvre des contributions déterminées au niveau national (NDC) ambitieuses à la mesure de l’urgence climatique.
Dans leurs décisions, ils demandent en effet que les États communiquent au monde comment ils appliquent les décisions collectives prises pendant les COP précédentes, y compris une transition énergétique juste, en identifiant clairement ceux qui détruisent la Terre et proposent de fausses solutions. Dans le document de plusieurs pages qu’ils ont produit, l’Église catholique du Sud appelle par ailleurs à une transition visant à s’éloigner des combustibles fossiles, ainsi qu’à l’arrêt de toute nouvelle infrastructure associée, avec des calendriers clairs, des mesures concrètes de responsabilité et des politiques publiques adéquates. Les responsables ecclésiastiques invitent à résister aux programmes de compensation carbone et à la financiarisation des biens communs, et exhortent les décideurs à « mettre fin aux combustibles fossiles en arrêtant tout nouveau projet d’infrastructure et en imposant une fiscalité juste à ceux qui en ont profité.
Toujours en ce qui concerne la finance climatique, les conférences des évêques proposent que les nations riches paient leur dette écologique avec une finance climatique juste sans endetter plus le Sud, pour récupérer les pertes et préjudices en Afrique, en Asie, en Amérique latine, dans les Caraïbes et en Océanie. Une proposition faite en référence aux décisions récentes parrainées par l’ONU. Ainsi, sur le nouvel objectif collectif quantifié de financement climatique (NCQG), ils exigent que la finance climatique soit transparente, accessible et distribuée directement et efficacement, sans intermédiaires, aux communautés les plus vulnérables afin de garantir que les banques de développement et que les institutions financières n’investissent pas dans les combustibles fossiles et les projets d’extraction, qu’elle ne soit pas basée sur la financiarisation de la nature et qu’elle n’augmente pas la dette des pays du Sud ». Les responsables soulignent l’importance d’une transition énergétique juste en ces termes : « Nous défendons la justice climatique afin de garantir que les décisions prises lors de la COP 30 et ailleurs donnent la priorité aux personnes les plus démunies, plutôt qu’à une logique d’entreprise qui accentue les inégalités et l’impact disproportionné du changement climatique sur les femmes, ainsi que sur leur capacité à exercer un leadership ».
C’est pourquoi ils disent appeler à la mise en place de « politiques et programmes d’énergie renouvelable décentralisés » qui « favorisent un travail décent pour les femmes à tous les niveaux et soutiennent l’entrepreneuriat féminin dans le secteur des énergies renouvelables.
Parmi d’autres engagements, les conférences annoncent qu’ils créeront « l’Observatoire ecclésial sur la justice climatique, grâce à la conférence ecclésiale de l’Amazonie, pour surveiller les engagements des COP et leur exécution dans le Sud, ainsi que pour dénoncer les engagements non réalisés ». Ils réaffirment le fait que l’Église catholique « ne cessera pas d’élever la voix contre les injustices écologiques et sociales en se rappelant que la clameur de la Terre est également la clameur des pauvres.
Synthèse de Yvette Zongo
Lefaso.net
Source : Communiqué de presse des évêques catholiques du Sud sur la COP30

