Burkina Faso/75 ans de mission : Les Travailleuses missionnaires de l’Immaculée célèbrent leur jubilé en chanson
À l’occasion de leur jubilé d’albâtre, les Travailleuses missionnaires de l’Immaculée dévoilent un album spirituel de neuf titres mêlant warba, jazz, valse et reggae. Dans cet entretien, elles reviennent sur la genèse du projet, les messages portés par les chants et la vocation musicale de la communauté.
Lefao.net : Présentez-nous votre communauté
Travailleuses missionnaires de l’Immaculée : Nous sommes une communauté religieuse appartenant à la société de vie apostolique Donum Dei. Elle a été fondée en 1950, donc il y a 75 ans, par un prêtre français, le père Marcel Roussel Galle, du diocèse de Besançon. Notre mission consiste à donner l’Eau Vive, c’est-à-dire le Christ aux hommes. Elle s’enracine dans une spiritualité mariale, mais aussi de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, de saint François de Sales et de sainte Jeanne d’Arc.
Nous sommes engagées dans la restauration, dans les œuvres éducatives, sociales, pastorales et sanitaires. Nous sommes une communauté internationale répartie sur les cinq continents et nous avons des membres associés qui sont la fraternité Donum Dei. Par cette internationalité, nous voulons témoigner qu’avec le Christ, c’est possible de vivre ensemble entre différentes races, de pouvoir servir l’Église et de témoigner de l’amour du Christ dans le monde.
Pouvez-vous nous expliquer ce que représente ce jubilé d’albâtre pour votre congrégation ?
Ce jubilé d’albâtre marque 75 ans d’existence. C’est bien plus qu’un anniversaire pour nous. C’est un moment de mémoire, de gratitude, de renouveau. C’est une occasion pour nous de rendre grâce à Dieu pour tous les bienfaits reçus, d’honorer nos pionnières, nos sœurs aînées qui ont fait la mission jusqu’à maintenant. C’est aussi une occasion pour nous de renforcer notre unité, de faire le point sur les acquis, les défis, et de tracer de nouvelles perspectives pour l’avenir. C’est une occasion de célébrer la foi, un appel à la conversion intérieure, à la reconnaissance, à un nouvel élan missionnaire.
Pourquoi avez-vous choisi de marquer cet anniversaire par la production d’un album musical ?
La musique est un langage universel qui touche les cœurs. Cet album est donc notre parfum spirituel pour ce jubilé. C’est une manière pour nous de prier, de partager notre foi et de remercier Dieu. Le chant est aussi un héritage que nous aimerions partager avec tous.
Comment est née l’idée de cet album spirituel dans le cadre du jubilé ?
Le chant fait partie de notre apostolat. Nous avons déjà fait des enregistrements, mais pas au Burkina Faso. Dans le cadre de notre jubilé, nos responsables nous avaient encouragées à revoir notre apostolat par le chant. Le déclic est né donc à partir de la rencontre avec un ami qui a participé à l’une de nos célébrations et qui nous a entendu chanter un chant qu’il a cherché pendant longtemps, sans le trouver. Quand il nous a entendues chanter, il s’est demandé pourquoi nous gardions ces richesses pour nous seules et pourquoi nous ne partagions pas ces trésors cachés par un album. Alors, comme nous étions en jubilé, nous avons trouvé qu’il était bon de partager avec le monde ces richesses.
Combien de titres comporte cet album ?
L’album comporte neuf titres, dont notre historique, composés en mooré par le catéchiste Édouard Nikièma, avec quatre poésies de la petite Thérèse et quatre autres paroles de notre père fondateur mises en musique par les Travailleuses missionnaires de l’Immaculée.
Quels messages principaux souhaitez-vous transmettre à travers les chants de cet album ?
À travers les chants de cet album, nous souhaitons véhiculer surtout un message d’amour, de paix, de cohésion sociale, d’espérance et de foi, en nous appuyant sur Marie comme modèle d’offrande totale.
Quel style musical avez-vous choisi pour porter ces messages ? Et pourquoi ce choix ?
Nous parlerons de style, mais aussi de genre. Parce que le style musical, c’est notre style de travailleuses missionnaires, c’est notre manière de chanter. Par rapport au genre, je dirais que c’est mélangé, il y a beaucoup de genres. Comme le warba, le jazz, la valse, le zouk et le reggae.
Nous avons choisi tout cela pour atteindre un grand public, qu’il soit religieux ou laïque, que ce soit ici, au Burkina, ou ailleurs.
Avez-vous travaillé avec des musiciens ou chanteurs extérieurs pour réaliser cet album, ou est-ce une œuvre exclusivement portée par la communauté ?
Nous avons travaillé avec des musiciens extérieurs. Mais en ce qui concerne le chant, ça a été uniquement exécuté par les Travailleuses missionnaires de l’Immaculée.
Y a-t-il une chanson qui vous touche particulièrement dans cet album ? Pourquoi celle-là ?
Toutes les chansons sont belles. Quand vous allez les entendre, vous saurez. Mais une nous touche particulièrement. « Femme, si tu savais », qui est chère à notre cœur. Ce chant nous parle de la rencontre de Jésus avec la femme samaritaine au puits de Jacob, qui est le cœur même de notre charisme. Trois titres de l’album parlent d’ailleurs de la rencontre avec la femme samaritaine.
L’album est-il déjà disponible au public ? Quel accueil a-t-il reçu jusqu’à présent ?
L’album n’est pas encore disponible pour le public, mais ça ne saurait tarder. Nous profitons de l’occasion pour vous dire que vous pouvez déjà passer vos commandes. Hâtez-vous, car le stock est limité.
Une conférence-dédicace est prévue le 3 août 2025 au CENASA. Qu’attendez-vous de ce moment ?
Nous attendons beaucoup de monde et nous comptons sur vous pour faire passer le message. Nous voulons leur offrir de la joie, faire connaître notre charisme, nos œuvres et toutes nos activités. Y rencontrer des bienfaiteurs, des jeunes en quête de vocation et bien sûr des amateurs de musique.
Y a-t-il d’autres événements prévus autour de cet album jusqu’à la clôture du jubilé ?
Il y aura une soirée gala prévue dans nos deux Eaux Vives, à Ouaga et à Bobo-Dioulasso. Nous aurons des temps de pèlerinage communautaire ainsi qu’une retraite spirituelle. Il y aura également l’engagement de nos membres associés. Nous irons également visiter les personnes démunies, les orphelins et les veuves. Nous aurons enfin un triduum de prières et de conférences à l’approche de la clôture.
Pour vous, en tant que religieuses missionnaires, que représente la musique dans votre vie de foi et de mission ?
La musique dans la vie de toute personne représente quelque chose. Pour nous, c’est la prière deux fois, comme disait saint Augustin. Bien chanter, c’est prier deux fois. La musique pour nous est une source profonde de vie spirituelle, un chemin de prière, de contemplation et de communion.
En quoi cet album s’inscrit-il dans la mission évangélisatrice de votre société de vie apostolique ?
La musique est un langage universel. Le chant apaise l’âme, renforce les liens de fraternité. C’est une mission d’évangélisation douce. C’est une offrande, un service qu’on rend à Dieu et aussi à la communauté. La musique participe à l’annonce joyeuse de l’Évangile. Elle crée un espace sacré dans nos cœurs pour recevoir et rencontrer Dieu. C’est aussi un témoignage culturel et missionnaire. Elle crée la cohésion sociale. Intégrer par exemple, des rythmes, des langues, des instruments dans la musique fait d’elle un pont entre l’Évangile et la culture.
Pensez-vous que ce projet musical pourrait se poursuivre au-delà du jubilé ? Peut-on espérer d’autres productions ?
Si Dieu le veut, d’autres projets verront le jour. Cet album est une première pierre que nous posons au Burkina Faso. Nous voulons partager notre charisme au-delà des frontières à travers cet album. L’esprit qui a suscité la création de cet album suscitera sûrement d’autres inspirations, au temps voulu. Nous faisons juste confiance à l’Esprit saint.
Enfin, quel message souhaitez-vous adresser à ceux qui écouteront cet album, et plus largement à tous ceux en quête de foi, de réconciliation ou de vocation ?
J’aimerais dire à tous mes frères et sœurs qui écouteront cet album que chaque note de cet album est pour eux une porte ouverte vers l’espérance, un souffle de lumière dans leur nuit, une main tendue dans leur silence. À ceux qui cherchent un sens, une paix, une direction, Dieu n’est jamais loin. Il parle dans le murmure d’un chant, dans la douceur d’une mélodie, dans les paroles qui touchent l’âme. Laisse-toi rejoindre là où tu es, tel que tu es. À toi qui portes des blessures, des regrets, des ruptures, la réconciliation est possible.
Le Dieu que nous chantons est un Dieu d’amour et miséricordieux, qui restaure, qui relève, qui fait fleurir les déserts intérieurs. À toi qui entends peut-être un appel, une voix intérieure, discrète, au fond du cœur, n’aie pas peur. La vocation n’est pas un fardeau, mais une réponse d’amour. Si tu te sens appelé, sache que tu n’es pas seul. L’Église t’attend et le monde a besoin de ton oui.
Que cette musique soit pour chacun un chemin de rencontre, de consolation et de transformation. Merci à ceux qui nous ont accompagnés à réaliser cette œuvre. Merci de soutenir notre société de vie apostolique. Merci de soutenir cette œuvre jubilaire, nos vocations. Et venez surtout nombreux au CENASA pour découvrir les merveilles de Dieu à travers les travailleuses missionnaires de l’Immaculée. Que la Vierge Marie vous guide et que son Fils Jésus vous bénisse.
Entretien réalisé par Anita Mireille Zongo (stagiaire)
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